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Un déclin de la population de moustiques inquiète des experts

Un moustique se pose sur une main humaine.

La diminution des populations de moustiques n'est pas de bon augure pour l'environnement, selon des experts.

Photo : iStock

Radio-Canada

Un déclin des populations de mouches et de moustiques se fait remarquer au Nouveau-Brunswick cette année. Même si les amateurs de plein air profitent de cette baisse, il ne s’agit pas d’une bonne nouvelle pour l’environnement, selon des experts.

Le professeur en écologie des insectes Gaétan Moreau a remarqué que les insectes de type petites bestioles se font plus rares, cet été. Normalement, à ce temps-ci de l’année, il devrait être couvert de chrysomèles et j’ai eu de la difficulté à en trouver une seule, s’étonne-t-il.

Gaétan Moreau devant un étang.

Le professeur Moreau explique que la baisse de la population de certains types de mouches est notamment dû au temps sec.

Photo : Radio-Canada

La raison de cette raréfaction, selon lui? Les conditions météorologiques inhabituelles depuis quelques mois.

On a eu un temps très sec, conséquences pour l’agriculture, mais beaucoup d’organismes dépendent de l’eau, dont le moustique. Pourquoi vous avez des moustiques chez vous? C’est qu’au fond de votre terrain, il y a peut-être un endroit plus humide, et c’est suffisant pour qu'ils viennent s’y reproduire, explique le professeur Moreau.

Si l’absence des hannetons et des maringouins se fait remarquer cette saison, ce n’est pas vrai pour tous les types de mouches. Toutes choses étant égales par ailleurs, quand quelque chose baisse, il y a d’autres organismes qui vont tenter de prendre le dessus, souligne M. Moreau.

Selon l’expert, la présence du type de mouches qui piquent les humains, dont les hannetons et les maringouins, dépend de la présence d’eau. Toutefois, la population des mouches qui ne s’attaquent pas aux humains, comme les mouches à viande et les mouches à chevreuil, n’en dépendent pas et sont plus abondantes cette année.

Un signe inquiétant

Si certains randonneurs peuvent se promener en forêt en évitant des piqûres, cette baisse d’insectes a cependant de graves conséquences sur les écosystèmes de la région, selon l’ornithologue Alain Clavette.

Alain Clavette en entrevue à l'extérieur.

La baisse de la population d’insectes pourrait avoir de graves conséquences sur les écosystèmes, selon l'ornithologue Alain Clavette.

Photo : Radio-Canada

Si tu es un oiseau et que ta première source de nourriture est des insectes en vol, bien, il y a un problème pour ces populations-là et on pourrait être appelés à les voir complètement disparaître, affirme-t-il.

Et l’Homme, en plus du climat, aurait aussi sa part du blâme, croit M. Clavette. Il y a eu des générations et des générations d’utilisation de pesticides, de produits chimiques, et même si on a changé nos façons de faire dans les derniers 10 ans, les effets de ce qu’on a fait 20 ans passés commencent à se faire sentir dans les chaînes écologiques, souligne-t-il.

Le professeur Gaétan Moreau s’inquiète aussi des conséquences à long terme sur l’environnement. Quand il y a un déclin des pollinisateurs et qu'un champ n’a pas un pollinisateur à perte de vue... il faut se poser des questions sur ce qu'on est en train de faire, dit-il, préoccupé.

En fin de compte, le prix à payer pour des soirées d'été sans moustique est peut-être plus élevé qu'on l'imagine.

D'après le reportage de Laurianne Croteau

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