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L’inexorable expansion du port de Montréal à Contrecoeur

L’appel de qualification est lancé; le début des travaux est maintenant prévu pour 2021.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une maquette du projet.

Le reportage de Jérôme Labbé

Photo : Port de Montréal

La construction du futur terminal à conteneurs de la Rive-Sud vient de franchir une nouvelle étape. Le projet, jadis lointain, semble de plus en plus concret.

Le port de Montréal a lancé mardi matin l’appel de qualification, malgré la grève rotative des débardeurs et la pandémie de COVID-19 qui plombe l’économie. C’est donc dire qu’un nombre restreint d’entreprises seront sélectionnées d’ici la fin de l’année pour répondre à l’appel d’offres de construction.

Le terminal sera construit dans le secteur industriel de Contrecoeur, une petite ville de 9000 âmes voisine de Sorel-Tracy, sur des terrains achetés il y a 30 ans par le port de Montréal.

Dès qu’on aura les permis d'environnement, on pourra lancer les travaux préparatoires, explique Ryan Dermody, vice-président de l’Administration portuaire responsable du site de Contrecoeur. Mais le gros du travail, ça va être en 2021.

Trois années seront nécessaires à la construction du futur terminal, qui devrait entrer en service en 2024. D’ici là, la pandémie de COVID-19 et ses répercussions seront chose du passé, estime M. Dermody.

Un projet d’une telle envergure, ça se fait dans le temps, dit-il. Ce n’est pas demain qu’on va l’ouvrir, donc non, il n’y a pas d’impacts.

Un projet d’envergure

Contrecoeur a été choisie dans les années 1980 pour accueillir les conteneurs du port de Montréal le jour où il manquerait de place.

Au fil des ans, 468 hectares de terrains ont été acquis, soit presque 10 fois la superficie du Parc olympique de Montréal. Ces terrains ont été loués à des cultivateurs, en attendant.

Plus récemment, l’implication de la Banque de l’infrastructure du Canada a donné de l’élan projet, qui sera réalisé en partenariat public-privé.

Il devrait coûter entre 750 millions et 950 millions de dollars.

La Banque a promis d’investir jusqu’à 300 millions de dollars. La différence sera financée par l’Administration portuaire de Montréal, qui a augmenté sa limite d’emprunts, et par les futurs exploitants du terminal.

Le port de Montréal possède déjà 19 terminaux, dont un à Contrecoeur. Depuis les années 1950, on y décharge du vrac solide, pour alimenter, entre autres, l’industrie sidérurgique.

Le terminal à conteneurs qui s’ajoutera pourra accueillir deux cargos à la fois. Il sera aménagé à un kilomètre en amont du terminal de vrac, à la limite de Verchères.

Sa construction est devenue nécessaire, fait valoir l’Administration portuaire, car il est prévu que les terminaux de conteneurs actuels atteindront leur pleine capacité au cours de la présente décennie.

À terme, 1,15 million de conteneurs transiteront par Contrecoeur.

Installations actuelles du port de Montréal à Contrecoeur.

Les installations actuelles du port de Montréal à Contrecoeur

Photo : Port de Montréal

Une arrivée attendue

Cette expansion, cela dit, ne plaît pas à tout le monde. Propriétaire d’une entreprise d’excursions nautiques, Stéphane Roy-Plante s’inquiète notamment de l’incidence des travaux de construction sur la Réserve nationale des Îles-de-Contrecoeur, située en aval du Saint-Laurent.

Les entrepreneurs seront probablement en mesure de récupérer l’essentiel des sédiments soulevés par les activités de dragage, reconnaît-il, mais une partie des matières en suspension va se ramasser dans la végétation environnante.

M. Roy-Plante craint également pour l’habitat de trois espèces menacées : la rainette faux-grillon, le chevalier cuivré et l’hirondelle de rivage. Les berges de Contrecoeur, dit-il, sont les seules ou presque à pouvoir héberger le nid de cet oiseau, dont la population canadienne a chuté de 98 % en 40 ans.

En prévision des travaux à venir, le port de Montréal a fait construire des nichoirs artificiels dans des blocs de ciment. Et les hirondelles de rivage les ont adoptés. Pour Stéphane Roy-Plante, c’est la preuve que l'Administration portuaire est capable d’écouter les préoccupations environnementales des citoyens.

On est pas mal certain, de toute façon, que ça s’en vient dans les prochaines années.

Stéphane Roy-Plante, propriétaire, G.C.Aventures

L’Administration portuaire devra encore obtenir différentes autorisations gouvernementales avant de lancer l’appel d’offres, mais ses dirigeants semblent convaincus de les obtenir.

Les enjeux économiques, faut-il le rappeler, sont énormes : le port de Montréal estime que 5000 emplois seront créés lors de la construction du futur terminal, et que 1000 emplois seront maintenus par la suite.

C’est un vecteur économique puissant qui va s'implanter ici à Contrecoeur, souligne la mairesse Maud Allaire, clairement en faveur du projet. Le futur terminal créera non seulement des emplois, mais les taxes qui seront versées à la Ville pourront être utilisées pour offrir plus de services aux Contrecoeurois.

L’expansion du port de Montréal, ça fait longtemps qu’on l’attend, ça fait longtemps qu’on en entend parler; ça fait longtemps que la planification est faite dans ce sens-là, explique Yves Beaulieu, directeur général de la Ville de Contrecoeur de 1988 à 2015. Il ne restait plus qu’une date d’arrivée. Mais là, ça semble de plus en plus vrai pour 2024.

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