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Tramway : trop de place pour l'auto et pas assez pour les arbres

Des autobus circulent sur le boulevard René-Lévesque en été.

Des centaines d'arbres matures bordent le boulevard René-Lévesque. La Ville pourrait devoir en couper dans cette portion du trajet.

Photo : Radio-Canada

Érik Chouinard

Les aménagements prévus pour l’automobile prennent trop de place dans le projet de tramway à Québec, selon le Conseil régional de l'environnement de la Capitale-Nationale. Son directeur général et vice-président exécutif, Alexandre Turgeon, a fait part de ses préoccupations lors des audiences du Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) qui se poursuivent cette semaine.

Pendant la présentation du mémoire de l’organisme devant le BAPE, M. Turgeon a dénoncé le fait que le projet de transport en commun prévoit un accroissement de la capacité routière à même l'enveloppe budgétaire du tramway.

Nos principales critiques concernent la qualité de l’insertion urbaine en termes d’emprise, non pas à cause du tramway, mais bien à cause de la volonté de donner plus de place à l’automobile que ce qu’elle en occupe aujourd’hui, affirme Alexandre Turgeon.

Esquisse du projet de tramway.

Le tramway circulera sur le boulevard René-Lévesque.

Photo : Radio-Canada

Par exemple, en ce moment, les voies de circulation sur le boulevard René-Lévesque ont une largeur de trois mètres, les plans du tramway prévoient les augmenter à quatre mètres.

Selon l'organisme, le fait de respecter l'emprise automobile actuelle permettrait d'éviter des expropriations coûteuses et la coupe de plusieurs arbres.

Une plus grande sobriété en termes des coûts associés aux besoins des automobiles permettrait d'accroître la portée du projet et de réintégrer certains éléments comme les remontées mécaniques, indique le directeur général.

Un croquis du projet de tramway à Québec.

Alexandre Turgeon est d'avis qu'il n'aurait pas été nécessaire de réduire à une voie le trafic automobile sur plusieurs tronçons de la 1re Avenue si la Ville avait été plus sobre quant à la largeur des voies de circulation.

Photo : Ville de Québec

L’élargissement des voies influence aussi le comportement des automobilistes. Plus la voie est large, plus le conducteur va aller vite et plus il sera dangereux pour les autres usagers de la route comme les cyclistes et les piétons, mentionne Alexandre Turgeon.

Plus de place pour les aînés et les plus vulnérables

L’importance qui est accordée à l’automobile à Québec porte atteinte à certains groupes au sein de la population de la ville. En termes d’équité dans l’accès aux déplacements, pour les jeunes, les personnes âgées et les personnes à plus faibles revenus qui sont peu motorisées, dans une ville comme Québec, c’est le droit à la mobilité qui est perdu, soutient le directeur général du Conseil régional de l'Environnement de la Capitale-Nationale.

Selon la Direction de santé publique de la Capitale-Nationale, aussi présente aux audiences de mardi, l'accès à un système efficace de transport en commun peut contribuer à lutter contre les inégalités sociales et la pauvreté.

La carte Opus du RTC.

Pour lutter contre l'exclusion, Émilie Frémont-Bédard, du Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec, soutient qu'il faut prévoir des moyens pour permettre aux usagers de payer leur passage avec de la monnaie en plus de la carte Opus.

Photo : Radio-Canada / Alice Chiche

Pour Jacques Girard, le représentant de la santé publique, le tramway doit être une occasion de développement social. Pour nous, le transport en commun participe à l’effort de redistribution de la richesse, déclare-t-il.

Il suggère que soient inclus des mécanismes pour favoriser une tarification adaptée à la capacité financière des usagers et aussi permettre le développement de logements sociaux et communautaires près du tracé, une façon de lutter contre l'embourgeoisement.

Sa position rejoint celle du Collectif pour un transport abordable et accessible à Québec, qui propose aussi la mise en place d’un système de tarification sociale, comme dans les villes de Calgary et Gatineau, ainsi que plus récemment un projet pilote à Lévis.

Pour les ménages qui gagnent sous le seuil de faible revenu après impôts, nous proposons une réduction de 50 % sur les billets et la passe mensuelle, élabore Émilie Frémont-Bédard, la porte-parole du Collectif durant les audiences.

Dans cette esprit d’accessibilité du réseau, la Table de concertation des personnes aînées de la Capitale-Nationale s'inquiète de son côté des 800 mètres établis comme représentant la distance de marche acceptable.

Il faut penser intégration, les gens qui sont malades ne transfèrent pas entre les moyens de transport, ils ont de la misère à se traîner, affirme Judith Gagnon, présidente de la Table de concertation.

Son organisme souhaiterait aussi voir une meilleure desserte du futur nouveau complexe hospitalier du site de l’Enfant-Jésus. Il recommande ainsi de modifier le tracé du tramway pour le faire circuler sur Henri-Bourassa.

Le Collectif pour un transport abordable et accessible a également fortement critiqué l'abandon de la portion trambus du projet, et juge qu'il s'agit d'une perte importante.

Les audiences se poursuivront mardi soir jusqu'à ce que les groupes invités aient tous été entendus. Elles reprendront mercredi après-midi.

Le parti municipal Démocratie Québec, avec Jean Rousseau à sa tête, fait partie des groupes à l'horaire mercredi, de même que l'organisme Vivre en ville et CAA-Québec.

Québec 21, l’opposition officielle à l'Hôtel de Ville, prendra la parole jeudi soir.

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