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Les organismes de bienfaisance craignent les répercussions du scandale UNIS

On voit les deux cofondateurs d'UNIS sur la scène, qui parlent au micro et saluent la foule.

Les deux frères fondateurs d'UNIS, Craig et Marc Kielburger, lors d'un événement « WE Day », à Toronto, en octobre 2014

Photo : La Presse canadienne / Hannah Yoon

La Presse canadienne

Les temps sont durs pour les organismes caritatifs en ces temps de pandémie. Pour ne rien arranger, le secteur des organismes sans but lucratif est soumis à la controverse entourant l'organisme UNIS.

Les activités de plusieurs organismes de bienfaisance ont été interrompues depuis l'hiver. Cela a réduit leurs revenus potentiels, surtout que les dons traditionnels ont chuté en raison de la crise économique.

Imagine Canada, qui milite pour le financement des organismes caritatifs, estime que leurs revenus ont baissé d'environ un tiers pendant la pandémie, car l'incertitude économique et le chômage élevé ont obligé les ménages à réduire leurs dépenses discrétionnaires.

La pandémie n'a fait qu'accélérer une tendance constatée depuis plusieurs années pour de nombreux organismes, qui ont commencé à chercher de nouvelles sources de revenus par le biais de la vente de biens et de services. Bruce MacDonald, chef de la direction d'Imagine Canada, estime que près de la moitié des revenus des organismes de bienfaisance au Canada proviennent maintenant de ces activités.

En 2016, les libéraux ont en effet permis aux organismes de bienfaisance et aux associations de sport amateur de s'impliquer de façon limitée dans une entreprise à but lucratif sans perdre leur statut d'organisme de bienfaisance. En 2018, un comité consultatif créé par le gouvernement a recommandé d'aller plus loin encore, en modifiant par exemple la fiscalité.

M. MacDonald souligne que les revenus provenant de tout ce qui n'est pas directement lié à l'oeuvre de l'organisme de bienfaisance doivent normalement passer par une filiale distincte, comme une entreprise d'économie sociale. Ces entités distinctes ne sont généralement pas soumises aux mêmes règles de transparence que les organismes de bienfaisance eux-mêmes, explique-t-il.

UNIS, le caillou dans la chaussure

Au cours de quatre heures de témoignage devant le Comité des finances de la Chambre des communes la semaine dernière, les cofondateurs d'UNIS, Craig et Marc Kielburger, ont indiqué qu'ils avaient lancé l’entreprise ME to WE, qui propose des produits équitables, des formations en leadership et des expériences de voyage de coopération pour ne pas enfreindre les règles de l'Agence du revenu du Canada. Ils ont soutenu sous serment que 100 % des bénéfices de l'entreprise étaient retournés aux activités caritatives.

Bruce MacDonald soutient que la structure complexe de l'organisme UNIS, avec ses multiples fondations et ramifications, n'est cependant pas représentative du secteur. Il déplore que les donateurs perdent confiance à mesure que des détails émergent sur UNIS.

Et avouons-le, la confiance, dans notre secteur, c'est primordial, affirme-t-il.

Les organismes caritatifs craignent aussi que les gouvernements hésitent à partir de maintenant à s'associer à eux par crainte de répercussions politiques. Le gouvernement ontarien a ainsi annoncé la semaine dernière qu'il ne renouvellerait pas un contrat avec UNIS.

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