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Attente frustrante pour le judoka Félix-Olivier Bertrand

Félix-Olivier Bertrand, au sol avec son opposant, pendant un duel de judo.

Félix-Olivier Bertrand lors des derniers Championnats canadiens de judo.

Photo : Rafal Burza

Avoir l’impression de s’entraîner dans le vide, c’est ce que vit Félix-Olivier Bertrand depuis la mi-mars. Le judoka de Gatineau lance un cri du cœur pour que la Santé publique du Québec se penche sérieusement sur le retour des sports de combat, afin de lui permettre de poursuivre sa progression.

L’athlète de 16 ans aurait dû participer ce mois-ci aux Championnats du monde cadet à Istanbul, en Turquie. À la place, le champion canadien des moins de 60 kg chez les moins de 18 ans tente de s’entraîner du mieux qu’il peut à la maison.

On fait des uchi komi. C’est des techniques, mais dans le vide, sans partenaire. On ne peut pas vraiment se corriger, le positionnement du corps n'est pas le même. On aimerait ça pouvoir recommencer bientôt parce que c’est dur d’avoir la motivation, explique Bertrand.

Il a l’avantage de pouvoir compter sur son père Jean-François, un entraîneur de judo qui se sacrifie pour la cause, le temps de quelques séances.

C’est vraiment différent. Il fait 80 kilos, moi je suis à 66. Ça limite les techniques et on n’a pas une grosse surface non plus, donc il faut que j’y fasse attention. On ne peut pas faire tous les entraînements que je fais d’habitude, poursuit l’adolescent, rencontré à l’extérieur du club de judo St-Jean Bosco, fermé depuis le début de la pandémie.

Félix-Olivier Bertrand en entrevue.

Félix-Olivier Bertrand n'a pas accès à son dojo depuis la mi-mars.

Photo : Radio-Canada

Il ne sait pas quand il pourra y remettre les pieds et encore moins lorsqu’il pourra livrer son prochain duel, puisque la Santé publique québécoise n’a pas encore donné son aval au retour des sports de combat.

C’est très frustrant quand j'ai des amis de sport-études qui me disent : "Moi, je peux recommencer à m'entraîner" et moi je suis en attente depuis mars.

Félix-Olivier Bertrand, judoka

Judo Québec a déposé un plan pour reprendre la pratique du sport à la fin du mois d’avril. Il repose sur le concept de bulles d’entraînement, qui permettrait à quatre athlètes de toujours s’exercer ensemble, pour permettre de limiter les risques de propagation de la COVID-19.

On s’attendait à une réponse, à la limite que la Santé publique nous dise qu’elle n’était pas d’accord, mais rien, même pas un accusé de réception, souligne le président de la fédération québécoise de judo, Patrick Kearney.

On savait qu’on allait être les derniers, mais là on n’est pas les derniers, on est les oubliés du système sportif au Québec.

Patrick Kearney, président de Judo Québec

Nouvelle tentative pour obtenir un changement

Le judo fera front commun avec les autres sports de combat la semaine prochaine dans une présentation auprès du ministre de la Santé et des Services sociaux, pour souligner l’importance de permettre une reprise de leurs activités.

On a près de 11 000 judokas au Québec. Ce nombre-là va fondre comme neige au soleil et ça va être pareil pour la lutte, la boxe et le taekwondo. Les risques sont énormes. On va probablement garder quelques athlètes en haut de notre pyramide, mais la base va complètement s’effriter, affirme Kearny.

Félix-Olivier Bertrand fait partie des judokas qui resteront fidèles à leur sport malgré tout, mais il a quand même des inquiétudes sur sa capacité à se maintenir parmi l’élite canadienne.

La pratique des sports de combat est permise en Alberta, tandis que le Manitoba et la Nouvelle-Écosse ont adopté le modèle de bulles d’entraînement de deux personnes.

Eux, ils peuvent continuer à s'entraîner, à progresser, tandis que moi, je ne peux pas. Je suis vraiment stable, sans pouvoir monter pour pouvoir atteindre mon pic de performance pour les futures compétitions, mentionne-t-il en précisant que plusieurs pays européens ont aussi recommencé le judo sans restriction.

Bertrand espère surtout que ses entraînements vides seront chose du passé très bientôt, pour reprendre la routine qu’il aime tant sur les tatamis.

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