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Des étudiants étrangers préoccupés par la rentrée scolaire en raison du manque d’emplois

Le visage de Towani Mutale.

Originaire de la Zambie, une étudiante de deuxième année à l’Université du Manitoba, Towani Mutale, cherche désespérément un emploi depuis le début de l’été.

Photo : Fournie par Towani Mutale

Radio-Canada

En raison de la rareté des emplois d’été due à la pandémie, des étudiants étrangers au Manitoba se disent préoccupés par la rentrée scolaire. Certains affirment ne pas savoir s’ils pourront payer tous leurs frais de scolarité et frais courants.

Towani Mutale, étudiante originaire de Zambie, qui est en deuxième année à l’Université du Manitoba, cherche désespérément un emploi depuis le début de l’été. Elle aurait aimé trouver un poste dans le service à la clientèle ou en saisie de données, mais le travail dans ces secteurs est rare ou inexistant cette année, dit-elle.

Ce n’est pas le genre d’été auquel je m’attendais, lance l’étudiante de 19 ans, qui habite sur le campus universitaire. Elle a pourtant reçu du soutien du service de conseil de l’Université dans sa démarche de recherche d’emploi infructueuse.

Les droits de scolarité de Towani Mutale et ses frais de logement par semestre sont estimés à environ 12 000 $, soit le double du montant que paie un étudiant canadien.

Bien qu’elle demeure optimiste, elle est dans une situation incertaine, qui a, selon elle, des conséquences sur sa santé mentale. Elle espère que la bourse qu'elle a obtenue et le soutien financier de ses parents lui permettront au moins de tenir pour la session d’automne.

Niveau record de stress

Selon la présidente de l’association des étudiants étrangers de l’Université du Manitoba, Amika Takahashi, le stress vécu par les étudiants étrangers cette année atteint un niveau record.

Le visage de Amika Takahashi.

Amika Takahashi, originaire du Japon, ne s’inscrira qu’à deux cours cet automne et espère passer plus d’heures à enseigner le japonais en parallèle pour aider sa famille.

Photo : Fournie par Amika Takahashi

Elle explique que beaucoup d’entre eux ont perdu leur emploi et que certains ne peuvent pas compter sur leurs parents, qui ont également perdu leur emploi dans leur pays respectif en raison de la pandémie. De plus, dit Amika Takahashi, dans certains pays, les banques sont fermées, ce qui empêche les parents qui ont encore de l’argent de faire des transferts à leur enfant au Canada.

Je m’inquiète pour la santé mentale des étudiants, dit-elle. Comment vont-ils faire face à toute cette pression sur eux sans aucun soutien familial ici ?

D'autres sont plus chanceux

Certains étudiants comme Zlata Odribets, originaire de Kiev, en Ukraine, et âgée 18 ans, se disent parmi les plus chanceux car, malgré la pandémie, leurs parents continueront à payer la totalité de leurs droits et frais de scolarité.

Zlata Odribets est en troisième année et prépare une double majeure en anglais et linguistique à l’Université du Manitoba. Pour la session de l'hiver dernier, le coût des cours était d’environ 14 000 $. Grâce à une bourse de recherche de premier cycle, elle a la chance d’avoir un travail qui lui permet d’avoir de l’argent, contrairement à plusieurs de ses camarades.

Je ne pense pas avoir souffert comme ceux qui ont perdu leur emploi et qui comptaient sur cette source de revenus pour payer les frais de scolarité ou qui ont eu une personne proche qui a eu la COVID-19, dit-elle.

Le visage de Zlata Odribets.

La seule tristesse de Zlata Odribets est de n’avoir pas reçu la visite de ses parents qui ne pouvaient pas voyager en raison de la fermeture des frontières.

Photo : Fournie par Zlata Odribets

20 % des étudiants à l'Université du Manitoba viennent de l'étranger

Afin d’assurer le respect des mesures prescrites par les autorités sanitaires pour empêcher la propagation de la COVID-19, l’Université du Manitoba n’ouvrira ses logements universitaires qu’à environ 45 % de leur capacité habituelle. L’administration privilégiera les chambres pour une personne sans sanitaires communs.

Les étudiants étrangers affirment que ce changement peut créer un autre défi pour eux, car trouver un logement en dehors du campus n’est pas toujours chose aisée.

L’année dernière, 20 % des étudiants inscrits à l’Université du Manitoba venaient de l 'étranger. Les revenus liés à leurs droits de scolarité s’élevaient à environ 80 millions de dollars, soit environ 40 % du total des revenus de scolarité de l’établissement. Les données pour la rentrée prochaine ne sont pas encore disponibles.

À l’Université de Winnipeg, les droits de scolarité de la population estudiantine venue de l'extérieur du pays s’élevaient à 15 millions de dollars pour l’année universitaire 2018-2019, soit un tiers de tous les fonds destinés aux droits de scolarité.

À l’Université de Brandon, le nombre d’inscriptions d’étudiants étrangers est presque égal aux chiffres de l’année dernière. En date du 15 juillet, 322 étudiants étrangers y étaient inscrits, contre 331 à la même période en 2019. Cependant, un porte-parole de l’établissement a indiqué qu’il n’avait pas la capacité de rendre compte du total des droits de scolarité collectés auprès des étudiants étrangers.

Avec des informations de Marianne Klowak

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