•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Congrès américain peine à adopter un plan d'aide d'urgence

Bâtiment du Capitole à Washington.

L'édifice du Capitole, à Washington, vu ici du côté du Sénat.

Photo : Associated Press / J. Scott Applewhite

Agence France-Presse

L'aide supplémentaire accordée aux chômeurs américains prend fin vendredi, et démocrates et républicains au Congrès n'ont pas trouvé d'accord sur un nouveau plan de soutien qui doit permettre aux ménages et aux entreprises de survivre à la crise provoquée par le nouveau coronavirus, qui a ravagé l'économie.

L'urgence de la situation n'aura pas suffi à mettre d'accord les deux camps qui se rejettent désormais la faute, à moins de 100 jours de l'élection présidentielle.

Selon le président Donald Trump, les leaders démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi et, au Sénat, Chuck Schumer ont bloqué des prestations d'assurance-emploi désespérément nécessaires, alors qu'ils comprennent parfaitement que ce n'est pas la faute des travailleurs s'ils ont perdu leur emploi, c'est la faute de la Chine.

Donald Trump qualifie régulièrement le nouveau coronavirus de virus de Chine.

Nous avons fait pas moins de quatre offres différentes aux démocrates, qui les ont rejetées, a déploré son chef de cabinet Mark Meadows.

Les démocrates veulent conserver les actuels 600 $ hebdomadaires jusqu'en janvier au moins. Les républicains veulent réduire ce montant, car ils craignent que cela ne nuise au retour des chômeurs sur le marché du travail, puisque beaucoup d'entre eux touchent ainsi plus d'argent que lorsqu'ils travaillent.

Chez les démocrates, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a estimé que les républicains ne saisissaient pas la gravité de la situation.

Nous pensons que nous trouverons un accord, mais nous n'y sommes pas encore, a-t-elle dit lors d'une conférence de presse.

Nancy Pelosi parle dans un micro.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi

Photo : Associated Press / Andrew Harnik

Une aide variable

Pour les millions d'Américains qui ont perdu leur emploi depuis mars à cause de la pandémie, cela signifie la perte, au moins temporaire, d'une aide souvent vitale, dans un pays où le montant des prestations d'assurance-emploi varie selon les États, et où leur durée oscille entre trois et six mois.

De plus, la perte de cette aide coïncide avec une flambée des cas de COVID-19 depuis plusieurs semaines aux États-Unis, ce qui fait repartir à la hausse les inscriptions au chômage depuis deux semaines.

Le rebond que nous attendions au second semestre sera probablement modéré, à moins que le virus ne soit contenu et que l'activité puisse reprendre, a commenté Rubeela Farooqi de High Frequency Economics.

La belle reprise économique de la fin du printemps a désormais du plomb dans l'aile.

L'incapacité des décideurs à solidifier les fondements sanitaires de cette reprise et à étendre l'aide budgétaire de toute urgence risque de pousser l'économie vers une récession encore plus forte, a commenté Gregory Daco, économiste pour Oxford Economics, dans une note.

Sans surprise, la confiance des consommateurs a de nouveau plongé en juillet, selon une étude de l'Université du Michigan publiée vendredi.

Elle était repartie à la hausse en juin, à la faveur des réouvertures de commerces et de restaurants dans une large partie du sud et de l'ouest du pays.

Une situation économique dramatique

Les aides du gouvernement ont empêché les finances des consommateurs de couler, les protégeant en partie de la hausse sans précédent du chômage, notamment, a souligné Richard Curtin, l'économiste en chef chargé de l'enquête.

Mais leur suspension nuira directement aux plus vulnérables et conduira à des loyers impayés, à des remboursements de prêts immobiliers et autres [crédits] non honorés, ajoute-t-il.

Les dépenses des ménages ont augmenté moins vite en juin qu'en mai, car les aides gouvernementales ont diminué et fait reculer les revenus.

Le redressement de l'activité dans la région de Chicago, à forte dominante manufacturière et considérée comme un baromètre avancé de l'économie américaine, représente toutefois une timide lueur d'espoir.

Elle a fait un bond spectaculaire en juillet, atteignant son plus haut niveau depuis mai 2019, selon l'indice des directeurs d'achats de l'association ISM.

La première économie du monde est passée, en quelques mois, d'une santé de fer à une situation économique dramatique, bien pire encore qu'après la crise financière de 2008.

Son PIB a connu une chute historique de 32,9 % en rythme annualisé, mesure privilégiée aux États-Unis, c'est-à-dire si l'économie se maintient au même niveau jusqu'à la fin de l'année.

Par rapport au deuxième trimestre de 2019, la chute est de 9,5 %, du jamais-vu, un peu moins forte que celle de la zone euro, de 12,1 %.

La barre des 150 000 morts du virus dans le pays a été franchie cette semaine.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique américaine

International