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L’été de Beethoven de l’Orchestre métropolitain chez Deutsche Grammophon

Yannick Nézet-Séguin dirige les musiciens de l'orchestre, placés à deux mètres les uns des autres.

Une session d'enregistrement d'une symphonie de Beethoven par les musiciens de l'Orchestre métropolitain de Montréal dans la salle Bourgie.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des célébrations prévues pendant l’été 2020 pour souligner le 250e anniversaire du compositeur Ludwig van Beethoven ont été annulées partout à travers le monde à cause de la pandémie de COVID-19, mais l’Orchestre métropolitain de Montréal (OM) et Yannick Nézet-Séguin ont réussi à tirer parti de la situation. Les sessions d’enregistrement des huit premières symphonies du grand compositeur allemand réalisées à la salle Bourgie sont maintenant disponibles sur la plateforme DG Stage de la prestigieuse étiquette Deutsche Grammophon.

L'OM a été le premier orchestre en Amérique du Nord à s'être retrouvé en musique après plusieurs mois de confinement. À la mi-juin, la cinquantaine de musiciens et musiciennes de l’orchestre se sont retrouvés sur la scène et au parterre de la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal pour donner des concerts sans public, tout en respectant les règles de distanciation.

On avait tellement hâte de se retrouver et je pense que les trois mois ont passé très lentement pour tout le monde parce qu'il y avait tellement d'incertitude. Quand on a recommencé à jouer, automatiquement, c'est comme si on s'était retrouvé là où on s'était laissés.

Yannick Nézet-Séguin, directeur artistique et chef principal de l’OM

Pour plusieurs d'entre nous, c'est vraiment comme la famille. Retrouver mes collègues, qui sont mes amis aussi, ça fait du bien, souligne Elvira Misbakhova, alto solo associée de l’OM.

Au départ, ces performances enregistrées devaient être diffusées sur les sites web de l’Orchestre et de la salle Bourgie durant l’été, mais le contrat d’exclusivité du maestro Nézet-Séguin avec Deutsche Grammophon a ouvert les portes de la nouvelle plateforme en ligne à l’OM. Un billet pour les concerts virtuels coûte une quinzaine de dollars.

C’est clair que l’art vivant, la musique vivante, en salle, c’est irremplaçable. N’importe quelle expérience virtuelle ne pourra jamais remplacer cet ensemble [l’expérience émotive, sensorielle], d’être en salle de concert, admet le chef d’orchestre, mais en attendant, pendant qu’on n’a pas accès à ce grand plaisir, c’est bien de pousser les idées numériques un peu plus loin.

Les huit caméras utilisées pendant les enregistrements donnent l’impression de se promener à travers l’Orchestre métropolitain, a-t-il confié en entrevue à l’émission 24-60. Les internautes peuvent ainsi vivre une expérience bien différente de celle qu’on leur propose, assis dans la salle lors d’un concert en direct. Les sourires et les regards complices des musiciens – qui ignoraient lors des premiers enregistrements qu’ils se retrouveraient sur cette plateforme – sont au rendez-vous.

Le cycle complet des symphonies de Beethoven sera achevé plus tard, quand la Symphonie no 9 – qui incarne la joie et la fraternité humaine – pourra être interprétée devant public.

[Beethoven] est un compositeur qui réunit toutes les aspirations humaines, les préoccupations humaines et j'avais l'impression que c'est un étrange coup du destin. On parle beaucoup du destin dans l'œuvre de Beethoven et c'est un étrange coup du destin qu’il y ait plein de concerts annulés, souligne Yannick Nézet-Séguin.

L’OM et Yannick Nézet-Séguin en quête de nouveaux espaces

Durant le confinement, le maestro et ses musiciens montréalais ont été très présents sur les réseaux sociaux. À défaut de pouvoir terminer leur saison comme prévu, ils se sont réunis virtuellement dès le mois d’avril pour interpréter une version orchestrale de la chanson Les gens de mon pays [diffusée à l’émission Bonsoir, bonsoir], puis en mai pour interpréter un extrait des Variations Enigma d’Edward Elgar.

A suivi ensuite un partenariat inédit avec le Festival des arts de Saint-Sauveur (FASS), où danse et musique se sont rencontrées en plein air dans les Pays d’en haut. Dix solistes de l’orchestre ont créé avec dix chorégraphes dix œuvres de compositeurs d’ici sous le thème Une solitude partagée.

Les créations sont mises en ligne le dimanche, depuis le 5 juillet et jusqu’au 6 septembre, et elles sont diffusées gratuitement sur le site web web et les réseaux sociaux du FASS.

Les autres orchestres dirigés par le chef à la renommée internationale n’ont pas tous la même chance.

Voyez aux États-Unis : le Metropolitan Opera de New York, je ne reverrai pas mes musiciens avant fin décembre, début janvier, au moins. À Philadelphie on ne sait pas encore. C’est sûr que je m’estime très chanceux qu'on soit à Montréal pour des raisons de santé, mais aussi pour des raisons de leadership de la communauté artistique et musicale.

Yannick Nézet-Séguin

La période de confinement aura permis au chef montréalais de retrouver le plaisir de jouer du piano, l’instrument qui l’accompagne depuis qu’il y a mis les doigts la première fois, à l’âge de cinq ans. Il est l’un des musiciens à avoir participé à la série du FASS.

De plus, dimanche à 17 h, Yannick Nézet-Séguin troquera une fois de plus sa baguette pour un clavier à l’occasion d’un récital virtuel de musique de chambre de la série des Concerts Évasion organisée par le Domaine Forget dans Charlevoix.

Avec les informations de Nabi Alexandre Chartier et de Sébastien Bovet

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