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Moores ferme ses deux succursales de Gatineau

La façade d'une boutique Moores.

Le magasin Moores du boulevard de la Gappe.

Photo : Radio-Canada / Roxane Léouzon

Radio-Canada

La crise qui secoue le monde du commerce au détail, exacerbée par la pandémie de COVID-19, a fait de nouvelles victimes. La chaîne de vêtement pour hommes Moores a fermé ses deux succursales gatinoises, alors que la maison-mère évoque que l’industrie est aux prises avec des perturbations sans précédent.

Les magasins, situés sur les boulevards du Plateau et de la Gappe, ont mis la clé sous la porte samedi, selon ce que des employés contactés par téléphone ont affirmé à Radio-Canada.

Un message collé à une porte disant que le magasin Moores est fermé et que les clients peuvent se rendre au 1435, promenade Trainyards pour magasiner.

Les magasins Moores de Gatineau ont fermé samedi. Les clients peuvent cependant se rabattre sur les succursales d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Roxane Léouzon

Ces fermetures ne représentent toutefois qu’une fraction des compressions effectuées par la compagnie Tailored Brands, à qui appartient Moores, pour tenter de survivre à la débâcle économique engendrée par la crise sanitaire.

Au début de mois de mars, les actions de l’entreprise se vendaient à environ 3,50 $ chacune. Le prix n’a cessé de dégringoler depuis. À la fermeture de la bourse de New York vendredi, les actions ne valaient plus que 31 cents.

La société a indiqué, à la fin du mois de juillet, qu’elle avait identifié 500 magasins qu’elle pourrait potentiellement fermer dans le cadre de ses efforts de restructuration. Qui plus est, Tailored Brands entend éliminer environ 20 % de ses postes corporatifs.

Les temps sont également difficiles pour les plus petits détaillants de vêtements chics pour hommes, observe le copropriétaire de la boutique Mathew Charles, Pierre Lortie. Il y a peu d'événements spéciaux, de mariages, de graduations avec la COVID-19. Les gens sont en télétravail, constate-t-il.

Il faut vraiment que les entreprises pensent à faire un pivot. Alors que ce soit Moores, que ce soit les centres de conditionnement, tout ce qui a pignon sur rue doit se réévaluer, croit pour sa part la directrice générale du regroupement des gens d'affaires de la capitale nationale, Lise Sarazin. Il faut faire ce changement étant donné que nous en retournerons pas à ce qu’on était dans le passé.

Une entreprise forcément en difficulté

Le professeur de marketing à la retraite de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Normand Bourgault, est d’avis que les produits offerts par la chaîne Moores se vendent de moins en moins bien.

Selon lui, Moores est dans un créneau de marché qui est le plus difficile, étant donné qu’il est un magasin de moyen de gamme, et qu’il vend un produit qui est en perte de vitesse.

Vestons, cravates et complets sont populaires chez une clientèle limitée, estime M. Bourgault.

Le type de vêtement que vend Moores est encore populaire chez des gens de classe très aisés. En période de crise, les gens riches demeurent riches, les gens moyens s’appauvrissent, et les pauvres demeurent pauvres, explique-t-il.

Il ajoute que les personnes riches n’iront pas acheter dans un magasin moyen de gamme.

Une entreprise comme Moores qui vend du moyen de gamme dans un marché en voie de rétrécissement, tout au moins, est une entreprise qui est forcément en difficulté

Normand Bourgault, professeur de marketing à la retraite de l’UQO

M. Bourgault souligne également que l’entreprise a évolué avec ses clients. Maintenant, les clients prennent leur retraite, alors l’entreprise est un peu à la retraite, dit-il. Il faut qu’elle crée tout à coup une toute nouvelle entreprise, une toute nouvelle image, et créer une nouvelle image en délogeant une ancienne. C’est plus difficile encore que de créer à partir de zéro une nouvelle image.

Le professeur à la retraite ajoute qu’il serait difficile de remettre l’entreprise au goût du jour. Il y a peu d’histoire à succès d’entreprises dans le domaine du vêtement qui réussissent à passer ce cap-là.

Comme la région d’Ottawa et de Gatineau compte un grand nombre de fonctionnaires, elle fait peut-être partie des marchés où l’entreprise pourrait connaître le plus de succès, indique M. Bourgault. Toutefois, il y a de la concurrence.

Il reste qu’il y a aussi des magasins qui font du sur mesure, et qui ont des marques de prestiges, et ce sont ces marques-là qui risquent de prendre presque l’ensemble du marché, conclut-il.

Avec les informations de Roxane Léouzon

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