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Un Vancouvérois témoin de l’explosion de Beyrouth lors d’un appel Zoom

Un homme regarde devant. Il porte un t-shirt et se trouve dans un décor urbain.

Charbel Elia parle à sa famille qui se trouve au Liban toutes les semaines.

Photo : CBC / Shawn Foss

Radio-Canada

Un Vancouvérois qui parlait à sa mère et à sa soeur, qui se trouvent au Liban, sur Zoom, raconte avoir vu une expression d’horreur traverser le visage de sa mère au moment de l’explosion à Beyrouth mardi.

J’ai entendu ma mère [et] ma soeur crier, dit Charbel Elia.

Sa famille habite à 70 kilomètres de Beyrouth, mais a quand même entendu et senti l’explosion qui a secoué la capitale libanaise un peu après 18 heures, heure locale. La déflagration qui s'est produite dans le port de la ville a fait au moins 100 morts et environ 4000 blessés, selon la Croix-Rouge, qui prédit déjà que le bilan s'alourdira.

Ça a été une journée très émotive, je suis sous le choc.

Charbel Elia

La mère et la soeur de M. Elia ne sont pas blessées, mais la maison de ses cousins, qui vivent au centre-ville de Beyrouth, a été détruite. Il est sans nouvelles de son meilleur ami, qui est médecin et qui habite près de l’épicentre de l’explosion.

Il ne nous répond pas. Je ne sais pas s’il est très très occupé à l’hôpital. Je vérifie sur Internet pour voir s’il fait partie des disparus.

Charbel Elia

Un pays qui vit d’importantes turbulences

L’explosion de mardi a eu lieu alors que le Liban est au bord du gouffre financier depuis plusieurs mois. Le pays connaît une inflation qui croît rapidement, la pauvreté et le chômage sont en hausse et la pandémie de COVID-19 ne fait qu’aggraver la situation.

Sur le plan politique, le Liban connaît une vague de protestations. Des manifestants accusent l’élite de corruption et d’incompétence en raison de la multitude de problèmes que vivent les habitants.

Sur le plan sécuritaire, la crainte d’un affrontement entre le Hezbollah et Israël est palpable.

Charbel Elia, qui retourne habituellement au Liban deux fois par année, dit que les habitants de Beyrouth sont reconnus pour leur résilience, mais que la situation actuelle est sombre. Mes amis, mes cousins, retournent dormir dans des maisons détruites durant une pandémie et avec une économie qui s’effondre, se désole-t-il. C’est tellement lourd... J’aimerais vous dire combien c’est lourd.

De la tristesse et de la colère dans la diaspora

Ghinwa Yassine, qui vit aussi à Vancouver, affirme avoir passé toute la matinée de mardi à échanger des messages textuels et à parler à sa famille qui se trouve au Liban. Ses proches sont sains et saufs, même si les fenêtres de leur maison ont été soufflées par la force de l'explosion. Elle soutient avoir pleuré en essayant de comprendre ce qui s'était passé. Tout a été complètement détruit, lance-t-elle. 

La Vancouvéroise Marianne Zakhour se dit aussi sous le choc. Elle possède encore un appartement à Beyrouth, duquel elle peut voir le port quand elle s’y rend. « Tout le monde passe par le port. Tous mes amis n'habitent pas loin. Personne ne connaît pas le port à Beyrouth, c'est l'entrée et la sortie », affirme Mme Zakhour.

Elle dit ressentir de la colère maintenant et estime que les vies humaines ont été négligées dans son pays d'origine. 

Selon le gouvernement libanais, ce sont 2750 tonnes de nitrate d'ammonium entreposées dans le port depuis 2014 après avoir été confisquées qui ont explosé mardi. Ce qui a engendré les explosions reste indéterminé.

Avec les informations de Meera Bains, de l'émission de CBC On The Coast et de l'émission Phare Ouest

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