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Six gouverneurs des deux partis s'unissent pour améliorer le dépistage de la COVID-19

Une femme en train de subir un test de dépistage au Colorado.

Dans certains cas, le temps d'attente pour obtenir les résultats de tests peut dépasser une semaine.

Photo : Reuters / Kevin Mohatt

Devant l'absence d'une stratégie nationale de dépistage, les gouverneurs de six États américains, trois républicains et autant de démocrates, ont formé une coalition pour acheter des tests d'antigène, qui permettent de déterminer rapidement si quelqu'un est atteint de la COVID-19.

La création de cette coalition – qui comprend le Maryland, le Massachusetts et l'Ohio, chacun gouverné par des républicains, ainsi que le Michigan, la Virginie et la Louisiane, dirigés par des démocrates – a été annoncée mardi par le gouverneur du Maryland, Larry Hogan.

Les gouverneurs ont indiqué que d'autres États ou même des villes pourraient à se joindre à eux. L'entente compte aussi comme partenaire la Fondation Rockefeller, qui se dit prête à faciliter les mécanismes de financement.

Le communiqué précise que des pourparlers sont en cours avec les deux compagnies qui ont reçu le feu vert du Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA), qui autorise la commercialisation des médicaments aux États-Unis, pour produire des tests d'antigène, soit Becton Dickinson et Quidel. Ces tests, qui détectent des fragments de protéines virales dans des échantillons prélevés sur des écouvillons balayés à l'intérieur de la cavité nasale, offrent des résultats beaucoup plus rapidement que d'autres types de tests.

Insistant sur le pouvoir d'achat que leur conférait leur association, les gouverneurs ont fait état de l'engagement de chacun de leur État à commander 500 000 tests d'antigène, pour un total de 3 millions.

En se regroupant, les États montrent aux fabricants privés qu'il existe une demande importante pour augmenter la production de ces tests, qui donnent des résultats en 15-20 minutes, expliquent les six gouverneurs.

Occuper le vide laissé par le fédéral

L'accord a été négocié par le gouverneur Hogan, qui terminera sous peu son mandat à la tête de l'Association nationale des gouverneurs.

Expliquant l'importance de ce premier accord entre États relativement à des tests de dépistage, l'élu républicain ne s'est pas gêné pour souligner, dans le communiqué, des lacunes dans la réponse de l'administration Trump.

Les pénuries et retards importants dans le dépistage ainsi que la tentative de l'administration fédérale de réduire le financement du dépistage ont poussé les États à se regrouper pour acquérir des millions de tests plus rapides afin d'aider à sauver des vies et à ralentir la propagation de la COVID-19.

Larry Hogan, gouverneur du Maryland

Récemment, le gouverneur Hogan a désapprouvé publiquement l’inaction du président Donald Trump et a publié par exemple une lettre ouverte dans le Washington Post dans laquelle il disait s’être tourné vers la Corée du Sud pour obtenir des tests de dépistage afin d’éviter de condamner un plus grand nombre de nos citoyens à la souffrance et à la mort.

Depuis le début de la pandémie, le dépistage a été une source de contentieux entre la Maison-Blanche et les gouverneurs de plusieurs États.

Après les lacunes initiales en matière de dépistage, les États-Unis ont augmenté la cadence de façon significative, mais des problèmes importants subsistent.

Selon le New York Times, les États-Unis testent environ 755 000 personnes par jour, comparativement à quelque 640 000 tests par jour il y a un mois. La porte-parole de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany, a dit mardi qu'il s'agissait d'une augmentation de 32 000 % depuis le 12 mars.

Mais la majorité des personnes testées ne reçoivent pas leurs résultats à l'intérieur de la période de 48 heures préconisée par les autorités sanitaires, selon un sondage récent mené par des chercheurs de quatre universités, dont Harvard. La période d'attente peut même dépasser 10 jours.

La hausse du nombre de cas au cours des dernières semaines a par ailleurs entraîné une montée en flèche de la demande.

Le mois dernier, l'administration Trump avait annoncé qu'elle entendait cesser son soutien financier à 13 centres de dépistage dans 5 États, dont le Texas.

En mai, elle avait annoncé un plan de dépistage, qui laissait largement la responsabilité du dépistage aux États. Elle n'a pas par la suite mis en place une stratégie coordonnée.

Le magazine Vanity Fair a rapporté il y a quelques jours que l'équipe de Jared Kushner, le gendre et conseiller du président qui assumait un rôle dans la gestion de la pandémie, aurait jugé inutile un plan fédéral de dépistage parce que le virus, au printemps, touchait des États dirigés par des démocrates.

La Maison-Blanche a démenti ces allégations.

Trump vante la capacité de dépistage des États-Unis

Dans une entrevue accordée à un journaliste du site Axios et diffusée lundi sur les ondes de HBO, le président a une fois de plus vanté la capacité de dépistage des États-Unis et y a vu l'explication du nombre élevé de nouveaux cas de coronavirus.

Le fait est que, parce que nous sommes tellement meilleurs dans le dépistage que n'importe quel autre pays du monde, nous exposons plus de cas, a-t-il dit. Nous exposons beaucoup, beaucoup de cas. Nous exposons un nombre énorme de cas.

Selon le site Worldometers, les États-Unis recensent plus de 4,9 millions de cas et plus de 160 000 morts.

Le pays a mené plus de 61 millions de tests, plus que tout autre pays après la Chine, selon le même site, qui place le pays au 14e rang quand on tient compte de la population.

Dans les dernières semaines, la hausse du taux d'hospitalisations dépassait l'augmentation du taux de nouveaux cas.

Devant un journaliste médusé, il a affirmé, sans préciser qui elles étaient, que certaines personnes trouvaient problématique l'administration d'un grand nombre de tests, l'invitant à lire les livres et les manuels, sur lesquels il n'a pas donné de détails.

Vous savez, il y a ceux qui disent qu'on peut trop tester.

Donald Trump, président des États-Unis

Invité lors d'un point de presse, mardi, à expliquer quels désavantages il pouvait y avoir à mener trop de tests, il a réitéré le travail incroyable fait par les États-Unis. Personne au monde ne l'a fait. D'autres dirigeants m'ont dit la même chose. Ils ne peuvent pas croire que nous puissions le faire, a-t-il dit.

Les tests sont utiles, mais nous dépensons des sommes considérables, a-t-il ajouté.

En juin dernier, lors de son rassemblement partisan à Tulsa en Oklahoma, il avait dit avoir donné la consigne de ralentir le dépistage en raison du trop grand nombre de cas positifs. La Maison-Blanche avait qualifié son commentaire de blague.

Des scientifiques au sein du gouvernement américain, dont l'épidémiologiste en chef de la Maison-Blanche, le Dr Anthony Fauci, avaient en outre nié que Donald Trump leur avait demandé de ralentir le rythme de dépistage de la COVID-19.

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