•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pandémie : le Canada a livré du matériel dans toute l'Amérique centrale

David Beasley en entrevue.

Le directeur général du Programme alimentaire mondial des Nations unies, David Beasley, souligne que la pandémie de COVID-19 a indirectement occasionné un triplement de la faim en Amérique centrale.

Photo : Associated Press / Gregorio Borgia

La Presse canadienne

La pandémie de COVID-19 a considérablement augmenté le nombre de personnes souffrant de la faim en Amérique latine, ce qui pourrait déclencher un nouvel exode vers le nord, prévient le directeur général du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies.

L'avertissement de David Beasley survient au moment où l'Aviation royale canadienne se préparait samedi à mettre fin à une mission de près de deux semaines au cours de laquelle un C-17 Globemaster a transporté vers l'Amérique centrale et les Caraïbes des tonnes de fournitures médicales.

Dans une entrevue à La Presse canadienne, M. Beasley signale que l'insécurité alimentaire a augmenté de 269 % dans cette région du globe depuis le début de la pandémie.

Avant la crise, le nombre de personnes qui étaient déjà au bord de la famine s'élevait à 4,7 millions. Aujourd'hui, ce nombre aurait bondi à 16 millions, estime-t-il.

M. Beasley a félicité le Canada d'avoir prêté son Globemaster et une trentaine de membres du personnel pour collaborer avec le PAM et l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'appareil a livré des fournitures dans toute l'Amérique centrale à partir d'une nouvelle base érigée au Panama.

Toutefois, si on ne réagit pas plus promptement à la plus grave crise humanitaire de l'histoire du PAM, des bouleversements économiques et politiques s'ensuivront, selon lui.

L'agence lance une collecte de fonds afin de ramasser 4,9 milliards de dollars pendant six mois afin de nourrir 138 millions de personnes dans 83 pays. Depuis le début de la pandémie, l'insécurité alimentaire a plus que doublé en Afrique de l'Ouest.

S'attaquer à ce problème coûtera aussi des centaines de millions de dollars, signale M. Beasley.

La première chose est de faire ce qui est bien et de faire ce qui est juste. Et si cela ne suffit pas, il faut le faire dans l'intérêt de votre sécurité nationale.

David Beasley, directeur général du Programme alimentaire mondial

En me référant aux expériences passées, je ne vois pas comment on pourra arrêter l'immigration massive si la détérioration économique se poursuit et si on ne met pas en place des filets de sécurité, a-t-il ajouté.

Un vieil homme utilise un sac de plastique comme gant afin de recevoir une tasse de soupe, à Lima au Pérou.

Avant la crise, le nombre de personnes qui étaient déjà au bord de la famine s'élevait à 4,7 millions. Aujourd'hui, ce nombre aurait bondi à 16 millions, selon David Beasley.

Photo : Associated Press / Rodrigo Abd

Cette immigration ne commencera pas aujourd'hui ni même demain, mais elle surviendra bientôt, ajoute M. Beasley.

L'Amérique du Sud était déjà aux prises avec une crise des réfugiés provoquée par la situation au Venezuela. Avant la pandémie, l'ONU estimait que six millions de Vénézuéliens fuiraient le pays avant la fin de l'année. Les pays voisins comme la Colombie, le Pérou et l'Équateur ont accueilli la grande partie de ce flux migratoire.

La crise sanitaire a accentué la tension dans cette région. M. Beasley rapporte que les dirigeants de ces pays lui avaient fait part de leur grande inquiétude.

La communauté internationale doit se mobiliser, sinon, il y aura le chaos. Nous avons un vaccin contre ce chaos : la nourriture.

David Beasley, directeur général du Programme alimentaire mondial

M. Beasley a rencontré la semaine dernière, au Panama, le lieutenant-colonel Adam Pentney, qui commande le 429e Escadron de transport de l'aviation canadienne. Il a aussi rencontré l'équipage du Globemaster, qui chargeait alors des équipements de protection individuelle, des fournitures médicales et d'autres articles humanitaires à bord de l'appareil.

Les Forces armées canadiennes impliquées

Ce C-17 est une bénédiction au moment où nous en avons le plus besoin. Comme vous pouvez l'imaginer, nous sommes extrêmement reconnaissants au gouvernement canadien de fournir cet appui, lance M. Beasley. C'était un spectacle magnifique. C'est un soutien humanitaire qui sauve des vies. Cela montre ce qui se passe lorsque le monde collabore.

Le lieutenant-colonel Pentney souligne que c'était la première fois qu'il participait à une mission humanitaire aussi près du Canada. C'est dans une région où nous ne nous rendons pas souvent, reconnaît-il.

La mission de vendredi, qui devait amener Adam Pentney et son équipage au Guatemala, devait être la dernière avant son retour au pays.

La pandémie est bien réelle ici. Le Canada a un rôle à jouer ici, dans son arrière-cour. Nous sommes heureux de pouvoir y contribuer.

Adam Pentney, lieutenant-colonel des Forces armées canadiennes

L'officier ignore s'il y aura d'autres missions semblables pour le Globemaster canadien dans la région. En attendant, M. Beasley dit qu'il intensifie ses efforts de collecte de fonds afin de cibler un autre groupe de donateurs, car il est conscient que les gouvernements mondiaux ont déjà dépensé des sommes colossales pour lutter contre la pandémie.

Nous sommes dans la pire crise depuis la Seconde Guerre mondiale. Il est temps pour les milliardaires d'intervenir et de prouver qu'ils se soucient de l'humanité et de la planète. Nous sommes à la croisée des chemins en ce moment, formule le directeur du PAM.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique internationale

International