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Pourquoi la saison des ouragans 2020 est-elle plus active?

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un immense nuage blanc couvre le littoral est des États-Unis sur cette carte satellite.

Entrevue avec le spécialiste Bob Robichaud

Photo : Reuters

La tempête Isaias a touché le Québec mardi soir, apportant son lot de pluie et de vent. Il s'agit de la neuvième tempête de la saison dans l'océan Atlantique. Normalement, le neuvième cyclone de l'année est observé au mois d'octobre.

Que se passe-t-il cette année?

La première raison repose sur la température de l'eau dans les tropiques, dans l'océan Atlantique.

On voit des températures de l'eau qui sont 1 à 2 degrés au-dessus de la normale déjà cette année. Il y a énormément d'énergie présente dans l'océan, sous forme d'eau chaude, qui fait en sorte qu'on voit plus de tempêtes se développer que la normale, répond le spécialiste des ouragans au pays, Bob Robichaud. Le météorologue est basé à Halifax, en Nouvelle-Écosse, au Centre canadien de prévisions des ouragans.

L'autre raison est que nous n'avons pas de phénomène El Niño ou La Niña. Nous sommes dans une condition neutre dans l'océan Pacifique. En état neutre, il s'agit d'un temps plus propice au développement d'ouragans dans l'Atlantique.

En situation de phénomène El Niño, il y a davantage de cisaillements dans les vents en altitude, ce qui nuit à la formation d'ouragans.

Jusqu'à maintenant, les ouragans Hanna et Isaias ont été de catégorie 1 avec des vents d'au moins 120 kilomètres à l'heure.

L'échelle Saffir-Simpson servant à identifier le niveau d'un ouragan

L'échelle Saffir-Simpson servant à identifier le niveau d'un ouragan.

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

Le pire de la saison des ouragans est-il à venir?

Le pic de la saison des ouragans, qui s'étend du début juin jusqu'à la fin novembre, c'est le mois de septembre, précise Bob Robichaud. Normalement, il est enregistré autour du 10 septembre.

Par le passé, 90 % de l'activité qu'on voit dans les tropiques se développe après le 31 juillet, ajoute l'expert. L'an passé, à cette même date, on avait trois tempêtes nommées et un ouragan. Cette année, nous avons déjà neuf tempêtes nommées et deux ouragans.

Pourquoi est-ce plus calme dans le Pacifique Est?

C'est souvent ce qui est observé, répond Bob Robichaud, l'un des deux océans est plus actif que l'autre.

Les températures plus froides dans le Pacifique, près de l'Équateur, donnent une condition proche de celle de La Niña, faisant en sorte qu'il a moins d'ouragans dans ce secteur.

Sommes-nous plus à risque au Canada?

C'est certain que s'il y a plus de tempêtes dans l'Atlantique, cela augmente nos risques d'être touchés par une de ces tempêtes, lance le météorologue.

Qu'est-ce que le Canada pourrait améliorer pour mieux se préparer?

Les prévisions de trajectoires se sont grandement améliorées ces dernières années, en comparaison avec le passage de l'ouragan Juan en Nouvelle-Écosse en 2003, souligne M. Robichaud.

Un des problèmes qui demeurent, c'est la prévision d'intensité, qui est très difficile à prévoir, raconte le spécialiste.

L'intensité permet d'identifier les quantités de pluie et la force des vents prévus. Le développement technologique et de nouveaux radars météo continueront à améliorer les prévisions des ouragans.

La liste des noms d'ouragans pour la saison 2020 dans l'océan Atlantique.

La liste des noms d'ouragans pour la saison 2020 dans l'océan Atlantique.

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

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