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Feu vert pour les festivals et rassemblements culturels au Québec

Une foule dans un festival de musique.

Les spectateurs devront respecter les consignes sanitaires liées à la pandémie.

Photo : iStock / monkeybusinessimages

Maud Cucchi

Après quelque quatre mois d'attente, les festivals et les rassemblements extérieurs sont autorisés à reprendre vie, et les promoteurs peuvent redémarrer leurs activités. Mais ça ne se fera pas sans contraintes, prévient la ministre du Tourisme Caroline Proulx.

Les événements devront contrôler les entrées et sorties des festivaliers afin de s'assurer que leur nombre ne dépasse pas les 250 qui sont autorisés depuis lundi.

Les organisateurs devront également mettre en place des mesures pour permettre aux participants qui ne résident pas à la même adresse de maintenir une distance de 2 mètres entre eux.

Ils sont obligés de s'assurer que s'il y a plus d'un site pour un même festival, ceux-ci seront distincts, non contigus, avec des zones d'accès et d'attente différentes, a précisé Caroline Proulx dans une annonce aux allures d'avertissement. Les événements devront prendre des dispositions pour faire cohabiter respect des mesures sanitaires et rassemblement festif.

Depuis le début de la crise de la COVID-19, nos promoteurs ont fait preuve de résilience, d'une exceptionnelle créativité, d'un engagement pour le bien commun, qui sont remarquables, a reconnu la ministre.

C'est une première étape de leur relance, qui va leur permettre de renouer davantage avec leur public, a-t-elle soutenu, en vantant les mérites d'une formule plus intime, mais adaptée à la crise actuelle.

Culture réanimée

Le Groupe CH, aux commandes des principaux festivals montréalais (Osheaga et îLESONIQ, entre autres), a souligné un début de retour vers la normalité et un important pas en avant pour notre industrie et notre organisation.

C’est une très bonne nouvelle, c’est bon signe et ça veut dire qu’on est sur la bonne route, a déclaré Suzanne Rousseau, la directrice générale du Festival international Nuits d'Afrique. Cette grand-messe de la musique du monde traditionnellement programmée en juillet a prudemment décalé ses concerts du 27 septembre au 31 octobre, et offrira des prestations exclusivement en salles.

Cette permission devancée réjouit le Festival de musique émergente de l'Abitibi-Témiscamingue (FME) qui pousse un soupir de soulagement. Sa directrice y voit le feu vert pour lancer prochainement sa programmation en toute sérénité.

On ne savait pas si le décret [d'interdiction des festivals] allait être renouvelé. On visait des spectacles de 250 personnes, mais avec cette annonce, on se sent plus à l'aise de dévoiler notre programmation, a indiqué la directrice du FME, Magali Monderie-Larouche, qui fera appel à des surveillants bénévoles pour superviser le respect de la distanciation sociale et celui des places assignées.

Le tout nouveau Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN) s'est également dit heureux d'apprendre que la santé publique considère que les organisateurs de festivals auront désormais droit aux mêmes conditions que les producteurs privés et les municipalités.

Quant à Mutek, carrefour branché de l'art et des musiques électroniques, il proposera en septembre une formule hybride du festival en salle, qui sera aussi disponible gracieusement en ligne. Mais le porte-parole Thomas Giboudeaux insiste sur l'importance de maintenir l'événement en présentiel : Un festival, c’est avant tout un lieu de partage, d’échange et de rencontres, a-t-il rappelé. Il y voit aussi l'occasion de remercier les artistes, soutenir la communauté locale, les techniciens [...].

Des événements pris de court

L'interdiction de la tenue physique des festivals devait initialement s'étendre jusqu’au 31 août, en obligeant plusieurs à revoir leur formule en conséquence.

Nombre d'entre eux qui souhaitaient maintenir leur édition estivale ont déjà opté pour un mode virtuel, à l'instar du Festival international de la chanson de Granby, prévu du 18 au 29 août, mais sans les spectacles extérieurs qui peuvent accueillir des dizaines de milliers de spectateurs.

Tout est déjà enclenché pour que ce soit virtuel, a prévenu son relationniste Kevin Lalancette. Si ça changeait, l'enjeu resterait la distanciation sociale. À 250 personnes, est-ce que ce serait envisageable d'un point de vue financier? s'est-il demandé.

En Gaspésie, le festival de cinémaLes Percéides s'apprête aussi à lancer sa 12e édition, le 14 août, dans une version adaptée à la pandémie.

J'ai tout organisé dans un ciné-parc, a précisé François Cormier, son directeur général et artistique. C'est une nouvelle qui arrive un peu tard. L'annonce de mercredi l'amène néanmoins à envisager d'ajouter des rencontres entre les invités et le public.

Certains événements continuent de miser sur la prudence. Le festival Présence autochtone, fin prêt à lancer ses activités du 7 au 9 août à la place des Festivals de Montréal, proposera notamment des concerts impromptus qui n'ont pas été annoncés pour éviter les gros rassemblements, a indiqué André Dudemaine, son cofondateur et directeur artistique.

Cette annonce n'est pas une grande nouvelle, a-t-il dit, elle permet juste de remettre les pendules à l'heure. Il estime que les consignes sont ainsi clarifiées et les responsabilités, mieux établies.

Avec les informations de Fanny Bourel et de Cécile Gladel

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