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Thomas Druyan, collectionneur d'art malgré lui

Une oeuvre d'art qui représente le visage de plusieurs loups.

La collection Kampelmacher, présentée au Musée d'art MacKenzie, comprend des oeuvres de cinq des sept artistes du Professional Native Indian Artists Incorporated, un collectif qui est souvent appelé le Groupe indien des sept.

Photo : Allen Angeconeb

Lorsqu’il a acheté sa première peinture en 1992, Thomas Druyan ne s’imaginait pas que l’art autochtone prendrait une aussi grande place dans sa vie. Pourtant, sa conjointe et lui ont annoncé l'année dernière qu'ils faisaient don d'une collection de 1000 oeuvres au Musée d’art MacKenzie de Regina.

Thomas Druyan dit avoir toujours aimé l’art. Je ne sais pas si je suis un collectionneur, je dirais plutôt un admirateur. J’adore découvrir de nouveaux artistes, explique celui qui s'intéresse aux oeuvres que l’on ne peut trouver ailleurs, comme celles qui sont propres au territoire qu’il habite.

J'ai toujours aimé l'art, mais ce n'est que lorsque nous avons acheté une œuvre de Carl Beam que j'ai découvert qu'une personne « ordinaire » comme moi pouvait devenir un collectionneur d'art.

Thomas Druyan, collectionneur d'art

De nombreux artistes autochtones

Selon Thomas Druyan, les années 1990 représentent un moment charnière dans l'histoire autochtone moderne. Il n'est donc pas un hasard qu'il ait décidé de faire l'acquisition de l'oeuvre Autumnal Idiocy Koan de l'artiste ojibwé Carl Beam en 1992.

Après le veto d'Elijah Harper lors de l’accord du lac Meech et la crise d’Oka, beaucoup d’artistes autochtones se sont exprimés politiquement, affirme Thomas Druyan.

C’est d'ailleurs la lutte pour la reconnaissance des peuples autochtones qui marque la collection de Thomas Druyan. Il raconte avoir été renversé par la diversité des pratiques artistiques autochtones.

ll y a toute une myriade d’artistes qui créent pour illustrer les histoires de leurs peuples, mentionne Thomas Druyan.

Au fil des ans, sa collection n'a cessé de grandir. Elle comprend aujourd'hui des artistes de partout en Amérique du Nord. On y trouve notamment des artistes micmacs des provinces atlantiques et plusieurs oeuvres d'artistes issus de l’école Woodland. Sa collection compte aussi des œuvres produites dans les territoires inuit du Canada et du Groenland.

Un initié pourtant encore intimidé

Même s’il a tout d'un collectionneur d’art accompli, Thomas Druyan se dit encore parfois rebuté par l'industrie artistique.

Il y a des galeries, particulièrement à New York et à Toronto, qui sont si intimidantes que c'est presque comme s'ils pensent que c'est leur travail de chasser les gens, déplore-t-il.

Thomas Druyan dit donc comprendre pourquoi beaucoup de gens croient que le monde des arts est trop élitiste. Cependant, il affirme qu'il est tout de même important de visiter les galeries d’art.

Beaucoup de galeries organisent des ventes pour Noël, où les pièces coûtent entre 50 et 100 $. Les gens ne s'en rendent pas compte, mais c'est accessible, indique-t-il, tout en soulignant avoir payé la première œuvre de sa collection en versements de 100 $ étalés sur un an.

Nos enfants pensaient que nous étions fous de dépenser notre argent dans les arts, mais j'aurais pu acheter beaucoup plus d'œuvres d'art avec le prix d'une télévision.

Thomas Druyan, collectionneur d'art
Des peintures accrochées dans la voûte du musée.

Beaucoup d'artistes qui ont créé des oeuvres de la collection Kampelmacher ont déjà reçu une reconnaissance nationale, comme Daphne Odjig, Alex Janvier, Shuvinai Ashoona et Oviloo Tunnillie.

Photo : Musée d'art MacKenzie

Dégarnir ses murs pour mieux répartir

Même si le fait de se départir de ses oeuvres pour les offrir au Musée d'art MacKenzie l'a chagriné, il dit le faire pour s’assurer qu’elles puissent être utilisées de façon éducative.

J’ai beaucoup d’émotions associées à ces oeuvres, mais de l’autre côté je me réjouis de pouvoir les partager avec encore plus de gens, mentionne Thomas Druyan.

Il éprouve une profonde satisfaction à l’idée que le travail des artistes qu’il a tant aimé puisse être à son tour aimé par un plus grand nombre de personnes.

Je suis ravi d'apprendre que les jeunes, en particulier les jeunes autochtones, vont avoir accès à cette collection, j'espère que certains d'entre eux vont s’en servir pour suivre les traces de ces artistes, ajoute-t-il.

Cependant, Thomas Druyan ne croit pas que ses murs vont rester dégarnis très longtemps. Nous remplissons le vide laissé très rapidement, dit-il en riant.

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