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L’Iran suspecté de dissimuler le bilan des décès liés à la COVID-19

Une femme portant un masque de protection s’occupe d’un enfant malade dans un hôpital en Iran.

Selon une enquête de la BBC, des données indiqueraient que près de 42 000 personnes sont mortes de la COVID-19 entre le 19 janvier et le 20 juillet 2020. Or, Téhéran en déclare 14405 pour cette même période.

Photo : Reuters / Wana News Agency

Radio-Canada

Le nombre de morts de la COVID-19 en Iran pourrait être trois fois plus élevé que ce que prétend le gouvernement, selon une enquête diffusée lundi par la BBC. Ces allégations ont été démenties par les autorités sanitaires iraniennes, qui affirment qu’il n'y a eu aucune dissimulation dans les bilans officiels.

Des informations détaillées concernant les admissions quotidiennes dans les hôpitaux iraniens depuis le début de l’épidémie ont été envoyées à la BBC par l’entremise d’une source anonyme. Selon le média britannique, ces données – qui sont en la possession du gouvernement – indiqueraient entre autres que, jusqu'en date du 20 juillet, près de 42 000 personnes sont mortes après avoir contracté la COVID-19, contre 14 405 décès déclarés par le ministère de la Santé pour la même période.

Ces documents montreraient également que le nombre de personnes infectées durant ces mêmes dates représente presque le double des chiffres officiels, soit en réalité 451 024 cas contre 278 827 annoncés par Téhéran.

Par ailleurs, un premier décès dû à la COVID-19 a été enregistré dès le 22 janvier en Iran, selon les listes et dossiers médicaux consultés par la BBC, mais le gouvernement iranien n’a annoncé son premier cas officiel de coronavirus qu’un mois plus tard, soit le 19 février.

Lors de cette première reconnaissance officielle, 52 personnes étaient déjà décédées, selon la BBC.

Des irrégularités dans les données

Depuis l'apparition du virus en Iran, de nombreux observateurs ont mis en doute les chiffres officiels. Et bien que ces chiffres fassent toujours de l'Iran le pays le plus touché au Moyen-Orient, il ne fait plus de doute pour le média britannique que les annonces gouvernementales sont revues à la baisse et que des irrégularités subsistent dans le traitement des données entre les niveaux national et régional.

Si une sous-estimation des bilans en lien avec la pandémie a été constatée partout dans le monde en raison du manque de tests, les autorités iraniennes ont donné des chiffres quotidiens nettement inférieurs, malgré le fait qu'elles aient connaissance de ces registres. Dès la mi-mars, le nombre de morts était cinq fois supérieur au chiffre officiel, avance la BBC.

Le média britannique suggère que ces données ont été délibérément supprimées.

De son côté, le ministère de la Santé iranien affirme que les rapports du pays avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant le nombre de cas de coronavirus et de décès sont transparents et qu'il n'y a aucune omission.

Les documents révèlent en outre un nombre disproportionné de décès parmi les migrants et les réfugiés, pour la plupart originaires de l'Afghanistan. Téhéran, la capitale, enregistre le plus grand nombre de décès, mais la ville de Qom, épicentre initial de l’épidémie en Iran, est toujours proportionnellement la plus touchée.

Recrudescence des cas

L'Iran a introduit au cours des derniers mois des mesures pour tenter de freiner la propagation du coronavirus. Mais à mesure que les restrictions gouvernementales ont été assouplies, le nombre de cas et de décès a augmenté dès la fin mai. Si bien que ces dernières semaines, le pays a connu une très forte recrudescence de cas.

La télévision d'État a notamment montré de nombreux Iraniens dans les rues de Téhéran, sans masque et ne respectant pas la distanciation sociale. Or, depuis la mi-juillet, le port de masques en public et dans les espaces couverts est obligatoire.

Dans son bilan quotidien, le ministère de la Santé faisait état lundi de 215 nouveaux décès dus à la maladie au cours des dernières 24 heures. Le nombre de cas confirmés avait augmenté de 2598 pour atteindre 312 035. Et il estimait à 17 405 le nombre total de morts dans l'ensemble du pays.

Par ailleurs, le groupe de travail national iranien de lutte contre les coronavirus doit statuer lundi sur le sort des examens nationaux dans les universités, qui doivent avoir lieu en août et accueillir plus d'un million de participants. De nombreux Iraniens ont demandé leur report.

Avec les informations de BBC, et Reuters

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