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Good Knights, un camp médiéval pour voyager dans le temps cet été

Un enfant habillé en chevalier dans un champ.

Les enfants peuvent apprendre à manier l'épée et à tirer à l'arc.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Le tourisme local est la solution la plus sûre à la vue des restrictions qui s'appliquent encore aux voyages hors du Canada. Le camp médiéval Good Knights, près de Calgary, offre une solution de rechange au camping et aux randonnées dans les Rocheuses.

Un accueil hors du commun

C’est avec un casque de chevalier et une épée que Daniel Smith accueille les étrangers venus de contrées lointaines. Perché en haut d’une citadelle en bois, le propriétaire de ces terres proches de Three Hills, dans le centre de l’Alberta, leur lance des citations tirées du film britannique Sacré Graal, de la troupe d’humoristes Monty Python.

Êtes-vous de l’armée du roi de Grande-Bretagne, étranger?, demande-t-il, lunettes vissées sur le nez et sourire malin aux lèvres. Une fois que le visiteur a bien répondu à la question, pas de pont-levis, mais une épaisse porte en bois par laquelle il faut passer pour entrer dans ce camp d’été médiéval.

Daniel et Linda en habits du Moyen Âge.

Le couple est passionné de l'époque médiévale depuis son adolescence.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Ici, ce valeureux messire se fait appeler sire Daniel. Originaire de Calgary, il a quitté son travail comme consultant environnemental pour se consacrer à sa passion de toujours. Avec Linda, sa dulcinée rencontrée à l’école secondaire, il a créé Good Knights en 2017.

Dans la peau d'un chevalier

Le but est d'offrir une immersion dans le Moyen Âge où les invités peuvent passer quelques nuits dans une tente et s’essayer à des activités dans la journée comme la fabrication de bougies, la broderie, le tir à l’arc ou le combat à l’épée.

Nous sommes allés à notre premier festin médiéval au Royaume-Uni lors d’un voyage scolaire et, depuis, nous sommes passionnés par cette époque, raconte sire Daniel. Sur leur terrain, six tentes sont installées pour accueillir les clients. 

Deux tentes de style médiéval.

Les visiteurs séjournent dans des tentes.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

La fin de la saison s’annonce meilleure que son début. Avec la pandémie, Good Knights n’a pu ouvrir que le 5 juin. Mais nous sommes presque pleins jusqu’à la fin de l’été, affirme sire Daniel. Le célèbre festin du samedi dans la grande salle, auquel ont eu droit plus de 800 personnes en quatre ans, n’aura néanmoins pas lieu cette année afin de respecter les règles de distanciation sociale.

Prendre le temps de broder

Sous une tente, cinq femmes s’adonnent aux gestes d’autrefois. La broderie était une activité populaire au Moyen Âge, dit Linda, la copropriétaire. Les femmes y passaient des heures par jour.. À l’époque, broder était un art important, aussi estimable que la peinture. La maîtresse d’atelier montre à ses convives comment réaliser des décors floraux et fruitiers ou des bandes et lignes décoratives. 

C’est amusant, relaxant, et on fait de belles choses. J’aime faire des choses avec mes mains. Utiliser une machine à coudre, c’est tricher, dit Linda, qui a réalisé plus de 250 costumes que peuvent porter les visiteurs pendant leur séjour.

Une femme montre de la broderie sur une robe.

La broderie avait une place centrale au Moyen Âge.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Miranda Molnar a bien du mal avec le point noeud, ou french knot. Elle est venue de Saskatoon avec ses fils pour passer quelques nuits dans ce camp, avant de partir en direction de Banff. C’est une expérience authentique et différente. Le niveau de détails dans les vêtements et l’intérieur des tentes est impressionnant.

À côté d’elle, Christiane Moquin, enseignante à temps partiel à Edmonton, retrouve doucement ses réflexes. J’ai appris à broder quand j’étais très jeune. Cela ramène à se sentir bien de son travail, d’avoir de la satisfaction, de partager un succès. Ce petit noeud m’a pris beaucoup de temps. J’ai essayé quatre fois, puis j’ai réussi. C’est comme une grande victoire, s’amuse-t-elle.

Rien n'est très normal ici

Ses vacances en famille, initialement prévues en Europe, ayant été annulées à cause de la COVID-19, Christiane Moquin est venue passer trois nuits hors du temps. Rien n’est très normal ici. S’habiller comme ça est très agréable. L’atmosphère est tout de suite différente et ça met les gens à égalité. Personne n’a de Nike.

Une famille habillée comme au Moyen Âge devant des cibles de tirs à l'arc.

À défaut de pouvoir partir en France et en Allemagne, cette famille a réservé à la dernière minute un séjour dans le camp.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Son mari, Denis Ralston, enseignant à l’École Père Lacombe, s'entraîne au maniement de l’épée avec leur fils Josiah. C’est de l’exercice, mais c’est le fun. On peut frapper fort, dit le père avec, à la main, l'arme faite en bois de hêtre. Josiah semble particulièrement aimer cette activité. Je peux vraiment bien frapper mon père, avoue-t-il.

Denis Ralston est aux anges. Je suis un fanatique du Seigneur des Anneaux. Je m’attendais pas à ça ici, mais j’adore. Ils s’y connaissent vraiment. C’est hors du commun d’avoir ça en Alberta.

Une passion partagée

C’est le projet d’une vie pour Linda et Daniel Smith. Les meubles dans les six tentes ont été chinés chez des antiquaires et des friperies du Canada et d'ailleurs. Cette chaise vient d’une boutique au Royaume-Uni, et ces tapisseries ont été faites par ma femme. Nous avons cherché pendant des années et nous sommes toujours en quête de nouvelles décorations, explique Daniel Smith.

Un lit aux décorations médiévales dans une tente.

De nombreux détails dans les tentes font voyager dans le temps.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Après avoir accueilli plus de 2000 personnes, venues du Canada et des États-Unis, le couple ne compte pas s’arrêter là. Une maison de hobbit, en forme de terrier, est en construction et devrait voir le jour cet automne. Une tente d’inspiration viking et un château sur la colline seraient dans les projets à plus long terme. L'imagination de Linda et Daniel ne semble pas avoir de limites.

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