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Pessamit et Wemotaci menacent de nuire au projet de ligne électrique au Massachusetts

Des lignes électriques.

Les communautés autochtones veulent avoir leur part du gâteau.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Radio-Canada

Les Innus de Pessamit et les Atikamekw de Wemotaci menacent de faire « dérailler » le projet de ligne de transport d’électricité d’Hydro-Québec vers le Massachusetts s’ils n’obtiennent pas de compensations pour l’exploitation de leur territoire sans leur consentement.

Ces communautés ont uni leurs voix, mercredi, pour mettre fin à ce qu’elles qualifient de mainmise du Québec et d’Hydro-Québec sur leurs territoires.

Elles ont souligné que 36 % de la puissance hydroélectrique de la société d’État provient de 33 ouvrages de production et de 130 barrages, digues et réservoirs situés sur les territoires atikamekw, innus et anichinabés.

Les représentants de ces communautés ont qualifié l’attitude d’Hydro-Québec à leur endroit de racisme systématique et veulent leur part de la richesse que ces installations génèrent.

On est exclus de l’exploitation du territoire, du développement économique, a déploré Guy Laloche, conseiller pour la communauté de Wemotaci.

Les Atikamekw de Wemotaci demandent donc la mise en place d'une table de négociations réunissant des représentants de leur communauté et d'Hydro-Québec. On veut une entente, [...] on veut négocier des contrats et de la formation pour les projets de réfection qu’il y a, a résumé M. Laloche.

Ces travaux de réfection, qui sont en cours au barrage de Rapide-Blanc, en Haute-Mauricie, sont à l'origine d'une manifestation qui a eu lieu fin juin dans la communauté de Wemotaci.

Pour ce qui est de la hauteur des compensations financières demandées par les deux communautés, celles-ci devront être évaluées en temps et lieu, ont fait savoir les représentants de Pessamit et de Wemotaci. Mais ces dédommagements seraient de l'ordre de milliards de dollars.

Si le gouvernement fait la sourde oreille, Pessamit et Wemotaci mettront tout en œuvre pour faire dérailler le projet Québec-Massachusetts.

Une citation de :René Simon, chef du conseil de bande de Pessamit

Si le gouvernement Legault continue à se contenter de belles paroles, sans qu'il n'y ait rien de concret, les communautés n'auront d'autre choix que de mettre leur menace à exécution, c'est-à-dire de « s'en prendre directement aux revenus que le gouvernement et Hydro-Québec prévoient générer avec leur projet de faire passer une ligne de haute tension [...] vers le nord-est des États-Unis ».

Sans détailler précisément comment les communautés comptaient faire pression, leurs représentants ont laissé entendre qu'elles pouvaient potentiellement compter sur des appuis de l'autre côté de la frontière.

Des contacts ont été établis avec les Innus de Pessamit. On a fait quatre voyages aux États-Unis. On a rencontré des représentants abénaquis, des sénateurs. On a fait pas mal de lobby. Et je pense qu’on a réussi notre coup, a indiqué René Simon, chef du conseil de bande de Pessamit.

Hydro-Québec réagit

Hydro-Québec s'est dite très surprise de la sortie des chefs autochtones ce matin. Un porte-parole a affirmé que la société d’État était en discussion constante, tant avec les Innus de Pessamit qu’avec la nation atikamekw de Wemotaci.

Ce même porte-parole s'est aussi dit inquiet de la menace de bloquer un projet environnemental qui est, selon lui, porteur pour le Québec et pour les Premières Nations.

Quant aux revendications historiques, Hydro-Québec a renvoyé la balle au gouvernement du Québec.

D’après les informations d’Amélie Desmarais et de Valérie Boisclair

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