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Le plan de réouverture des écoles en Ontario inquiète les parents immunodéprimés

Famille d'Eric Wilson portant le masque.

Eric Wilson avec sa femme Koren, sa fille Brooklyn, ses fils Adam et Nolan.

Photo : Courtoisie

Radio-Canada

À Ottawa, des parents dont le système immunitaire est affaibli s’inquiètent du plan de réouverture des écoles de l'Ontario. Celui-ci prévoit le retour en classe à temps complet pour les élèves du primaire.

Le premier ministre a annoncé jeudi que les élèves de la maternelle à la 8e année retourneront à l’école 5 jours par semaine en septembre. Le plan du gouvernement prévoit d’accueillir le même nombre de jeunes par classe qu’avant la pandémie.

Toutefois, les étudiants seront divisés en cohortes, avec qui ils passeront la récréation et le dîner.

C’est un peu comme jouer à la roulette russe, dit Eric Wilson, qui a 3 enfants âgés de 6, 8 et 11 ans.

M. Wilson souffre de la maladie de Crohn, une maladie inflammatoire du système digestif qui l’expose à de plus grands risques de développer des complications graves liées à la COVID-19.

Afin de protéger sa santé, il a choisi de garder ses enfants à la maison quand l’école recommencera. Les parents ont l’option de l’apprentissage à distance, qui sera offerte par les conseils scolaires.

Nous avons pas mal déjà pris la décision que nous n’allons pas les renvoyer [et] que nous allons opter pour l’apprentissage à distance.

Eric Wilson

Il se dit déçu que la province n’ait pas fourni plus d’information sur la façon dont l’apprentissage à distance fonctionnera pour les enfants dans la même situation que sa famille.

J’aurais aimé avoir plus de détails sur ce qui se passera avec des parents, comme nous, qui sont immunodéprimés, déplore le père de famille.

M. Wilson espère que l’apprentissage à distance ne se transformera pas en enseignement à la maison, parce que ce serait impossible pour sa famille.

J’ai la chance de pouvoir travailler de la maison et ma femme peut rester à la maison et s’occuper des enfants. Mais il y a quand même trois enfants et nous deux. C’est très difficile, ajoute-t-il.

En mode panique

Lindsey Evans souffre de bronchectasie, une maladie pulmonaire chronique qui, selon elle, l’expose à des risques de pneumonie au cours d’une journée normale.

Elle a écrit au premier ministre Doug Ford, au ministre de l’Éducation Stephen Lecce, au directeur de ses enfants et à son conseil scolaire pour faire entendre ses préoccupations à propos d’un retour à des classes de taille régulière.

Je suis en quelque sorte passée en mode panique rapidement. […] Je ne sais pas comment nous passons littéralement de n'exposer notre ménage à personne, à être dans une classe d’au moins 30 enfants, dit-elle.

Famille de Lindsey Evans.

Lindsey Evans (à droite) avec son mari Marc et ses fils Felix, 4 ans, et Morris, 1 an.

Photo : Courtoisie

Mme Evans, infirmière et mère de deux garçons âgés de quatre et un ans, s’attendait à envoyer son fils aîné à l’école cet automne.

Sachant qu’il va y avoir des classes au maximum de leur capacité sans distanciation sociale dans ce groupe d’âge me semble tout simplement ridicule, souligne la mère de famille.

Elle estime que le plan de la province n’est pas conforme aux lignes directrices proposées par SickKids pour la réouverture des écoles. Elles ont été publiées mercredi, avant l’annonce de la province. Elles recommandaient des classes réduites, des heures de repas décalées et des horaires de nettoyage réguliers.

Mme Evans apprécie tout de même l’option d’apprentissage à distance, mais celle-ci ne répond pas aux besoins de socialisation des jeunes enfants, selon elle.

À mon avis, c’est un peu une échappatoire du gouvernement parce qu’il n’était pas prêt à consacrer du temps, des ressources et des efforts pour trouver une solution qui permette aux familles de toutes sortes de milieux de permettre à leurs enfants d’aller à l’école de façon sécuritaire, ajoute-t-elle.

Il vaut mieux les avoir au même endroit

L’épidémiologiste Raywat Deonandan estime que la réouverture des écoles primaires est une bonne chose puisque les jeunes enfants ont besoin de plus de temps de développement et de contacts sociaux.

Aller à l’école toute la journée va aussi réduire le risque que les enfants contractent la COVID-19 dans les services de garde, selon le professeur agrégé de l’Université d’Ottawa.

Raywat Deonandan pose pour la caméra devant un manteau de cheminée.

Le Dr Raywat Deonandan dit que des classes à effectif réduit sont nécessaires.

Photo : Gracieuseté de Raywat Deonandan

Il vaut mieux les avoir au même endroit, dans une cohorte, dit-il.

M. Deonandan indique qu’une classe à effectif réduit est essentielle pour empêcher la propagation de la COVID-19 parce qu’elle permet une meilleure distanciation physique.

Je comprends que c’est une limitation des ressources, mais nous dépensons 300 millions de dollars. Une partie de cet argent pourrait sûrement être dépensé pour réduire le nombre d’élèves par enseignant, ajoute l’épidémiologiste.

Le meilleur rapport qualité-prix est la distanciation physique, et c’est peut-être plus atteignable à partir de petites classes, conclut M. Deonandan.

Avec les informations de Idil Mussa de CBC

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