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Explosion à Beyrouth : la communauté libanaise de l'Atlantique ébranlée

Une vue du port de Beyrouth après l'explosion qui a dévasté une partie de la ville

Une vue du port de Beyrouth après l'explosion qui a dévasté une partie de la ville.

Photo : Reuters / AZIZ TAHER

Radio-Canada

Mardi après-midi, une gigantesque explosion a anéanti le port de Beyrouth, la capitale du Liban. Les Libano-Canadiens et les ressortissants libanais de l'Atlantique sont sous le choc.

Le bilan ce matin était d’au moins 100 morts et de 4000 blessés, selon la Croix-Rouge. Un bilan qui risque de continuer de s'alourdir. Au moins 300 000 personnes sont maintenant à la rue.

La Canadienne Dalal Eltaki est originaire du Liban et vit aujourd’hui à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Originaire de Bekaa, elle a habité plus de 10 ans à Beyrouth, où elle a travaillé près du port, une partie de la ville qu'elle connaît très bien. Elle est encore ébranlée par les événements qui secouent son pays.

On ne peut expliquer ce qu’on sent maintenant et depuis hier. C’est une journée très triste. C’est une journée noire pour notre pays. On pense à notre famille, à nos amis et à toutes les personnes qu’on connaît. C’est vraiment une journée très triste, a confié Mme Eltaki en entrevue à La matinale.

Aussitôt qu’elle a appris la nouvelle, elle a cherché à contacter sa famille et ses amis. Elle attend encore des réponses de certains de ses proches.

Dalal Eltaki en entrevue.

Dalal Eltaki est originaire du Liban et vit maintenant à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

Tu prends ton téléphone pour appeler les personnes que tu penses qui peuvent être à côté du milieu de la place. Après ça, tu cherches des amis. Lorsque quelqu’un ne répond pas, ça fait très mal. Tu essaies tout le temps. Heureusement pour moi, ma famille était loin. Alors, on est OK, mais on a des amis qui sont blessés et d’autres qu’on ne sait pas encore. C’est vraiment dur, a-t-elle souligné.

Comme pour Mme Eltaki, la première réaction de Lamia Chami de Moncton, aussi originaire du Liban, a été de tenter de joindre ses proches. Sa famille se porte bien, mais elle a également des amis qui ont été blessés dans l’importante explosion.

C’est vraiment un choc. Je voulais juste appeler mes frères, mes sœurs, mes amis et toutes les personnes qui sont chères pour moi, a raconté Mme Chami.

Moi-même j'ai vécu la guerre, mais ça c'est complètement différent, c'est vraiment grave, a-t-elle renchéri.

Fahda Battah, propriétaire de Fahda’s Pita Wrap à Moncton, n’a pas réussi à dormir mardi soir. C’est difficile, a dit celle qui a vécu pendant plus de 30 ans dans ce pays du Proche-Orient. J’ai prié beaucoup pour le Liban, pour les gens là-bas.

Sa famille, qui est au Liban, se porte bien. Fahda Battah confie toutefois que les enfants de sa sœur ont très peur.

Une femme au cheveux blancs devant un restaurant de pita.

Fahda Battah est propriétaire du Fahda's Pita Wrap de Moncton.

Photo : Radio-Canada

Elle pense que les autres Libanais sont trop sur le choc pour s’exprimer sur l'explosion. C’est très difficile de voir cela. On n’a jamais vu quelque chose comme cela , se désole-t-elle.

La puissante explosion causée par le nitrate d’ammonium a provoqué un immense champignon qui a soufflé tous les immeubles sur son passage sur plusieurs kilomètres. La secousse a été ressentie jusqu’à Chypre, à environ 200 km de Beyrouth.

Honnêtement, pour moi, je me sens comme si j’ai perdu mon pays, mes rêves, l’espoir..., explique Mme Eltaki.

Le port, ce n’est pas juste un endroit. Ils ont détruit le pays, le centre. C’est la capitale. Ils ont tué Beyrouth. Ils ont tué l’espoir des jeunes, a-t-elle ajouté. Malgré tout, cet espoir dont elle parle, elle espère que son pays le retrouvera, même si ce ne sera pas facile.

Avec des informations de Jean-Philippe-Hugues, de La matinale, de l'Agence France-Presse et de Reuters

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