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Une traversée de la Gaspésie en solo pour lutter contre la dépendance

Charles Lapointe, dans les montagnes gaspésiennes.

Charles Lapointe a entrepris un périple de 650 kilomètres sur le Sentier international des Appalaches (SIA).

Photo : Courtoisie de Charles Lapointe

Geneviève Genier-Carrier

Parcourir 650 km sur le Sentier international des Appalaches (SIA), c'est le défi qu'a relevé Charles Lapointe pour déstigmatiser les problèmes de santé mentale et la dépendance.

J'avais besoin d'un gros défi. J'avais l'impression que pour reprendre ma vie en main, il fallait que je me prouve que j'étais capable de faire quelque chose de grand.

Charles Lapointe

À 30 ans, Charles Lapointe souhaite se reconstruire après plusieurs années de combat contre la maladie mentale et la dépendance à l'alcool. Il veut aussi monter l'importance des ressources d'aide.

J'ai fait moi-même deux séjours au Centre de réadaptation en dépendances de Montréal. Je sais comment c'est important d'avoir quelqu'un qui t'écoute sans te juger.

Il entreprend donc de préparer une longue randonnée de 40 jours sur la partie québécoise du SIA, qui traverse de part en part la péninsule gaspésienne.

Des cartes du SIA et du parc national de la Gaspésie.

Avant d'entreprendre ce périple en solo à travers la Gaspésie, Charles Lapointe a dû préparer son parcours à l'aide de cartes et des informations disponibles sur les différents tronçons.

Photo : Courtoisie de Charles Lapointe

Il y a des guides que le SIA met à la disposition des randonneurs. Physiquement, l'important, c'est de marcher le plus possible avant de partir, s'assurer qu'on connaît bien l'équipement qu'on a, dit-il.

Carte du sentier international des Appalaches, section Québec.

Carte du sentier international des Appalaches, section Québec

Photo : SIA

Charles Lapointe se rend d'abord à Matapédia, où il entreprend le début de son périple qu'il appelle le Sentier de l'espoir, le 24 juin.

Au départ, il faut que tu fasses attention pour ne pas en faire trop, même quand tu te sens bien, dit-il. Parce que ça peut arriver vite que tu te rendes compte que tu en as fait trop.

Charles Lapointe, dans le parc national de la Gaspésie.

Le SIA traverse le parc national de la Gaspésie.

Photo : Courtoisie de Charles Lapointe

Parcourant en moyenne 15  kilomètres par jour, il traverse la Matapédia, puis la réserve faunique de Matane pour rejoindre les sentiers du parc national de la Gaspésie.

Des fois, 15 km, c'est une petite journée, des fois, c'est énorme. Il y a des secteurs qui sont très montagneux ou rocheux, alors que d'autres empruntent des sentiers de VTT.

Charles Lapointe doit aussi planifier ses couchers et ses ravitaillements dans cette aventure en solo.

Une tente posée sur une plateforme.

Charles Lapointe planifie ses arrêts pour la nuit en fonction des abris et des plateformes disponibles le long du sentier.

Photo : Courtoisie de Charles Lapointe

Le plus gros défi, c'est de loin de ne pas avoir d'ami qui est là, à côté, pour partager tes émotions.

Charles Lapointe

Pour partager son expérience au fil des jours et vaincre la solitude, il tient un journal et publie des notes sur les plateformes numériques lorsqu'il a accès à Internet.

Charles Lapointe tient un journal quotidien qu'il partage sur les réseaux sociaux.

Charles Lapointe tient un journal quotidien qu'il partage sur les réseaux sociaux.

Photo : Courtoisie de Charles Lapointe

Ça aide, de pouvoir le faire sur les réseaux sociaux. Mais quand ça va mal, que tu es tout seul, qu'il pleut, qu'il est tard, et qu'il y a quelque chose qui se passe, ça, c'est extrêmement difficile.

Au fil des kilomètres, Charles Lapointe explore un territoire inconnu, fait des rencontres, teste ses limites : une expérience parfois éprouvante, mais riche à la fois.

Ma plus grosse leçon à date, c'est que j'ai l'impression de m'améliorer à chaque jour. D'être moi-même, et de faire confiance que je vais être assez débrouillard pour trouver une solution s'il y a un problème.

Charles Lapointe, sur le Sentier international des Appalaches.

Charles Lapointe, sur le Sentier international des Appalaches

Photo : Courtoisie de Charles Lapointe

Après le parc de la Gaspésie, Charles Lapointe parcourt l'arrière-pays de Mont-Saint-Pierre et de Mont-Louis, les côtes de Madeleine, le littoral de la Côte-de-Gaspé pour terminer son voyage à Cap-Gaspé.

Je veux montrer concrètement que ça vaut la peine d'espérer du mieux dans notre vie, même quand on est dans une situation qui a l'air désespérée.

Les fonds amassés en cours de route seront remis à la Fondation du Centre de réadaptation en dépendances de Montréal.

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Santé mentale