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Départs réclamés au MBAM : le C.A. dit non à l’assemblée spéciale exigée par des membres

Une femme passe devant le Musée des beaux-arts de Montréal.

Le Musée des beaux-arts de Montréal

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Nouveau chapitre dans la saga qui secoue le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) depuis trois semaines. Le conseil d’administration (C.A.) du musée refuse la tenue d'une assemblée spéciale réclamée par une centaine de membres dans la foulée du congédiement de Nathalie Bondil afin de démettre de ses fonctions une partie du C.A., dont son président, Michel de la Chenelière.

Rappelons que Nathalie Bondil a été renvoyée le 13 juillet dernier après avoir occupé les postes de directrice générale et de conservatrice en chef 21 ans. Une décision que le musée a attribuée à son incapacité à améliorer un climat de travail jugé toxique.

De son côté, Nathalie Bondil soutient avoir été congédiée après son refus d'approuver la nomination de Mary-Dailey Desmarais au poste de directrice de la conservation.

Le 28 juillet dernier, plus de 100 membres du MBAM ont réclamé la convocation d’une assemblée des membres du MBAM afin de mettre un terme aux mandats de 11 des membres du C.A., dont celui de son président, Michel de la Chenelière.

Une demande jugée irrecevable

Lundi, le C.A. leur a répondu que cette demande n’était pas recevable pour des raisons juridiques, liées à la loi constitutive du musée et à son règlement d’application. Dans cette lettre, transmise par le MBAM à Radio-Canada, Michel de la Chenelière précise avoir consulté les conseillers juridiques du musée.

Le fait que les auteurs [de la lettre du 28 juillet l’] aient organisée en fonction d’informations juridiquement inexactes est révélateur soit d’une insouciance négligente, soit d’une volonté d’induire en erreur les signataires.

Michel de la Chenelière, au nom du C.A. du MBAM

La réplique des membres signataires n’a pas tardé. Dans une réponse envoyée mardi et dont Radio-Canada a obtenu copie, ils et elles assurent que le règlement d’application, à son article 72, prévoit la possibilité de convoquer une assemblée spéciale des membres du musée sur demande écrite de 100 membres.

Une assemblée spéciale des membres du musée est préférable à une audition devant les tribunaux, peut-on lire dans cette demande au C.A. de reconsidérer sa décision.

Le C.A. a-t-il outrepassé ses droits?

Ces derniers jugent également que selon le règlement du Musée, le conseil d’administration a outrepassé ses prérogatives en engageant une directrice de la conservation [c’est-à-dire Mary-Dailey Desmarais], alors que cette responsabilité revient entièrement à la directrice générale du Musée [qui était alors Nathalie Bondil].

Le règlement du musée stipule que son conseil d'administration est responsable d'entériner la nomination d’un cadre supérieur et non de le nommer, ajoute-t-on.

Des irrégularités soulevées

Dans son courrier signé au nom du C.A., Michel de la Chenelière souligne que des personnes faisant partie de la centaine de membres ayant appuyé la lettre du 28 juillet n’avaient pas compris qu’[elle] visait à destituer et à remplacer 11 des 12 administrateurs élus par l’assemblée générale [et] qu’elles ne l’auraient jamais signée [...] si elles en avaient bien compris la finalité.

Les membres s’opposant au président réfutent que des personnes aient pu signer la lettre du 28 juillet sans avoir un consentement éclairé.

C’est plutôt l’inverse qui s’est produit, c’est-à-dire que des centaines de personnes ont démontré leur appui afin que vous [Michel de la Chenelière] quittiez votre poste le plus rapidement possible, et ce, afin de limiter les dégâts et les torts que vous causez à cette organisation en la gardant sous votre joug et en informant inadéquatement les membres de son conseil d’administration.

Les membres signataires

Ces membres affirment également que certaines personnes du C.A. ont contacté des membres du MBAM pour les convaincre de retirer leur appui à la convocation d’une assemblée spéciale.

Plutôt que de débattre à visière ouverte devant les membres du musée et ceux de votre conseil d’administration, vous favorisez le manque de transparence et la désinformation. M. de la Chenelière, pourquoi ne pas consentir à une assemblée spéciale des membres du Musée, qu’avez-vous à cacher?, lui demande-t-on.

Recrutement en cours pour le poste de direction générale

Selon Michel de la Chenelière, le C.A. entend poursuivre le processus d’embauche d’une nouvelle personne à la direction, poste qu’occupait Nathalie Bondil, même si l’enquête indépendante demandée par le ministère de la Culture et des Communications n’a pas encore livré ses résultats.

Toutefois, les membres contestataires estiment qu’il ne peut engager une nouvelle personne à la direction générale du MBAM en raison des membres qui souhaitent sa démission et de l’enquête en cours.

Contacté par Radio-Canada, le MBAM a indiqué que le C.A. et son président ne souhaitaient pas s'exprimer au sujet de cette contestation du C.A. par une partie des membres du musée.

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