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Bond de la consommation d’électricité résidentielle au Québec et en Ontario depuis le début de la pandémie

Des pylônes électriques.

La consommation générale d'électricité dans les deux provinces a cependant diminué à cause du ralentissement des secteurs commerciaux et industriels (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La pandémie de COVID-19 a eu bon nombre d’impacts sur le porte-monnaie des citoyens, et les comptes d’électricité ne font pas exception. La consommation d’électricité résidentielle a bondi d’environ 4,27 % au Québec et de 15 % en Ontario depuis le début de la crise sanitaire en mars dernier, constatent des sociétés productrices d’énergie des deux provinces.

Le fait que beaucoup de gens ne se réveillent plus en même temps, ne reviennent plus à la maison en même temps, ne fassent plus le repas en même temps, on l’a constaté, note le porte-parole d’Hydro-Québec, Cendrix Bouchard.

Les foyers québécois ont consommé exactement 4,27 % plus d’électricité entre mars et juillet 2020 qu’à pareille date l’an dernier, souligne la société d’État. La situation en Ontario est très semblable : les ménages ont utilisé 4 % plus d’électricité, souligne dans un courriel Hydro-Ottawa.

Des compteurs électriques

Les foyers consomment plus d'électricité depuis le début de la pandémie en grande partie à cause du télétravail (archives).

Photo : Radio-Canada / Danny Gosselin

L’augmentation est toutefois plus marquée en Outaouais, où les ménages ont accru leur consommation de 7 %. Ce bond plus important n’étonne pas le professeur associé au département de science économique de l’Université d’Ottawa, Jean-Thomas Bernard, considérant le profil économique particulier de la région.

Jean-Thomas Bernard, professeur au département de Sciences économiques à l'Université d'Ottawa.

Jean-Thomas Bernard croit que beaucoup de gens vont continuer de faire du télétravail même après la crise, ce qui aura un impact sur la consommation d'électricité à plus grande échelle et à plus long terme (archives).

Photo : Radio-Canada

En Outaouais, la grande industrie, c’est les services gouvernementaux. Or, on sait que les gouvernements ont fermé complètement, explique-t-il. Donc, les employés du gouvernement continuent de travailler à la maison. Ça amène un usage du matériel informatique à la maison beaucoup plus élevé, ajoute le Pr Bernard.

Se rafraîchir, sans faire exploser sa facture d’électricité

En raison des vagues de chaleur qu’a connues la région, plusieurs ménages ont fait fonctionner air climatisé et ventilateur à plein régime.

La directrice générale de l’Association coopérative d’économie familiale de l’Outaouais (ACEF), Berthine Jean Glouzon, estime qu’il existe trois principales stratégies permettant de limiter les coûts d’électricité en période de chaleur.

D’abord, elle conseille de diminuer ses besoins en rafraîchissement. On va aussi éviter de cuisiner la journée avec le four qui va produire de la chaleur, qui fait qu’on a besoin de refroidir plus.

Ensuite, elle propose de réduire sa consommation. Quand on est absent, il n’y a aucun besoin que les appareils fonctionnent. La nuit, on laisse nos appareils en mode veille en se disant que ça n’en consomme pas d’énergie, et bien c’est faux : ça consomme de l’énergie. Donc il faut aussi éteindre ses appareils pendant la nuit, explique la directrice générale.

De plus, les piscines peuvent représenter jusqu’à 70 % de la facture pendant la saison estivale, selon elle.

Une autre astuce serait de mettre une minuterie pour le chauffe-eau ou la pompe de 6 à 12 h. On va couper les coûts pratiquement de moitié, et utiliser une toile solaire, ça garde la chaleur du chauffe-eau, dit-elle.

Finalement, lors de travaux ou rénovation, Mme Jean Glouzon indique qu’il faut éviter les surfaces sombres puisqu’elles captent la chaleur.

Utilisez des planchers qui vont être pâles, un toit qui est pâle et ça va éviter que le soleil nous tape trop dessus, trop sur la maison, parce qu’après, les murs vont relâcher la chaleur dans la maison pendant la nuit, souligne-t-elle.

Berthine Jean Glouzon, en entrevue devant la rivière des Outaouais

Selon Mme Jean Glouzon, les piscines peuvent représenter jusqu’à 70 % de la facture pendant la saison estivale.

Photo : Radio-Canada

Évitez d’ouvrir les fenêtres le jour, mais ouvrez-les pendant la nuit, parce que les températures baissent beaucoup le soir  

Berthine Jean Glouzon directrice générale de l’ACEF de l’Outaouais

Planter des arbres à deux mètres des fenêtres est aussi une façon d’économiser en électricité. Ce qu’on va aller faire, c’est d’essayer de planter des arbres à 2 mètres de toutes les fenêtres qui sont [au] sud, donc qui sont exposées au soleil. L’hiver, comme le soleil est plus bas et que les arbres n’ont pas de feuilles, on veut que le soleil entre. Quand l’été arrive, il y a des feuilles et elles font de l’ombrage sur les fenêtres.

Une consommation générale à la baisse

Même si les foyers de part et d’autre de la rivière des Outaouais consomment plus, le bilan de la consommation générale des deux provinces est à la baisse. Le Québec, dans son ensemble, a utilisé 5,04 % moins d’électricité entre la mi-mars et la fin juillet. La consommation en Ontario, elle, a dégringolé de 10 % à 12 %.

Ce phénomène est principalement attribuable à l’arrêt ou au ralentissement des activités commerciales et industrielles durant le confinement. Moins de consommation — particulièrement chez ces grands clients — rime avec moins de revenus, prévient M. Bernard.

Moins de revenus, ça veut dire moins de profits. Moins de profits, ça veut dire moins de dividendes versés à l’actionnaire, et dans ce cas-ci, l’actionnaire, ce sont les gouvernements.

Jean-Thomas Bernard, professeur associé au département de science économique de l’Université d’Ottawa

Hydro-Québec, par exemple, estime que la chute de consommation imputable aux mesures de confinement représente des pertes de vente d’environ 155 millions de dollars. Avec la reprise, on voit que les choses rentrent lentement dans l’ordre, si on avait un hiver très froid et on avait plus de consommation, ça viendrait peut-être compenser tout ça d’une certaine façon, note Cendrix Bouchard.

Quant à une hausse des tarifs, le professeur Bernard est d’avis que c’est une option difficilement envisageable dans le contexte actuel du marché de l’électricité. Il faut prendre en compte que présentement, on est dans une période de surplus d’électricité, explique-t-il. Les prix à l’exportation sont quand même très faibles […] parce que la demande n’est pas là.

Avec les informations de Roxane Léouzon

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