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Le premier cancer détecté chez un dinosaure soulève de nouvelles hypothèses

Un os de dinosaure sur une pierre.

Des chercheurs ont découvert dans un os de dinosaure un cancer qui touche encore aujourd'hui plus de trois humains sur un million.

Photo : La Presse canadienne / Georgia Kirkos

La Presse canadienne

Des chercheurs canadiens, dont des chirurgiens, des paléontologues et d'autres spécialistes, ont identifié ce qu'ils disent être le premier cancer connu chez un dinosaure. C'est un diagnostic dont la formulation a pris 75 millions d'années.

Non seulement la conclusion apporte-t-elle un éclairage sur ce qui est toujours l'une des maladies les plus redoutées de l'humanité, mais elle permet également de mieux comprendre comment les anciens lézards ont pu vivre ensemble et se protéger les uns les autres.

Les dinosaures sont perçus comme des créatures mythiques, plus grandes que nature et puissantes, dit David Evans, du Musée royal de l'Ontario, l'un des coauteurs d'un article sur la découverte publié par la revue scientifique The Lancet.

Mais c'étaient des animaux vivants, qui respiraient, qui souffraient des mêmes blessures et maladies que nous constatons aujourd'hui chez les animaux et les humains.

Le fossile du Centrosaur a été recueilli à l'origine dans les années 1970 dans un des lits de gisements de fossiles des badlands de l'Alberta. La région a fourni des centaines d'échantillons de ce dinosaure à cornes.

Les paléontologues ont initialement supposé qu'une excroissance sur un os de la jambe était le résultat d'une fracture. L'hypothèse n'a pas été remise en question jusqu'à une discussion fortuite entre David Evans et Mark Crowther, président de la faculté de médecine de l'Université McMaster et passionné de dinosaures.

Les deux scientifiques discutaient de preuves concernant les maladies des dinosaures. Cela les a conduits à une expédition au Royal Tyrrell Museum de l'Alberta, qui possède des centaines de fossiles qui montrent des signes de blessure.

L'équipe de recherche a finalement concentré son attention sur un os de jambe fossilisé.

L'os a été examiné par des spécialistes du cancer, soumis à une analyse microscopique et à une tomodensitométrie à haute résolution.

Il s'agit d'une lésion qui forme un os, explique le coauteur de l'étude Seper Ekthiari, un résident en chirurgie orthopédique de l'Université McMaster.

Cela a éliminé l'infection tout de suite parce que l'infection ne forme pas de nouvel os.

Ce n'était pas non plus une cassure réparée. Un nouvel os autour des fractures se forme en couches prévisibles.

L'os est très désorganisé et n'a pas de modèle clair, ajoute Seper Ekthiari.

La croissance s'étendait tout le long de l'os, ce qu'une cicatrice de fracture ne ferait pas. Des trous dans le fossile suggéraient de gros vaisseaux sanguins désordonnés, une déformation connue pour être formée par les tissus cancéreux.

Enfin, le fossile a été comparé à un os de jambe humaine atteint d'un cancer des os.

Il est frappant de constater à quel point les lames de microscope sont similaires, affirme Seper Ekthiari.

La conclusion a été qu'il s'agissait d'un ostéosarcome, un cancer qui touche encore aujourd'hui plus de trois humains sur un million.

Seper Ekthiari est d'avis que le dinosaure était très malade.

Une tumeur qui se serait étendue aussi loin chez un être humain aurait presque certainement formé des métastases ailleurs. Il est très probable qu'il a souffert.

Seper Ekthiari, coauteur de l'étude

Seper Ekthiari compatit avec la souffrance du dinosaure.

Nous avons tous un plan corporel similaire et nous avons tous un ancêtre commun. C'était probablement un animal herbivore doux essayant de suivre le troupeau.

Et pourtant, le cancer ne l'a pas tué, pas plus qu'un dinosaure carnivore affamé s'attaquant aux plus lents et aux faibles.

Comme le fossile a été trouvé avec beaucoup d'autres, David Evans est convaincu que le dinosaure malade est mort avec un grand nombre de ses semblables dans un événement naturel tel qu'une inondation, ce qui soulève une possibilité intrigante.

Nous savons que ces dinosaures étaient très sociaux, a-t-il déclaré. De nombreux dinosaures à cornes vivaient en grands troupeaux. Ils vivaient souvent avec des membres de leur famille élargie.

Il y a un avantage à vivre en groupe. Il ne serait pas surprenant pour moi que le troupeau ait protégé les êtres malades, faibles et boiteux.

Ce n'est qu'une hypothèse, ajoute David Evans. Mais ce ne serait pas impossible.

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