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En plein scandale financier, l'ex-roi Juan Carlos s'apprête à quitter l'Espagne

L'ancien roi Juan Carlos à Aranjuez, en 2019.

Soupçonné de corruption, l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos dit qu'il veut quitter son pays.

Photo : Reuters / Juan Medina

Radio-Canada

Soupçonné de corruption et sous le coup d'une enquête de la Cour suprême, l'ex-roi d'Espagne Juan Carlos a annoncé sa décision de quitter le pays dans une lettre adressée à son fils, le souverain Felipe VI, citée par la Maison Royale.

Guidé à présent par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que roi, je t'informe de ma décision réfléchie de m'exiler, en cette période, en dehors de l'Espagne, a écrit l'ancien souverain cité dans le communiqué de la Maison Royale, où le roi Felipe VI accepte et le remercie pour sa décision.

C'est une décision que je prends avec une profonde peine, mais une grande sérénité, poursuit l'ancien souverain dans sa lettre.

Selon le quotidien El Mundo, l'ancien souverain a déjà quitté le royaume.

Depuis quelques mois, Juan Carlos, âgé de 82 ans, est aux prises avec un scandale de corruption. Début juin, la Cour suprême espagnole avait annoncé l'ouverture d'une enquête pour établir si Juan Carlos avait une responsabilité pénale dans une affaire de corruption présumée avec l'Arabie saoudite.

Une enquête sur des commissions occultes touchées par Juan Carlos avait également provoqué une onde de choc en Espagne au mois de mars. Juan Carlos aurait transféré d’importantes sommes à une amie, ce qui est considéré par les enquêteurs comme une possible tentative de cacher l'argent aux autorités.

Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez avait alors qualifié ces révélations, liées à des enquêtes menées en Espagne et en Suisse, d'inquiétantes.

Éclaboussé par le scandale

Juan Carlos Ier a abdiqué en juin 2014 en faveur de son fils Felipe, alors que la fin de son règne a été ternie par différents scandales, et en particulier des soupçons sur sa fortune opaque et ses relations étroites avec la famille royale saoudienne.

La justice enquête sur ces faits depuis 2018, mais en vertu de l'immunité dont il bénéficie, seule la Cour suprême peut chercher à cerner la responsabilité de l'ancien monarque, aujourd'hui âgé de 82 ans, et uniquement pour des faits commis après son abdication.

L'enquête avait échu au parquet du haut tribunal puisqu'une des personnes impliquées dans les faits visés par l'enquête était alors le roi, l'actuel souverain émérite Juan Carlos de Bourbon, avait indiqué en juin la Cour suprême.

Cette enquête vise précisément à établir ou à écarter la pertinence d'une poursuite pénale des faits survenus après le mois de juin 2014, date à laquelle le roi émérite a cessé d'être protégé par l'inviolabilité, a ajouté le parquet dans un communiqué.

Le dossier avait été ouvert en septembre 2018 à la suite de la publication d'enregistrements de l'ancienne maîtresse de Juan Carlos, Corinna Zu Sayn-Wittgenstein, qui affirmait que le souverain avait encaissé une commission pour la concession d'un contrat de 6,7 milliards d'euros pour la construction d'un train à grande vitesse entre La Mecque et Médine à un consortium d'entreprises espagnoles.

Il s'agirait d'un éventuel délit de corruption dans les transactions commerciales internationales, avait alors signalé le parquet.

Le quotidien suisse Tribune de Genève a affirmé début mars que Juan Carlos avait reçu, en 2008, 100 millions de dollars du roi Abdallah d'Arabie saoudite, sur un compte en Suisse d'une fondation panaméenne. Le même mois, le quotidien The Daily Telegraph rapportait que Felipe VI était également bénéficiaire de cette fondation.

Après la publication de ces articles, Felipe VI a retiré à son père une dotation annuelle du Palais royal évaluée à plus de 194 000 euros par an. Puis il a annoncé qu'il renonçait à l'héritage de son père afin de préserver l'exemplarité de la Couronne.

Le 15 mars, le roi Felipe VI décidait de priver son père de l'allocation annuelle de près de 200 000 euros qu'il recevait de l'État.

Au service de l'Espagne

Il y a un an, je t'avais exprimé ma volonté et mon désir d'abandonner les activités institutionnelles, rappelle Juan Carlos dans sa missive, affirmant avoir toujours voulu le meilleur pour l'Espagne et la couronne.

Avec la même ardeur que pour servir l'Espagne lors de mon règne, et devant les conséquences publiques de certains événements passés de ma vie privée, je souhaite t'exprimer ma disponibilité la plus absolue afin de contribuer à faciliter l'exercice de tes fonctions, avec la tranquillité et la sérénité que requiert ta haute responsabilité. Mon héritage, et ma dignité en tant que personne me le commandent, écrit-il également.

Sur son site où a été publiée la lettre officielle, la Maison Royale précise que le roi Felipe IV a souligné l'importance historique du règne de son père au service de l'Espagne et la démocratie, tout en réaffirmant les principes et valeurs sur lesquels celles-ci sont basées, la Constitution et notre ordonnancement juridique.

Avec les informations de Agence France-Presse

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