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Ouverture des frontières du N.-B. : les commerçants gaspésiens en payeront-il le prix?

Des façades de magasin de Carleton-sur-Mer.

Plusieurs commerces de Carleton-sur-Mer avaient enregistré des hausses de leurs ventes depuis le mois de mai en raison de la fermeture des frontières du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Est-ce que les consommateurs de la MRC d'Avignon continueront de faire leurs emplettes en Gaspésie? C'est la question que plusieurs commerçants se posent quelques jours après l'ouverture partielle des frontières avec le Nouveau-Brunswick.

Au cours des derniers mois, bon nombre de commerçants de la Baie-des-Chaleurs ont vu leurs ventes augmenter en raison de la fermeture des frontières du Nouveau-Brunswick. Plusieurs citoyens du secteur ouest de la MRC d'Avignon ont ainsi été contraints de se tourner vers des entreprises gaspésiennes, alors qu'ils avaient l'habitude de faire leurs emplettes dans la province voisine.

La copropriétaire de la boutique Sylvie à Carleton-sur-Mer, Judith Leblanc, estime que ses ventes ont bondi de 20 % depuis la réouverture de son commerce en mai.

La commerçante spécialisée dans la vente d’articles pour enfants espère être parvenue à fidéliser ces nouveaux clients qui avaient l’habitude d’acheter dans les magasins à grande surface du Nouveau-Brunswick.

J’espère qu’avec le service qu’on a donné à ces gens, ils vont décider de revenir. Et qu’ils vont s’apercevoir qu’on offre un meilleur service qu’une grande chaîne.

Judith Leblanc, copropriétaire de la Boutique Sylvie
Judith Leblanc replace des items dans son magasin pour enfants.

Judith Leblanc espère que la clientèle gaspésienne qu'elle a gagnée durant la pandémie demeurera fidèle malgré l'ouverture partielle des frontières avec le Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Du côté de la quincaillerie BMR de Saint-Omer, le directeur Marc-André Dufour observe que de nombreux clients du secteur Matapédia-Les Plateaux fréquentent toujours le magasin en raison des exigences mises en place par le Nouveau-Brunswick pour traverser la frontière.

Encore ce matin, raconte M. Dufour, j’ai servi des clients de Saint-François-d’Assise. Ils disent que c’est beaucoup trop compliqué d’entrer au Nouveau-Brunswick et qu’il vont continuer à magasiner au Québec pour s’éviter des problèmes. La plupart des clients qu’on a gagnés durant la pandémie font ce genre de commentaires.

La façade de la quincaillerie avec des voitures stationnées devant.

Le BMR de Carleton-sur-Mer accueille plusieurs clients provenant du secteur ouest de la MRC d'Avignon depuis le début du printemps.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

À la boutique Caprice de cuisine de Carleton-sur-Mer, Annie Laviolette rapporte une hausse de chiffres d’affaires de 25 % en juin et de 40 % en juillet.

On accueille beaucoup de Gaspésiens du coin qu’on ne connaissait pas et qui ne connaissaient pas le magasin, affirme Mme Laviolette. Ils disent qu’il faut acheter plus local et ils sont conscients qu’en venant magasiner une fois ou deux, ça peut faire survivre l’entreprise.

Annie Laviolette dans son magasin avec des articles de cuisine à l'arrière.

«On s’est aperçu qu’il y avait un achalandage qu’on n’avait pas avant», affirme Annie Laviolette de la boutique Caprices de Cuisine.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Découvrir ou redécouvrir certains commerces

Le directeur de la Chambre de commerce Baie-des-Chaleurs croit que la fermeture des frontières du Nouveau-Brunswick aura permis à certaines entreprises, dont les concessionnaires automobiles, de tirer leur épingle du jeu.

Ça aura permis aux gens de connaître et de découvrir des commerces du côté de la Baie-des-Chaleurs qu’ils ne connaissaient pas parce qu’ils avaient l’habitude d’aller au Nouveau-Brunswick parce que c’est plus proche pour eux, estime Maurice Quesnel.

Ça a été bon pour le commerce parce que ça a empêché les gens de la Gaspésie de toujours se ramasser au Wal-Mart.

Maurice Quesnel, directeur de la Chambre de commerce Baie-des-Chaleurs

Toutefois, Maurice Quesnel souligne que les Néo-Brunswickois contribuent également à l'économie de la Baie-des-Chaleurs et que certains commerces du secteur ouest de la MRC d’Avignon, qui dépendent grandement d’une clientèle provenant de la province voisine, ont connu des temps plus difficiles.

Pont avec le paysage du Nouveau-Brunswick de l'autre côté de la rivière Ristigouche.

Le pont J.-C.-Van Horne relie le Québec au Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Les échanges commerciaux entre les deux provinces, explique Maurice Quesnel, ça a toujours existé et la réalité géographique fait en sorte qu’on ne peut pas empêcher ça.

Selon lui, il ne faut toutefois pas oublier qu’il est logique pour un résident de Pointe-à-la-Croix de se rendre dans une quincaillerie néo-brunswickoise à cinq minutes de chez lui plutôt que de parcourir plus d'une quarantaine de kilomètres pour atteindre un commerce gaspésien équivalent.

Minimiser les fuites commerciales

Le préfet de la MRC d'Avignon, Mathieu Lapointe, souligne que des discussions sont en cours pour tenter de réduire les fuites commerciales vers le Nouveau-Brunswick, malgré l’ouverture partielle des frontières.

Ce qu’on constate, mentionne M. Lapointe, c’est que la population d’Avignon représente des consommateurs importants pour la région du Restigouche au Nouveau-Brunswick. Il y a assurément un potentiel pour diminuer les fuites commerciales.

On a commencé à réfléchir au conseil des maires pour voir ce qu’on pourrait faire dans Avignon pour garder les consommateurs et stimuler le développement économique pour aller chercher une part de ce marché-là.

Mathieu Lapointe, préfet de la MRC d'Avignon
Le maire photographié alors qu'il travaille à son ordinateur

Le maire de Carleton-sur-Mer, Mathieu Lapointe

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Ce sont des communautés qui se côtoient depuis des années, souligne le préfet, mais on va essayer de diminuer les fuites commerciales.

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