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La poste américaine au coeur du débat électoral

Une crise interne au sein de la poste américaine survient en plein débat sur le vote par correspondance en vue des élections de novembre.

Une employée de la poste à Manhattan.

En pleine pandémie, la poste américaine est confrontée à d'importants défis.

Photo : Reuters / Andrew Kelly

« Je ne reçois même pas mes factures, on doit recevoir ces choses-là », regrette Vera, visiblement mécontente, devant le bureau de poste historique du quartier Georgetown, à Washington.

N’ayant rien reçu dans sa boîte postale depuis quelques semaines, l’entrepreneure est venue s'enquérir de l’état de son courrier.

Selon le syndicat des employés de la poste, plusieurs raisons expliquent les délais constatés à Washington, mais aussi dans d'autres régions des États-Unis.

Plusieurs employés sont malades ou en isolement parce qu’ils ont été exposés au coronavirus, indique le président du syndicat Mark Dimondstein, soulignant le rôle de première ligne joué par les postiers américains pendant la crise.

Il explique par ailleurs que, depuis quelques semaines, ce manque de main-d’oeuvre est difficile à combler en raison de nouvelles mesures imposées au service postal.

Depuis l’arrivée du nouveau dirigeant de l’agence Louis DeJoy, un donateur de Donald Trump, on exige par exemple de limiter les heures supplémentaires ou de laisser du courrier qui pourrait prolonger le trajet des employés.

Dans l’entourage du président, on évoque le besoin d’imputabilité pour une organisation qui, l'année dernière seulement, a connu des pertes nettes de plus de 8 milliards de dollars. Mais le syndicat avertit que ces réformes auront nécessairement un impact sur la distribution du courrier et des colis à travers le pays.

Des politiques comme celles-là ne peuvent rien faire d’autre que ralentir la distribution du courrier.

Mark Dimondstein, président du syndicat des employés de la poste américaine
Un électeur déposant son bulletin de vote à Baltimore, dans le Maryland.

Plusieurs États veulent favoriser l'accès au vote par correspondance en vue de l'élection présidentielle de novembre.

Photo : Reuters / Tom Brenner

Tensions autour du vote par correspondance

Ces difficultés surviennent au moment où la poste américaine est sous le feu des projecteurs comme rarement auparavant.

En pleine pandémie et à moins trois mois de l’élection présidentielle, de nombreux États, responsables de l’organisation du scrutin sur leur territoire, tentent de favoriser l’accès au vote par correspondance.

Cette semaine, par exemple, le gouverneur démocrate du Nevada a autorisé l’envoi de bulletins de vote à tous les électeurs enregistrés.

La décision a été vivement critiquée par le président Trump, qui a pourtant encouragé les électeurs de Floride, État-clé dirigé par un républicain, à avoir recours au vote par correspondance.

Depuis plusieurs semaines, M. Trump évoque de possibles problèmes liés à l’utilisation massive de cette méthode de vote en vue de la présidentielle. C’est la raison qu’il a évoquée lorsque, la semaine dernière, il s’était demandé s’il ne fallait pas repousser la date du scrutin.

Je ne pense pas que le service postal soit prêt pour cela.

Donald Trump, président des États-Unis

Bien que peu de cas de fraude liés au vote par correspondance soient avérés, le président évoque régulièrement ce scénario.

M. Trump soulève aussi la possibilité qu’avec un grand nombre de bulletins postaux à dépouiller, l’annonce des résultats électoraux soit retardée.

Mardi, il citait en exemple le cas d’élections primaires très serrées à New York, dont l'issue n’est toujours pas connue six semaines après la tenue du vote.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Les déboires du service postal américain

Dans le camp démocrate, le sénateur Chuck Schumer accuse le président républicain de vouloir miner la crédibilité du service postal parce qu’il ne veut pas d’élections justes.

S’il rejette les allégations de fraude, le président du syndicat des employés de la poste Mark Dimondstein reconnaît que la crise que traverse son agence pourrait avoir des impacts sur le déroulement de l’élection. Tout ce qui mine notre service peut affecter ce qu’on fait, y compris les bulletins de vote, admet-il, en réclamant un soutien financier du Congrès.

Si l’accès au vote par correspondance semble enflammer le débat politique, certaines études montrent que dans les États qui y ont déjà recours, notamment en Californie et en Utah, cette méthode de vote ne semble pas favoriser davantage les électeurs d’un parti ou d’un autre.

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