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Le paradis terrestre de Roger Léveillé

Roger Léveillé fait face à la caméra

L'écrivain franco-manitobain Roger Léveillé

Photo : Radio-Canada / Courtoisie : Roger Léveillé

Avec son nouveau roman, Ganiishomong ou L’extase du temps, l’écrivain franco-manitobain Roger Léveillé tente de circonscrire en mots la beauté simple des lieux. Joint au téléphone, l’écrivain livre les origines de ce nouveau livre.

Ganiishomong signifie la voie entre deux eaux en langue cri. C’est là que l’écrivain passe ses étés, un endroit hors du temps, tout près de Saint-Laurent.

Sur le bord du lac Manitoba ou du lac du Manitou, comme il l’appelle, l’écrivain erre sur la grève comme le plus heureux des hommes.

L’endroit dont on parle, c’est un lieu paradisiaquem dit-il. Pourtant, comme on le sait, on s'est fait mettre à la porte du paradis il y a longtemps. Moi je trouve la clé du paradis dans ce lieu.

Avec ce roman, il tente de circonscrire la beauté du paysage en démontrant qu’elle est universelle. Ainsi, en citant des auteurs d’un autre temps et d’un autre monde, tout le ramène à l’instant présent et à ce qui l’entoure.

Ce lieu-là peut rejoindre d’autres géographies, en Inde, au Japon, en Chine. Je cite des textes d’un peu partout pour démontrer que l’essence du monde, on le retrouve un peu partout au final.

Présocratiques, moines zen et taoïstes rejoignent ainsi certains écrivains français, comme Philippe Sollers et Roland Barthe, dans cette courtepointe de citations que l’auteur donne à lire. Comme si chaque fragment d’oeuvre permettait de créer des chambres d’écho entre ici et l’ailleurs.

Le grand érotisme de l’univers peut se réconcilier avec la sagesse spirituelle de tous les penseurs et de toutes les religions qui n’ont jamais existé, lance ainsi Roger Léveillé.

On y retrouve aussi certains mélomanes, qu’on pense aux compositeurs, comme Bach et Mozart, et à certains interprètes, comme Gould et Jarrett, qui font quelques apparitions.

Si certains lecteurs pourraient être rebutés par la multiplication des voix que Léveillé convie dans son livre, au final la ligne directrice du roman est simple. Il suffit de s’y abandonner.

Les disciplines artistiques se mêlent et même si le sujet du roman semble complexe, il est aussi très simple.

Pour lui, c’est une lecture estivale parfaite, un livre écrit en été, qui porte la saison en chacune de ses pages.

J’aimerais que l’on retienne la fluidité et la souplesse de l’écriture qui en font un roman qui se lit en plein été. L’été est présent dans chacun des mots véhiculés dans le roman.

S’il s’agit du premier roman en 17 ans pour l’écrivain, il a tout de même écrit 13 livres pendant cette période. Pour l’auteur, la forme s’impose elle-même. Il ne décide pas sous quelle forme il écrit, ses créations sont souveraines.

Il y a des gens qui se considèrent comme romanciers, d’autres comme poètes. Moi, je me considère d’abord comme écrivain et puis l’écriture qui vient vers moi, dans laquelle je m'engage, elle prend la forme qui s’impose, c’est l’écriture qui dicte la forme qu’elle va prendre.

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