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Le pianiste Steve Barakatt séparé de l'explosion de Beyrouth par quelques semaines

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Vu aérienne d'un secteur détruit. Seuls des silos à grain tiennent debout.

Des résidents de Québec d'origine libanaise sont inquiets pour l'avenir du Liban, au lendemain de la terrible explosion qui a détruit une partie du centre-ville de Beyrouth.

Photo : Getty Images / AFP

Des résidents de Québec d'origine libanaise sont inquiets pour l'avenir du Liban, au lendemain de la terrible explosion qui a détruit une partie du centre-ville de Beyrouth.

Steve Barakatt, pianiste et compositeur de renom établi à Québec, a séjourné à Beyrouth durant 5 mois, jusqu'au 17 juillet dernier, à environ 4 kilomètres de la déflagration.

Des voisins m'ont envoyé des vidéos, des photos de mon appartement [où il résidait]. C'est terrible, lance-t-il. J'allais tous les jours près du port pour le coucher de soleil. J'aurais pu être [une victime]. C'est complètement irréel.

Le musicien attend d'ailleurs des nouvelles de plusieurs personnes qu'il côtoyait il y a quelques jours à peine.

Il y a des proches dont je n'ai pas encore de nouvelles, mais il y a aussi des gens qui faisaient partie de mon quotidien, dont je n'ai pas de nouvelles, souligne-t-il tout en faisant appel à la générosité des Canadiens pour aider le peuple libanais.

Ça me trouble. Une partie de moi est chanceuse d'être ici, car je me sens en sécurité, mais une autre partie de moi aimerait être avec eux. Je fais partie de cette communauté-là et j'en suis très fier.

Steve Barakatt, pianiste et compositeur d'origine libanaise
Un homme aux cheveux longs. Il est interviewé devant un muret de briques anciennes dans le Vieux-Québec.

Steve Barakatt

Photo : Radio-Canada

Une famille bien établie

Nada Nohra vit avec son conjoint et ses enfants à Québec depuis 2010, loin de l’instabilité politique qui sévit dans son pays d’origine.

Dès qu’elle a pris connaissance de l’explosion, ses pensées se sont dirigées vers les membres de sa famille qui résident non loin du secteur.

On leur parle depuis [mardi]. J’ai appelé à peu près tout le monde. Tout le monde est correct. Mais on a besoin de beaucoup d’aide là-bas, raconte Mme Nohra.

Nada Nohra s'est établie à Québec avec sa famille en 2010.

Nada Nohra s'est établie à Québec avec sa famille en 2010.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Des hôpitaux saturés

S’ajoutent à cela la COVID-19 et ses conséquences sur un système de santé déjà à bout de souffle.

On est choqués, c’est une grosse catastrophe. Les hôpitaux sont déjà saturés [en raison de la COVID-19], explique Mme Nohra. Les hôpitaux vont être affectés directement. Il n’y a pas de soins, pas de médicaments, pas d’électricité. La COVID va être partout maintenant.

Images satellitaires du port de Beyrouth, avant et après les explosions survenues le 4 août.

Des images montrent le port de Beyrouth avant et après les explosions.

Photo : Planetlabs

Pas confiance au gouvernement

Nada Nohra espère que l’explosion est accidentelle. Elle ne fait pas confiance au gouvernement libanais.

Pourquoi maintenant? Avec tout ce qui se passe là-bas, cette instabilité politique. Il y avait des manifestations contre le gouvernement. Il y a autour de nous aussi des pays qui ne veulent pas que Beyrouth règne [dans la région].

On veut construire notre pays depuis la guerre civile de 1975. On veut être libres, mais il y a toujours quelque chose. Ils ne nous laissent pas être libres, déplore-t-elle.

Son mari, Fadi Raad, également originaire du Liban, abonde dans le même sens. La tragédie s'ajoute à une panoplie de difficultés qui affligent le Liban et sa population déjà affectée par une profonde crise politique, économique et sociale.

Le Liban, c'est comme ça que je le vois, c'est un très beau jardin qui a de beaux fruits, de bons légumes, mais malheureusement, il y a des épines dedans, illustre M. Raad. Et ces épines, c'est ça qui intoxique et tue ce jardin-là. Et malheureusement, on donne des fertilisants à la place d'enlever les mauvaises herbes.

Un dépôt de près de 3000 tonnes de nitrate d'ammonium, un élément chimique hautement explosif, serait à l'origine de la déflagration. Les autorités douanières affirment avoir alerté les autorités de ce danger pendant des années.

Mercredi matin, le bilan provisoire était de 100 morts et de 4000 blessés, selon la Croix-Rouge, mais il va vraisemblablement s’alourdir.

Le drapeau du Québec a été mis en berne sur la tour centrale de l’hôtel du Parlement.

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