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Denis Villeneuve compte bien sortir Dune d’ici la fin décembre

Un homme en chemise blanche donne des indications à d'autres personnes.

Denis Villeneuve et Javier Bardem sur le tournage de « Dune »

Photo : Chiabella James \ Warner

Radio-Canada

Le réalisateur québécois Denis Villeneuve avoue que la pandémie lui a joué un mauvais tour dans le montage final de Dune, mais qu’il entend respecter l’horaire et que son film sortira d’ici la fin de l’année.

Dans une entrevue en anglais diffusée sur YouTube et réalisée pour le Festival international du film de Shanghai par sa conjointe, l’ancienne journaliste de Radio-Canada Tanya Lapointe, Denis Villeneuve parle non seulement de Dune et du sprint qu’il devra entamer pour réussir à terminer le film à temps, mais aussi de ses influences, et il révèle également quelques secrets de son enfance.

Au début de l’année, alors qu’il était en montage et qu’il avait largement le temps de refaire les quelques tournages supplémentaires nécessaires, la COVID-19 a chamboulé son horaire. Denis Villeneuve s’est retrouvé confiné à Montréal pendant que les membres de l’équipe étaient aussi confinés ailleurs dans le monde.

Nous allons filmer les éléments manquants dans quelques semaines, alors que nous devions le faire plus tôt. Ce qui veut aussi dire que je dois terminer les effets visuels et le montage à Montréal, alors que mon équipe est à Los Angeles. Il y a des choses que l’on peut faire à distance, surtout les effets visuels avec un peu d’équipement. Mais je réalise que le montage, c’est comme jouer de la musique avec quelqu’un : on a besoin d’être dans la même pièce. C’est très difficile de ne pas être au même endroit que l’équipe de montage, explique Denis Villeneuve.

Le couple regarde la caméra.

Le réalisateur Denis Villeneuve et sa conjointe, Tanya Lapointe, sur le tapis rouge des Oscars

Photo : Radio-Canada / Valérie-Micaela Bain

Le réalisateur ajoute que le monteur Joe Walker offre aussi un soutien psychologique important, car il doit gérer son anxiété et ses crises de panique. Le montage est une partie très importante. C’est le moment où on réécrit le film. [...] C’est pour ça que je trouve ça traumatisant de travailler séparé de mon monteur en ce moment.

Denis Villeneuve travaille aussi à distance avec le compositeur de la musique du film, Hans Zimmer.

La femme noire est debout dans le désert.

Sharon Duncan-Brewster incarne Liet Kynes dans le film « Dune ».

Photo : Chiabella James \ Warner

Le rêve de Dune

Admirateur avoué de Dune, Denis Villeneuve a lu le roman de Frank Herbert lorsqu’il avait 13 ou 14 ans. J’ai découvert le livre par hasard. Je me souviens la première fois que j’ai vu la couverture dans une librairie [...]. J’ai vu cette magnifique couverture avec un homme aux yeux bleus. J’ai lu le résumé, qui m’a séduit, puis j’ai dévoré le livre, et j’ai ensuite lu tous les autres de la série.

Un homme et une femme debout dans le désert avec des fils dans le nez.

Timothée Chalamet et Rebecca Ferguson dans une scène de « Dune » dans le désert de Jordanie

Photo : Chiabella James Warner

Le réalisateur ajoute que, pour un adolescent, ce que le livre disait sur la politique, l’économie, la gestion et l’exploitation des ressources naturelles et de l’environnement était très important : Je suis tombé en amour avec ce livre. Il est resté avec moi très longtemps, et je me disais qu’un jour, je l’adapterais à l’écran. Au Canada, où je réalisais des films avec de plus petits budgets, ceux sur la science-fiction étaient hors d’atteinte.

Le réalisateur québécois explique aussi que, dans la dernière étape de la finalisation du film, il aime montrer ce dernier au public et être présent dans la salle. Être assis avec le public permet d’en apprendre beaucoup. On voit les forces du film, mais aussi les faiblesses. Il faut être humble, car c’est difficile pour l'ego, mais ce processus est nécessaire et ne peut pas se faire à distance, dit-il.

Le choix de la distribution

Denis Villeneuve affirme que le choix des acteurs et actrices est très anxiogène pour lui : Ce n’est pas un processus facile. Pour Dune, ça a été très long, mais très intéressant. La plupart de mes premiers choix ont accepté de tourner dans ce film.

