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Les agents fédéraux à Portland jusqu'à son « nettoyage » par la police, selon Trump

Un manifestant à genoux devant des policiers en rang, dont un l'asperge de poivre.

Des agents fédéraux dans les rues de Portland lors d'une manifestation contre le racisme le 29 juillet.

Photo : AP / Marcio Jose Sanchez

Agence France-Presse

Les agents fédéraux envoyés à Portland par Washington y resteront jusqu'à que la police locale ait débarrassé la ville « des anarchistes et des agitateurs », a déclaré vendredi le président Donald Trump.

La Sécurité intérieure ne quittera pas Portland tant que la police locale n'aura pas achevé le nettoyage (de la ville) des anarchistes et des agitateurs!, a tweeté M. Trump.

Les agents fédéraux avaient été envoyés à Portland à la suite de nombreuses manifestations notamment antiracistes organisées dans cette ville, une présence qui a provoqué une vive hostilité.

Les autorités de l'Oregon et le gouvernement de Donald Trump s'étaient entendus mercredi sur un retrait progressif de ces policiers fédéraux, mais pas sur la date.

L'accord prévoyait que la police locale assurerait le maintien de l'ordre à l'extérieur du tribunal fédéral de la ville, à charge pour quelques agents fédéraux dont c'est la mission habituelle de sécuriser les bâtiments eux-mêmes.

La police de Portland avait commencé jeudi à faire évacuer des secteurs du centre-ville bordant le tribunal pour préparer le retrait des fédéraux.

Des centaines de manifestants se trouvaient toujours dans les rues du centre-ville tôt samedi matin sans qu'aucun agent fédéral ne soit visible.

Que signifie « nettoyage »? (...) Il ne se passe rien qui nécessite un nettoyage (...) pas d'émeute, pas de pillage. Trump ne parle que pour exciter ses partisans.

Rudi, une manifestante

Plus tôt, la police de Portland avait évacué les parcs et les grands axes du centre, anticipant le retrait progressif des forces fédérales.

Le maire démocrate de Portland, Ted Wheeler, avait affirmé que cette évacuation s'inscrivait dans le cadre de l'accord entre les autorités locales et le gouvernement.

Sur Twitter, il a remercié vendredi soir les manifestants pacifiques d'avoir repris possession d'un espace qui a été le théâtre de violences afin de partager leur puissant message de réforme et de justice.

La mort de George Floyd à Minneapolis par un policier blanc a déclenché dans tous les États-Unis d'énormes manifestations antiracistes.

La mobilisation s'est considérablement affaiblie, mais des poches de contestation ont persisté, notamment à Portland, nettement marquée à gauche.

Début juillet, l'administration Trump y avait envoyé des équipes d'intervention fédérales, parfois issues des douanes ou de la police aux frontières et arborant toute une panoplie militaire, après des semaines de manifestations contre le racisme et les violences policières.

Un relent « d'État policier », selon les démocrates

Leur déploiement a eu pour effet de durcir le mouvement dans cette ville à la longue histoire contestataire, en particulier après la diffusion de vidéos montrant des manifestants attrapés dans la rue par des agents fédéraux et jetés dans des véhicules banalisés, et des heurts ont eu lieu chaque nuit aux abords du tribunal fédéral. Celui-ci et d'autres bâtiments gouvernementaux ont été dégradés.

Pour les démocrates, ces interventions ont un fort relent d'État policier et sont une stratégie politique sécuritaire pour donner à M. Trump, qui peine dans les sondages à l'approche de la présidentielle de novembre, l'image d'un président attaché au maintien de l'ordre.

Le ministre de la Justice Bill Barr a défendu l'initiative fédérale contre des émeutiers violents et des anarchistes (qui) ont supplanté les manifestations légitimes et nié toute motivation politique.

Cette semaine, le ministre à la Sécurité intérieure Chad Wolf avait prévenu qu'un retrait total des fédéraux ne serait possible qu'en cas d'amélioration considérable de la situation sécuritaire.

Jeudi, Donald Trump s'en était pris aux autorités. La gouverneure (démocrate de l'Oregon Kate Brown) et le maire, nous avons eu affaire à eux, et nous pensons qu'ils ne savent pas ce qu'ils font, car cela n'aurait pas dû durer 60 jours, avait-il déclaré à la presse.

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