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Visiter le Kamouraska... mais pas tous en même temps!

Le ciel est ennuagé au-dessus du quai de Kamouraska.

Le quai de Kamouraska attire de nombreux visiteurs.

Photo : Radio-Canada / Shanelle Guérin

L’affluence des touristes en temps de pandémie exacerbe certains problèmes identifiés bien avant la crise. L’affluence est telle qu’elle exerce une pression sur les entreprises et les communautés locales.

Des entrepreneurs de la région du Kamouraska déplorent un manque d’infrastructures pour accueillir les visiteurs. Or, selon eux, la crise de la COVID-19 offre une occasion sans précédent de repenser l’offre touristique pour soutenir les économies régionales.

Lors des vacances de la construction, on ne peut pas accueillir tout le monde, se décourage la copropriétaire du restaurant Côté Est au village de Kamouraska, Perle Morency. Les gens disent “ouais, mais on vient de Québec et de Montréal pour vous voir”. Mais on est complet. Alors c’est sûr que c’est frustrant pour eux autres.

La façade du restaurant.

La façade de Côté Est, à Kamouraska

Photo : Côté Est (Facebook)

Plus que jamais, les Québécois ont ressenti le besoin de s’évader en nature et de profiter des attraits naturels des régions hors grands centres. Dans la région du Kamouraska, plusieurs petites entreprises outrepassent leurs capacités durant la courte période de pointe pour tenter de répondre à la demande touristique.

Certains villages n’ont pas nécessairement l’infrastructure pour recevoir les gens de façon accueillante, écologique et de façon durable. C’est sûr qu’on n’arrive pas à bien accueillir les gens quand il y a trop de monde. Mais au-delà de ça, les gens de la communauté ne trouvent pas ça drôle non plus, rapporte la copropriétaire de Côté Est.

Les visiteurs appréciés, mais pas tous en même temps!

Quoiqu’heureux de cet engouement pour la région, les entrepreneurs croient tout de même que le Québec doit repenser son modèle touristique pour alléger la pression sur la communauté et préserver la nature de la région, alors que la région du Kamouraska gagne en popularité.

Moi je ne pense pas que c’est l’apogée présentement, je pense qu’au contraire, Kamouraska va devenir un pôle touristique très important, affirme Sylvain Tremblay en souriant.

Un dessin de baleine orne le mur de la terrasse de la microbrasserie.

La microbrasserie est aussi reliée à l'auberge de la Baleine Endiablée.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

L’envie de découvrir le Québec ne constitue pas une mode reliée aux effets de la pandémie, selon Sylvain Trembaly. Une fois que les gens vont avoir vu le Québec, ils vont avoir encore plus le goût d’y voyager, affirme-t-il.

Les entrepreneurs de la région du Kamouraska sont d’avis qu’il faut continuer à encourager les Québécois à voyager en région, mais pas tous à la même période.

Un mets présenté au restaurant Côté Est de Kamouraska.

Un mets présenté au restaurant Côté Est de Kamouraska

Photo : Page Facebook du resto Côté-Est de Kamouraska / Julie Houde-Audet

Ça va nous aider, le jour où les gens vont prendre leurs vacances en début juin jusqu’à la fin septembre. Et le jour où on va préconiser l’étalement des vacances, mentionne Perle Morency.

Selon ces entrepreneurs du Kamouraska, la région doit trouver les moyens d’étendre la saison touristique pour améliorer l’expérience de tous.

Pour sa part, le maire de la municipalité de Kamouraska est plutôt satisfait du nombre de touristes dans la région et ne dénote plus de problème de cohabitation dans son village.

Gilles Michaud, maire de Kamouraska, pose devant un champ.

Gilles Michaud, maire de Kamouraska

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Je vous dirais que depuis une dizaine d’années, il y a vraiment une bonne harmonie, assure Gilles Michaud. Tout le monde sait que pendant l’été il va y avoir du monde. C’est ça qui est le fun de voir, que tout le monde peut cohabiter.

Perle Morency, dont le restaurant se situe au cœur du village de Kamouraska, est du même avis. La communauté a travaillé fort pour arriver à cette cohabitation, selon elle. La copropriétaire de Côté Est espère qu’il en sera de même pour tous les villages du Kamouraska.

Bonifier l’offre touristique

En réfléchissant à l’avenir du tourisme, la restauratrice Perle Morency souhaiterait, en outre, que la communauté et les touristes se mobilisent davantage pour assurer la protection des écosystèmes qu’elle qualifie de fragiles.

Bien que dans le village de Kamouraska les installations soient suffisantes, explique Perle Morency, les autres municipalités du Kamouraska, et même les communautés devraient exiger l'installation des toilettes, des poubelles, d’avoir des structures d’accueil plus écologiques sur les plages, notamment, évoque-t-elle.

Du même avis, le propriétaire de la microbrasserie La Baleine Endiablée située à Rivière-Ouelle au Kamouraska, Sylvain Tremblay, remarque, pour sa part, que les besoins sont aussi criants spécialement en hébergement dans la région : On vient d’ouvrir 50 chambres à Rivière-Ouelle, un village de 800 personnes, et on affiche complet depuis le début de l’été. Les gens veulent venir, mais là, ils n'ont pas de place pour dormir donc ils continuent leur route et s’en vont ailleurs.

Un homme avec un t-shirt où l'on peut lire : La Baleine Endiablée.

Sylvain Tremblay est coproriétaire de la microbrasserie La Baleine Endiablée.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

L’entrepreneur a également aménagé un terrain de camping pour éviter que les campeurs piquent leur tente sur les plages.

L’avenir du tourisme au Bas-Saint-Laurent

La pandémie aura provoqué, auprès de plusieurs, des réflexions sur l’avenir de l’industrie touristique en région, notamment au sein de Promotion Kamouraska. Pour l’agente en tourisme Yvonne Tremblay, l’heure est au bilan.

La situation actuelle qu’on vit va faire réaliser le potentiel qu’on n’avait pas réalisé qu’il y avait. [...] On parle beaucoup de tourisme durable. Je pense que ça va être vers ça qu’on va devoir aller naturellement, affirme-t-elle.

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