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Délais pour un résultat de test de COVID-19 : l'Outaouais fait pâle figure

Une affiche sur laquelle il est écrit : Clinique COVID-19

Une clinique COVID-19 (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il faut entre 5 et 7 jours d’attente en Outaouais avant d’obtenir un résultat au test de dépistage de la COVID-19. Une situation que déplorent plusieurs citoyens.

Après avoir passé un test de dépistage de la COVID-19, l'attente est longue en Outaouais. Dans bon nombre de régions du Québec, celle-ci varie entre 1 et 4 jours.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais (CISSSO) arrive bon dernier parmi les 11 Centres intégrés contactés par Radio-Canada, dont 5 sur l’île de Montréal.

Une famille de Gatineau qualifie ces délais d’inacceptables. Jean Paul Migneault a perdu sa mère le 28 juillet dernier. Le lendemain, le verdict tombe pour un proche de la famille, qui apprend être atteint de la COVID-19.

Toute la famille est allée se faire tester, raconte sa femme, Monique Therrien. Ce n’est que mercredi matin que le couple a appris que leur résultat était négatif, après avoir passé plusieurs coups de fil.

Jean-Paul Migneault et sa femme Monique Therrien portant le masque.

Jean-Paul Migneault et sa femme Monique Therrien ont appris mercredi matin qu'ils n'avaient pas la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Ce soulagement soulève beaucoup de questions sur les délais entre le moment du test et l’obtention des résultats. On est à Gatineau, on n’est pas gros, s’exclame M. Migneault.

En livrant leur témoignage, le couple espère faire bouger les choses, et éviter que cette situation ne se reproduise pour d’autres familles.

Une situation stressante

Un autre proche de la famille met en lumière les conséquences psychologiques de toute cette attente. Jaja Plouffe, qui a demandé à être identifiée par un surnom, a passé le test de dépistage le 30 juillet dernier.

Je trouve ça un peu aberrant de ne pas savoir et d’être dans l’inconnu, dit-elle. Mme Plouffe a appris ne pas être atteinte du virus quelques minutes après avoir effectué l’entrevue avec Radio-Canada.

Jaja Plouffe, portant un masque.

Mme Plouffe raconte avoir dû elle-même demander à la santé publique les mesures à prendre dans l’attente de son résultat.

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

On a peur d’avoir contaminé. On voit notre vie depuis les deux dernières semaines, qu’est ce qui peut être arrivé, quelles personnes j’ai rencontrées?

Jaja Plouffe

Elle raconte avoir dû elle-même demander à la santé publique les mesures à prendre dans l’attente de son résultat. C’est inacceptable psychologiquement d’être en attente avec ce stress-là, se désole-t-elle.

Mme Plouffe dit que l’Outaouais devrait être traité de la même façon que les autres régions du Québec, qui affichent des délais plus courts. Je trouve ça aberrant. Je trouve ça désolant. Avec les cliniques qui ont été installées au niveau des tests, on devrait être autant en priorité.

Un nouvel appareil de laboratoire en septembre, dit le CISSS de l'Outaouais

Le CISSS de l'Outaouais explique que les délais varient d’une situation à l’autre. Une personne hospitalisée qui a des symptômes de la Covid-19 sera priorisée, les gens qui doivent subir une intervention chirurgicale dans les prochaines 48 heures ou des travailleurs de la santé, explique-t-il dans un courriel envoyé à Radio-Canada.

Il précise que les personnes dont le résultat est positif sont informées très rapidement pour assurer le confinement prescrit.

Le Centre intégré indique également avoir une capacité de 220 analyses de laboratoire par jour. Selon son site Internet, 271 tests sont effectués en moyenne par jours.

Une technologiste médicale effectue la préanalyse d’un test.

Une technologiste médicale effectue la préanalyse d’un test de dépistage au laboratoire d’analyse (archives).

Photo : Radio-Canada / Guillaume Lafrenière

Nous pouvons également envoyer des tests au Laboratoire National, à Montréal, qui est notre corridor de service convenu pour ce qui dépasse notre capacité actuelle quotidienne d’analyse, ajoute le CISSS de l'Outaouais.

D’ailleurs, un nouvel appareil de laboratoire permettra au centre d’augmenter sa capacité de tests en laboratoire à 1100 par jour. Ce nouvel appareil a été demandé et autorisé rapidement par le [ministère de la Santé et des Services sociaux], après l’arrivée du premier, en mai dernier. Toutes les régions du Québec cherchent à avoir au moins un de ces appareils.

Le CISSS de l'Outaouais estime que les délais diminueront avec l’arrivée du nouvel appareil.

Santé publique Ottawa (SPO) précise de son côté que les délais varient de 24 à 48 heures sur son territoire en fonction des raisons des tests de dépistage.

Les hôpitaux qui sont responsables du dépistage et des laboratoires vont prioriser les personnes qui ont des symptômes, les personnes qui travaillent dans le domaine de la santé ou les personnes qui sont des contacts proches des cas de COVID-19, a expliqué Andrew Hendriks, directeur de la protection de la santé de SPO en point de presse mercredi.

Un délai pas idéal, selon un épidémiologiste

Le professeur en épidémiologie à l’Université de Montréal, Jack Siemiatycki, estime que des délais trop longs augmentent le risque de propager le virus.

C’est assez important que la personne sache qu’elle est positive et si ça se fait seulement 5 à 7 jours après, ça perd un peu l’impact de pouvoir prévenir […] des infections, dit-il.

Des délais de 5 à 7 jours, ce n’est certainement pas idéal. Ce n’est pas partout qu’on a des délais comme ça.

Jack Siemiatycki, professeur en épidémiologie à l’Université de Montréal

Selon lui, il est plus difficile de retracer toutes les personnes qui ont été en contact avec un cas positif. Des délais rapides permettent aussi d’avoir un meilleur portrait de la propagation de l’épidémie.

Idéalement, on aimerait avoir ça le jour même, ou le lendemain pour voir si, effectivement, l’infection est en augmentation ou en diminution dans la communauté. S’il y a des délais, ça complique la possibilité d’apprécier où en est la société concernant l’épidémie, ajoute-t-il.

Bilan des cas dans la région

Le CISSS de l'Outaouais recense 3 nouveaux cas de COVID-19 mercredi. Aucun décès ne s’ajoute au bilan qui est stable à 33 depuis le 18 juin.

16 nouveaux cas de COVID-19 se sont ajoutés au bilan de SPO mercredi. Au total, 2576 personnes ont contracté le virus depuis le début de la pandémie. Le nombre de décès dans la capitale reste de 264.

13 personnes sont hospitalisées, dont une en soins intensifs. 207 cas sont toujours actifs selon le Tableau de bord de SPO. 2105 personnes sont maintenant rétablies, soit cinq de plus que la veille.

Le nombre de personnes ayant contracté le virus dans l’est ontarien est toujours de 180. Deux personnes sont hospitalisées, et 158 sont rétablies. 11 décès sont survenus depuis le début de la pandémie.

Avec les informations de Laurie Trudel, Roxane Léouzon, Jérémie Bergeron et Rosalie Sinclair

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