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Réaménagements urbains : plus de 150 plaintes déposées à l’Ombudsman de Montréal

Une affiche avec notamment des indications de distanciation sociale sur un cône de signalisation.

Le Plateau-Mont-Royal est le premier arrondissement de la Ville de Montréal à avoir testé la « rue familiale et active ».

Photo : Radio-Canada / Yessica Chavez

Radio-Canada

L’implantation de nombreuses voies actives sécuritaires (VAS) dans la métropole a beau être présentée comme une réussite par l’administration Plante – qui s’appuie sur des statistiques d’achalandage pour faire son constat –, ces changements ne font pas l’unanimité. L’Ombudsman de Montréal (OdM) a reçu plus de 150 plaintes de citoyens dans le cadre de son enquête lancée le 5 juin dernier.

La nature des plaintes examinées va de l’utilité des aménagements à des problèmes de sécurité pour les automobilistes, les cyclistes ou les piétons, en passant entre autres par l’absence de consultation préalable, un manque d’information, des difficultés de stationnement, des répercussions sur la circulation dans les rues résidentielles, ainsi que des problèmes d’accessibilité et de circulation des véhicules d’urgence.

L’ombudsman Johanne Savard soutient que son équipe a examiné les réaménagements et leurs effets à plusieurs reprises au cours des dernières semaines et qu’elle est en communication avec les entités responsables de la Ville. Certaines plaintes ont déjà été jugées non fondées, mais les conclusions ne seront connues que plus tard.

Johanne Savard en entrevue dans son bureau.

L'ombudsman de la Ville de Montréal, Johanne Savard (archives)

Photo : Radio-Canada

Depuis le début de l’enquête, plusieurs correctifs ont déjà été apportés, souligne l’OdM dans son blogue (Nouvelle fenêtre).

Les réaménagements visés par l’enquête sont cinq VAS et trois voies du Réseau express vélo (REV), de même que certaines initiatives des arrondissements Rosemont–La Petite-Patrie et Ahunstic-Cartierville.

D’autres plaintes, qui visent des réaménagements dans les arrondissements de Ville-Marie, du Plateau-Mont-Royal, de Villeray–Saint-Michel-Parc–Extension et de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, sont étudiées pour le moment par les arrondissements eux-mêmes. Si les réponses fournies ne satisfont pas les plaignants, ceux-ci pourront communiquer avec l’OdM, qui évaluera le dossier.

Consultations inexistantes et plaintes ignorées, selon l'opposition

L’ombudsman indique par ailleurs être préoccupée par l’absence de considération donnée à l’opinion plus récente des résidents et commerçants touchés par certains de ces changements en ce qui a trait à plusieurs segments du REV et autres projets d’arrondissement qui ne seront pas temporaires. De tels projets avaient eu droit, il y a quelques années, à certaines formes de consultations, même si la Ville n’a pas l’obligation légale d’en tenir, souligne-t-elle.

L'opposition n'est pas surprise qu'autant de plaintes aient été déposées. Depuis le début de l'été, il y a de la grogne chez les Montréalaises et les Montréalais, que ce soit des citoyens résidents, des commerçants ou des personnes à mobilité réduite, soutient le leader adjoint de l’opposition Francesco Miele (Ensemble Montréal).

Peu après l'annonce des réaménagements urbains par l'administration Plante, le 15 mai dernier, l'ombudsman avait agité son drapeau pour rappeler à la Ville de ne pas oublier les plus vulnérables, mais les décideurs ont fait fi de ce rappel à l'ordre, selon M. Miele.

Projet Montréal a même profité du prétexte de la pandémie pour accélérer certains projets permanents et agir rapidement en outrepassant les consultations et les analyses, déplore le conseiller municipal. Ces analyses nécessaires, de nature technique tout comme les analyses de circulation, l'ombudsman n'a pas les ressources pour les effectuer, rappelle-t-il.

Jeudi, l'administration Plante s'est réjouie des premières données d’achalandage depuis l’implantation des VAS au début de l’été. Les données préliminaires indiquent que la circulation à vélo a augmenté de 36 % lorsqu'un aménagement cyclable existait au même endroit l'année dernière et qu'il a été transformé en VAS cette année pour l'élargir.

Juridiction de l’Ombudsman de Montréal

Le Règlement sur l’ombudsman prévoit que l’OdM ne peut pas faire enquête sur les décisions votées par les élus (par exemple, les résolutions demandant l’implantation de pistes cyclables, le retrait des espaces de stationnement, le changement de sens des rues, etc.). Les citoyens mécontents de telles décisions ont donc été redirigés vers les élus.

Cette absence de juridiction ne s’applique cependant pas lorsque la décision votée par les élus est en lien avec un engagement de la Charte montréalaise des droits et responsabilités (Nouvelle fenêtre) : l’OdM peut donc faire enquête même si la décision émane des élus, s’il y existe des enjeux de sécurité, d’accessibilité universelle, de communication, d’information, etc.

Source : site web de l’Ombudsman de Montréal

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