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Une plante envahissante se propage de la rivière Saint-François au fleuve Saint-Laurent

Le COGESAF invite les citoyens à la prudence pour empêcher que la plante se propage jusqu’en Estrie.

Des châtaignes d'eau en grande quantité.

La châtaigne d'eau se propage rapidement, selon le COGESAF.

Photo : Gracieuseté de Nicolas Bousquet / COGESAF

Thomas Deshaies

Le Conseil de la gouvernance de l’eau de la rivière Saint-François (COGESAF) a constaté que la châtaigne d’eau, une espèce exotique envahissante, s’était propagée dans la rivière Saint-François jusqu’au lac Saint-Pierre, situé sur le fleuve Saint-Laurent.

On a récolté plus de 200 bacs [de châtaigne d’eau], s’exclame le biologiste et chargé de projet du COGESAF, Nicolas Bousquet, au terme d’un mandat de plusieurs jours au cours desquels il a arraché à la main cette espèce indésirable sur la rivière Saint-François.

Des bacs remplis de châtaignes d'eau au bord de la rivière Saint-François.

Le COGESAF a récolté plus de 200 bacs de châtaignes d’eau.

Photo : Gracieuseté de Nicolas Bousquet / COGESAF

Après avoir observé la châtaigne d’eau à l’été 2019 sur la rivière Saint-François dans le secteur de Saint-Bonaventure, au nord de Drummondville, l’organisme a décidé de passer à l’action rapidement afin de freiner la propagation.

Il a toutefois constaté qu’en un an, la plante avait gagné du terrain. « Quand on est arrivés sur le terrain, on a eu une assez grosse surprise, souligne le biologiste. Il y avait de la châtaigne par dessus de la châtaigne ».

On s’attendait à trouver des colonies assez denses de châtaignes d’eau, mais quand on est arrivés sur le terrain, on a vite compris c’était quoi, une croissance exponentielle.

Nicolas Bousquet, biologiste et chargé de projet au COGESAF

M. Bousquet explique que cette plante exotique envahissante peut produire 20 graines par rosettes, et que chaque graine peut produire jusqu’à 15 rosettes. C’est ce qui explique sa propagation rapide.

Nuisible pour l’environnement et les baigneurs

La châtaigne d’eau contribue à réduire la biodiversité en bloquant les rayons de soleil essentiels aux espèces indigènes et en réduisant la concentration d’oxygène dans l’eau. La faune va avoir de la difficulté à survivre dans ces endroits, précise M. Bousquet. La noix de châtaigne est aussi super piquante, et un baigneur qui marcherait sur la noix peut se blesser.

L'équipe du COGESAF pose devant une montagne de châtaignes d'eau accumulées dans son embarcation.

Le COGESAF a arraché une grande quantité de châtaignes d'eau.

Photo : Gracieuseté de Nicolas Bousquet / COGESAF

Le COGESAF suspecte que la propagation de l’espèce dans la rivière Saint-François est due à des embarcations n'ayant pas été adéquatement nettoyées avant d’être mises à l’eau. « Sur la rivière Saint-François, il y a beaucoup de descentes sans station de lavage », souligne-t-il.

Le lavage des embarcations, ça peut vraiment faire la différence.

Nicolas Bousquet, biologiste et chargé de projet au COGESAF

L’espèce a été observée pour la première fois dans la rivière Sud en Montérégie, en 1998, et est pour l’instant présente dans peu de cours d’eau de la province.

Nicolas Bousquet estime que les citoyens doivent faire preuve de prudence pour éviter que l’ensemble de la rivière Saint-François, y compris sa section située en Estrie, ne soit envahi par la châtaigne d'eau. « Un plaisancier pourrait aller sur la rivière Saint-François où il y en a et facilement l’entraîner jusqu’à sa prochaine visite à Sherbrooke, à Magog ou n’importe où sur notre bassin versant », prévient-il.

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