L’acteur franco-américain Timothée Chalamet était son premier choix; le seul qu’il voyait dans le rôle de Paul, le héros de Dune. On s’est rencontrés et on s’est tout de suite entendus, précise Denis Villeneuve, qui manque de mots pour décrire tout le bien qu’il pense de son acteur principal.

L'homme est seul sur une plage, la tête baissée.

Timothée Chalamet dans une scène du film « Dune », réalisé par Denis Villeneuve

Photo : WARNER BROS PICTURES

Il souligne aussi qu’il était très heureux de tourner avec l’actrice britannique Charlotte Rampling, qu’il admire et avec qui il voulait travailler depuis longtemps.

Denis Villeneuve aime diriger les acteurs et actrices avec émotion, et non en étant trop cérébral. Ma façon de travailler est aussi de leur donner le plus de place possible; enfin, je l’espère, dit-il.

Les influences de Denis Villeneuve

Si le Québécois avoue avoir été influencé par des dizaines de réalisateurs et réalisatrices, Steven Spielberg est le premier à l’avoir marqué, notamment après avoir vu Rencontres du troisième type (Close Encounters of the Third Kind), dans lequel il a aussi découvert le réalisateur français François Truffaut, qui y jouait l’un des rôles principaux. Il a de l’empathie, ce que j’aime profondément. Spielberg est l’un des meilleurs réalisateurs vivants. C’est un génie.

Jean-Luc Godard, Stanley Kubrick et Ingmar Bergman sont les autres réalisateurs les plus appréciés de Denis Villeneuve. Il y en a encore bien plus, comme Ridley Scott. Mais aussi des contemporains : Jacques Audiard, Yórgos Lánthimos... Et je suis probablement le plus grand fan de Christopher Nolan sur la planète en ce moment, dit-il.

Un portrait en noir et lanc

Le cinéaste Pierre Perrault interviewé en 1963

Photo : Radio-Canada

Denis Villeneuve cite aussi deux réalisateurs québécois, Pierre Perrault et Michel Brault.

Ils sont toujours avec moi quand je travaille. Ils ont une profonde influence sur moi. [...] Je sais qu’ils détesteraient ce que je dis en ce moment, car ils n’aimaient pas les films d’Hollywood et ils haïssaient Hollywood. D’ailleurs, je ne pense pas qu’ils aimeraient mes films, mais je les aime profondément.

Une citation de :Denis Villeneuve

Il ajoute qu’il adore travailler avec deux directeurs de la photographie : le Québécois André Turpin et l’Anglais Roger Deakins.

Les deux hommes posent pour les photographes, le regard vers la droite

Roger Deakins et Denis Villeneuve au Festival de Cannes en 2015

Photo : Getty Images / AFP/Anne-Christine Poujoulat

De l’enfance à Hollywood

La naissance du cinéma dans la tête du jeune Denis Villeneuve a permis à ce dernier de calmer l’anxiété dont il souffrait.

C’est une chose que je n’ai jamais révélée publiquement. Jeune, j’avais des peurs, et le monde me faisait peur. Et quand j’étais dans mon lit, la seule manière pour moi de m’endormir était d’imaginer des histoires dans ma tête. Je me rappelle clairement différents épisodes que je créais chaque soir. [...] D’ailleurs, avec mon ami Nicolas Kadima, quand nous avions environ 13 ans, nous avons fait des scénarimages pour "Dune".

Une citation de :Denis Villeneuve
Les trois hommes sont en conversation.

Denis Villeneuve en compagnie de Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal sur le plateau de « Prisoners »

Photo : 2013 Warner Bros.

En fin d’entrevue, Denis Villeneuve avoue que travailler à Hollywood a non seulement changé sa manière de tourner, mais que cela lui a aussi permis d’être plus humble et de se mettre au service de l’histoire qu’il voulait raconter, et non le contraire. J’ai appris à mettre mon ego à sa place et à faire du cinéma pour le simple amour du cinéma, et non pour essayer d’exister.

Sa relation avec les acteurs et les actrices a aussi changé. Au début, il était terrorisé. C’est normal; ce sont des êtres étranges. Plus je travaille avec eux, plus je suis confortable, et je suis un meilleur réalisateur.

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