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La diaspora libanaise à Toronto en larmes au lendemain du drame

Un homme marche dans une zone sinistrée.

La forte déflagration a causé des dégâts considérables près du port de Beyrouth.

Photo : Getty Images

La communauté libanaise de Toronto cherche par tous les moyens à appuyer ses proches et les habitants de Beyrouth au lendemain des explosions qui ont anéanti une partie du centre-ville.

Le bilan de l'explosion est d'au moins 100 morts et 4000 blessés, selon la Croix-Rouge.

Karl Klimos n’a pas dormi de la nuit tant il a été secoué par les images des explosions et des débris accumulés. Ses parents et son frère se portent assez bien après avoir été blessés dans les explosions, mais il a appris mercredi matin qu’une de ses cousines est morte sous les débris.

Le Torontois est revenu d’un séjour au Liban le 30 juillet dernier et trouve extrêmement difficile de vivre le drame à distance : En ce moment, je suis en peine. J'aurais vraiment voulu être au Liban actuellement, pas ici, pour être certain qu'ils aillent bien.

Karl Klimos et ses parents.

Karl Klimos revient à peine d'un séjour au Liban. Il aimerait être encore aux côtés de ses parents aujourd'hui.

Photo : Avec l'autorisation de Karl Klimos

Colère et frustration

César El Hayeck, lui aussi basé à Toronto, a la voix nouée par l'émotion.

D’un côté, il est soulagé que ses parents s’en soient sortis indemnes physiquement, notamment sa mère, qui avait quitté son bureau du centre-ville peu de temps avant les explosions.

Il ressent néanmoins beaucoup de colère.

Quelques-uns de ses amis ont péri dans l'explosion, et il considère extrêmement éprouvant de voir toute une partie de sa vie à Beyrouth se retrouver sous les décombres.

C’est tellement choquant qu’on ne réalise pas que c’est la réalité. Ça a l’air d’un film apocalyptique, partage-t-il.

Joseph El-Sayegh, qui vit à Toronto depuis neuf ans, se sent aussi submergé par une vague d’émotions tout aussi fortes les unes que les autres.

Joseph El-Sayegh.

Joseph El-Sayegh vit à Toronto depuis neuf ans. Il a perdu une connaissance dans les explosions de Beyrouth.

Photo : Avec l'autorisation de Joseph El-Sayegh

Il se dit enragé, tout en étant confiant que la communauté rebondira et se reconstruira en force.

Ça va dans tous les sens, ces émotions. On est content pour les gens qui ont réussi à survivre, mais on est attristé par le décès des autres.

Joseph El-Sayegh, habitant de Toronto

Sur place

Le Torontois Raphael Haddad vit quant à lui le drame sur place, à Beyrouth. Lui aussi a échappé de justesse aux explosions : il se trouvait dans un quartier tout près du port une vingtaine de minutes avant l’explosion.

Des gens observent les débris.

Les explosions à Beyrouth ont anéanti une grande partie du centre-ville.

Photo : Avec l'autorisation de Raphael Haddad

C’est un grand choc. Il y a des milliers de blessés et encore des morts dans les appartements. Ce n’est pas facile.

Raphael Haddad, Torontois à Beyrouth

Entouré de Libanais venus des quatre coins du pays, Raphael met actuellement la main à la pâte pour ramasser les débris. Il s’est allié à une petite équipe de scouts avec qui il nettoie des appartements.

Le centre-ville de Beyrouth est dévasté.

Les Libanais sortent dans les rues pour ramasser les débris causés par les explosions.

Photo : Avec l'autorisation de Raphael Haddad

Un élan de solidarité

Déjà plusieurs pays, dont la France, ont annoncé qu’ils enverront de l’aide au Liban. Raphael Haddad espère que le Canada et les États-Unis en feront de même. Mercredi après-midi, le Canada a annoncé qu'il apporterait son soutien au peuple libanais et étudiait ses options pour sa réponse humanitaire.

Karl Klimos invite de son côté tous les Ontariens, dont les membres de la diaspora, à rester solidaires en envoyant notamment des fonds pour soutenir les gens sur place.

Il espère que son pays en ressortira plus fort, dans un contexte déjà difficile sur fond de crise économique.

J’espère que ceci va aboutir à la naissance d’un nouveau Liban libre et indépendant, où on peut vivre en paix avec tout le monde. On n’arrive pas à comprendre pourquoi toutes ces misères se passent chez nous.

Karl Klimos

Depuis hier, Joseph El-Sayegh sent que la diaspora s’active partout au Canada pour montrer son soutien.

Il pense que le Liban aura des besoins urgents au niveau médical et du côté des denrées alimentaires suite à la destruction des silos de farine.

Malgré cette tragédie, il a confiance en la résilience de sa communauté qui a traversé de dures épreuves dans le passé.

C’est une ville qui va renaître, c’est une ville qui va être rebâtie, et c’est une ville qui est résiliente.

Joseph El-Sayegh

Différentes campagnes de financement ont déjà été lancées en ligne par des membres de la communauté, notamment pour amasser des fonds pour la Croix-Rouge au Liban.

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