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Une mère craint la toxicité des drogues qui se trouvent dans les rues pendant la pandémie

Allen et Corinne Siddle pose pour la caméra. Corinne a dans les mains un dessin représentant sa fille.

La fille d'Allen et Corinne Siddle, Stephanie, a été retrouvée sans vie dans son apartement de Winnipeg en juin.

Photo : Radio-Canada / Walther Bernal

Radio-Canada

Corinne Siddle a récemment perdu sa fille en raison d’une surdose présumée. Elle craint maintenant la toxicité de ce qui est vendu dans les rues de Winnipeg pendant la pandémie. 

Stephanie Siddle, la fille de Corinne, a été retrouvé sans vie dans son appartement de Winnipeg le 16 juin. 

La jeune femme de 33 ans vivait depuis plusieurs années avec des problèmes de santé mentale et une dépendance à la méthamphétamine en cristaux.

Les résultats de l’autopsie confirmant la cause de la mort de Stéphanie Siddle ne sont pas encore disponibles, mais la famille a été informée qu’il s’agit probablement d’une surdose.

Vous ne pouvez jamais vous préparer pour ce moment. Vous ne pouvez jamais être prêt pour le moment où ils vous disent que votre enfant n’est plus avec nous , partage Corinne Siddle.

Selon Corinne Siddle, un ancien petit ami de sa fille lui aurait confié qu’elle avait commencé à consommer du fentanyl et de la morphine.

Plus toxique

Depuis le début de la pandémie, les premiers intervenants de partout au Canada ont constaté une augmentation du nombre de surdoses.

Les travailleurs de premières lignes pensent que les drogues disponibles dans les rues semblent beaucoup plus toxiques.

Les ambulanciers paramédicaux de Winnipeg doivent de plus en plus souvent administrer de multiples doses de nalaxone, le médicament qui neutralise les effets des drogues de type opioïde comme le fentanyl.

La police et des travailleurs de première ligne mentionnent que la hausse des surdoses à Winnipeg s’explique en partie par la fermeture des frontières entre le Canada et les États-Unis qui a perturbé l’approvisionnement en méthamphétamine dans la province, mais aussi à l’échelle nationale.

Selon la police, il est devenu plus difficile d’obtenir les ingrédients nécessaires à la fabrication de certaines drogues, de sorte que les produits sont coupés avec toutes sortes de substances, y compris du fentanyl.

Des morts évitables

Les statistiques sur le nombre de morts par surdose au Manitoba ne seront pas connues avant l’automne.

Guy Felicella, un conseiller clinique auprès du British Columbia Centre on Substance Abuse, croit lui aussi que la toxicité des drogues est à la hausse partout au pays.

Il croit aussi que le stress de la pandémie et l’accès réduit à divers services augmentent la vulnérabilité des utilisateurs de drogues.

Selon lui, pour sauver des vies, il faut traiter la situation comme un problème de santé et mettre en oeuvre de solides stratégies de réduction des risques y compris la création de centres de consommation supervisée.

Au Manitoba, des experts demandent depuis longtemps la décriminalisation des drogues pour usage personnel, la création de centres de consommation supervisée, un approvisionnement plus sécuritaire de toutes les drogues et la modification de la classification légale de la naloxone pour qu’elle soit plus accessible.

Notre gouvernement s’est engagé à lutter contre le trafic de drogues illicites et à s’attaquer aux trafiquants de drogues qui victimisent les Manitobains , a mentionné un porte-parole du premier ministre dans un courriel.

Notre plan vise à condamner les trafiquants pour les empêcher de nuire à nos collectivités, tout en faisant des investissements substantiels pour aider les toxicomanes , peut-on également lire dans le courriel.

Le gouvernement du Manitoba a récemment mentionné la possibilité de changer la classification de la naloxone pour permettre sa distribution plus facilement. 

Il a toutefois rejeté dans les dernières années les demandes pour la création de centres de consommation supervisée.

L’aide n’était pas là

Corinne Siddle espère quant à elle que le fait de partager l’histoire de sa fille mettra en lumière la crise des surdoses en cours.

Stephanie Siddle, l'air songeuse, est assise à la table de la cuisine d'une maison.

Stephanie Siddle avait accordé une entrevue à CBC/Radio-Canada l'an dernier pour raconter qu'elle était devenue dépendante de la méthamphétamine lors d'un séjour dans un centre de désintoxication géré par la Fondation manitobaine de lutte contre les dépendances.

Photo : Radio-Canada / Travis

Elle veut aussi souligner la nécessité d’offrir de meilleurs services de soutien en santé mentale au Manitoba.

Nous avons commencé tôt à chercher de l’aide pour Stephanie, mais l’aide n’était tout simplement pas là , dit-elle en précisant que les premiers signes de problèmes de santé mentale chez sa fille sont apparus à la fin de son adolescence.

Corinne Siddle explique que sa fille s’est tournée vers la drogue pour faire face aux démons qui se battaient constamment dans sa tête .

Il faut arriver à aider les gens avec des problèmes de santé mentale avant qu’ils se tournent vers la drogue et qu’ils en deviennent dépendants , croit Corinne Siddle.

Avec les informations de Jill Coubrough

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