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Un travailleur communautaire sur cinq était déjà épuisé avant la pandémie

Plus du quart de ceux qui ont pris part à l'étude se considèrent comme pauvres.

Des travailleuses et des bénévoles tiennent des pancartes en forme de feuilles vertes sur lesquelles on peut lire : « Surtout, n'oubliez pas de nous arroser ».

En mars, des travailleurs, membres et bénévoles d’organismes communautaires œuvrant en santé et services sociaux faisaient part de leurs revendications aux membres du conseil d'administration du CISSS du Bas-Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

La Presse canadienne

Pas moins de 20 % des travailleurs communautaires au Québec vivaient de l'épuisement professionnel avant la pandémie, selon une récente étude menée par l'UQAM. Comme ces travailleurs ramassent aujourd'hui les pots cassés de la COVID-19, il est probable que ce pourcentage ait augmenté encore un peu.

L'étude a été menée l'hiver dernier auprès de 851 travailleurs communautaires – notamment des intervenants pour des organismes en santé mentale comme des lignes d'écoute téléphoniques, des membres de la direction et du personnel de soutien – qui œuvrent majoritairement sur l'Île de Montréal, mais aussi dans d'autres régions du Québec.

Ceux-ci ont fait état d'une charge de travail élevée, tant en ce qui concerne la quantité de tâches à accomplir que la charge émotionnelle qui pèse sur eux.

Ils ont également témoigné d'une insécurité financière, vu leur faible rémunération. Plus du quart des personnes ayant pris part à l'étude se considèrent comme pauvres.

En outre, beaucoup de ces travailleurs développent un sentiment de culpabilité : ils hésitent à prendre un congé de maladie, parce qu'ils ne veulent abandonner ni les personnes dans le besoin ni leurs collègues, qui sont tout aussi débordés qu'eux.

Tous ces facteurs ont contribué à un épuisement professionnel, indique la chercheuse Sophie Meunier, professeure au Département de psychologie de l'UQAM.

Depuis, la pandémie a mis un peu plus de pression sur les organismes communautaires, tout particulièrement ceux qui offrent de l'aide alimentaire, car la crise sanitaire a entraîné des pertes d'emploi.

Il est raisonnable de penser que le niveau d'épuisement du personnel doit être encore plus élevé à l'heure actuelle. Le confinement et le stress ont très certainement entraîné davantage de problèmes de santé mentale et une hausse des demandes auprès des organismes.

Sophie Meunier, chercheuse en psychologie

Avec ses collègues, elle se penche désormais sur la situation dans laquelle se trouvent ces travailleurs depuis le mois de mars.

Financée par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), l'étude a été réalisée par le Laboratoire de recherche sur la santé au travail du Département de psychologie, en collaboration avec le Réseau alternatif et communautaire des organismes en santé mentale de l'île de Montréal.

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