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Québec annonce un plan d’aide de 6 M$ pour les salles de spectacle

Des musiciens et musiciennes sur la scène d'une salle de spectacle vide.

L'Orchestre symphonique de Québec, sur la scène du Grand Théâtre de Québec

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un programme d'aide temporaire aux salles de spectacle a été lancé lundi matin par le ministère de la Culture et des Communications. Ce plan est doté d’un financement maximal de 6 millions de dollars, qui provient du plan de la relance économique du milieu culturel dévoilé en juin.

Ces mesures d’aide visent à soutenir, de manière exceptionnelle et circonstancielle, le maintien d'un parc essentiel de lieux de diffusion de spectacles musicaux ou de variétés sur le territoire québécois, selon le communiqué.

Elles prévoient notamment un accompagnement des salles de spectacle privées et alternatives qui font face à une crise de liquidité en raison de la crise de la COVID-19.

Ce nouveau programme, également destiné à faciliter la relance des activités de diffusion de spectacles, est annoncé le jour du passage du nombre de personnes autorisées dans les lieux publics intérieurs de 50 à 250. Dans les salles de spectacle et les cinémas, la distance peut être réduite à 1,5 mètre entre les membres du public. Les artistes doivent toutefois maintenir un écart de 2 mètres entre eux.

La gestion du programme, qui est réservé aux salles disposant de 2500 places au maximum, a été confiée à la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Des gens regardent un film dans une petite salle de cinéma.

Une aide nécessaire 

On est très chanceux de pouvoir compter sur cet argent au Québec, souligne Michel Sabourin, président du Club Soda, comparant la situation des salles québécoises à celles de Toronto ou de Vancouver, qui ne bénéficient pas pour le moment d’un appui similaire de la part de leur gouvernement provincial.

En plus d’être à la tête du Club Soda, une salle montréalaise qui accueille habituellement des concerts et des spectacles d’humour, il est membre de l’Association des salles de spectacles indépendantes du Québec (ASSIQ), lancée au printemps dernier.

Cette aide est un cadeau du ciel pour que les salles existent encore quand les choses reviendront à la normale.

Michel Sabourin

On a besoin d’aide pour continuer à exister, affirme également Bernard-Y. Caza, directeur général et artistique du Vieux Clocher de Magog.

En entrevue sur RDI, il s’est dit heureux de la mise en place de ce programme.

Les lieux de diffusion culturelle ont besoin de soutien pour faire face à l’ensemble des frais fixes, notamment les loyers et les assurances, dont ils doivent s'acquitter.

J’ai besoin de 60 000 dollars par mois, au minimum, pour payer les frais fixes, explique Michel Sabourin.

De plus, la rentabilité des salles est affectée par la réduction de leur capacité d’accueil imposée par les règles de distanciation physique. 

[Notre] salle de 400 places n’est rentable qu’à partir de 75-80 % [de sa capacité], a indiqué Bernard-Y. Caza.. 

Or le Vieux Clocher de Magog ne pourra accueillir qu’environ 200 personnes à partir de lundi soir, afin de respecter la règle du 1,5 mètre de distance entre les personnes de l’assistance. 

À 50 % [de capacité], on n’arrive pas à payer tous les frais fixes d’une année. Au moins, on est là pour [faire ce] pour quoi on existe, a-t-il ajouté.

Un programme suffisant?

Josée Roussy, présidente du conseil d’administration du Réseau des organisateurs de spectacles de l'Est du Québec (ROSEQ), reçoit également cette annonce avec bonheur. Toutefois, les détails du plan n’ayant pas encore été communiqués, elle ne sait pas s’il suffira à répondre aux besoins des lieux diffuseurs de spectacles. 

Quasiment aucun spectacle n’est donné depuis la mi-mars, rappelle-t-elle. Ce sont des millions de dollars qui ont été perdus et c’est tout un écosystème qui a été déstabilisé.

De son côté, Michel Sabourin s’interroge davantage sur l’évolution de la situation à plus long terme. Combien de temps cet argent va-t-il permettre de durer? , se demande-t-il. 

Selon lui, des propriétaires de salles de spectacle pourraient être tentés de vendre leurs édifices à des promoteurs immobiliers, surtout à Montréal où la pression immobilière est forte. Et la métropole québécoise pourrait alors observer une disparition de véritables institutions de la culture montréalaise à l’image des années 1970, qui avaient vu s’éteindre des cinémas mythiques, comme le Capitol, le Loew’s ou encore le Palace. 

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