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Fermeture de la frontière : des propriétaires s'inquiètent pour leurs résidences

Un petit chalet en bois dans la forêt.

En Ontario, de nombreux chalets appartiennent à des Américains qui ne peuvent y accéder (Photo d'archives)

Photo : iStock

Thilelli Chouikrat

La fermeture de la frontière entre le Canada et les États-Unis a mis des propriétaires des deux côtés de la frontière dans l'embarras.

En Ontario, de nombreux chalets appartiennent à des Américains qui ne peuvent y accéder en raison de la fermeture de la frontière canado-américaine.

Cette situation inquiète ces propriétaires qui doivent chercher des solutions pour entretenir leurs habitations.

L'île Pelée, une zone très touchée

Le problème se pose en particulier sur l'île Pelée, située dans l'extrême sud-ouest de la province. Près de 40 % des propriétés y sont détenues par des Américains.

La première fois que je suis allée sur [l’île Pelée], je me suis dit qu’un jour j’y achèterais une maison. J’ai ressenti une vraie connexion avec les lieux, explique Amy Weirick, une Américaine qui réside en Ohio.

Elle est tombée en amour avec les lieux lorsqu'elle était adolescente, et ne leur a fait aucune infidélité depuis.

Une femme et son fils devant une plage de l'île Pelée.

Amy Weirick, propriétaire d'un chalet, en compagnie de son fils sur l'île Pelée

Photo : Amy Weirick

Son souhait se réalise en mars 2019, mais il sera de courte durée. Elle achète une maison sur place, et y engage de nombreux travaux de rénovation.

Ne pas pouvoir s’y rendre depuis le mois de mars lui laisse un goût très amer.

C’est très déprimant, parce que c’est là que mon cœur se trouve, confie-t-elle.

Ça me rend triste de ne pas être sur place, et je m'inquiète aussi parce que j'y ai mis toutes mes économies.

Amy Weirick, propriétaire d'une maison sur l'île Pelée

L’impossibilité d’assurer l'entretien de la maison l’inquiète, d’autant que personne ne veille sur sa propriété en son absence.

La maison donne directement sur le lac, il y a des risques de tornades. S'il y a un dégât des eaux, je ne sais pas ce que je pourrai faire, s'inquiète-t-elle.

Elle explique ne pas avoir les moyens de payer une société pour s'occuper de sa résidence.

Elle ne comprend pas pourquoi l’accès à son chalet lui est interdit. Je paye des impôts pour cette maison, et je n’ai pas le droit d’y aller, s’offusque-t-elle.

Faire une exception pour ces propriétaires

Selon elle, une exception devrait être mise en place pour ces propriétaires. Elle assure alors qu’elle prendrait toutes les précautions nécessaires pour protéger les habitants de l’île.

La municipalité insulaire a d’ailleurs officiellement demandé en juin qu’une disposition exceptionnelle soit mise en place pour les propriétaires américains.

La municipalité demande une modification de la définition actuelle des voyages dits essentiels pour y inclure des fins de voyage liées à la maintenance et à l'entretien de biens au Canada qui appartiennent à des citoyens américains.

Les citoyens américains sont incapables d'accéder à leurs propriétés pour un entretien de routine et, par conséquent, beaucoup tombent dans un état de délabrement grave. Cette situation est aggravée par les niveaux records des lacs, indique la doléance, adressée à Justin Trudeau en juin.

Elle n’avait pas rencontré d’écho favorable la semaine dernière.

Mme Weirick a du mal à accepter la situation, d’autant qu’elle y voit un deux poids deux mesures.

Le transport des marchandises est OK, mais quelqu’un qui possède une maison ne peut pas [entrer au Canada]. [...] Ce que je comprends, c’est que les intérêts commerciaux sont protégés, mais pas les relations humaines.

Amy Weirick, propriétaire d’une maison sur l’île Pelée

David Assemany, un habitant de Détroit, ne peut pas non plus rejoindre son chalet à Tobermory.

Il a acheté ce bâtiment centenaire il y a vingt ans et, en temps normal, il s'y rend tous les mois.

Un homme souriant devant une pelouse.

David Assemany, propriétaire d'un chalet en Ontario

Photo : Dave Assemany

Même si cette situation lui pèse, il tient, en revanche, à rester aux États-Unis. Il précise d’ailleurs que le fait de ne pas pouvoir accéder à sa résidence secondaire n’est pas un problème majeur.

Je ne blâme pas le Canada pour sa décision de ne pas nous laisser venir. [Ici] c’est un désastre, nous ne gérons pas la situation correctement, explique-t-il. Il ajoute qu’il aime trop sa communauté canadienne d’adoption pour vouloir prendre le moindre risque d’y infecter quiconque.

En avril mes voisins m'ont appelé pour un problème avec mon toit, raconte-t-il. Il s'est occupé des travaux à distance, et envisage de faire appel à une société spécialisée pour veiller sur son chalet.

Des Canadiens aussi touchés

L’impossibilité d’accéder à sa propriété met aussi dans l’embarras des Canadiens, comme Towela Okwudire, une habitante de Windsor.

Une femme souriante est assise à une table. Des sacs et des prospectus sont sur la table.

Towela Okwudire possède une maison aux États-Unis

Photo : French Lit/Facebook

Elle possède une maison à Ann Arbor, au Michigan. Les locataires actuels vont bientôt déménager, mais nous n’avons pas encore trouvé de nouveaux locataires, explique-t-elle. Selon elle, la recherche risque d’être complexe à mener à distance.

Nous sommes un peu stressés par le fait qu’on a l’hypothèque à payer sans locataires.

Towela Okwudire, habitante de Windsor

Mme Okwudire a fait le choix de s’installer à Windsor parce que la ville jouxte la frontière. Pourtant, aujourd’hui, elle explique que l’impossibilité de se rendre aux États-Unis a complètement annulé cette proximité géographique.

C’est comme si on était à un million de kilomètres de distance. Maintenant je me questionne un peu sur la décision de garder la maison.

Towela Okwudire, habitante de Windsor

Elle affirme reconsidérer ses futurs plans d’achat et pourrait ne pas investir dans une nouvelle propriété aux États-Unis.

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