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Le défi de l'emploi pour les finissants du secteur de l'aéronautique

L'Association internationale du transport aérien estime que le trafic mondial de passagers ne reviendra pas au niveau de 2019 avant 2024.

Un avion décolle de la piste d'un aéroport.

Il ne sera pas évident pour certains finissants du secteur de l'aéronautique de trouver un emploi.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Marie-Isabelle Rochon

Alors que le secteur aéronautique souffrait d’une pénurie de main-d’œuvre avant la pandémie, les finissants des programmes d'ingénierie, de pilotage ou de maintenance d’aéronefs ont aujourd’hui plus de mal à trouver un emploi au sein des entreprises les plus prisées.

Après ses études, Yves-Orion Cossec espérait décrocher rapidement un emploi, mais après six tentatives infructueuses, il est inquiet.

On travaille dans la conception, l’inspection ou la modélisation de pièces aéronautiques. Pour faire une image simple, on est un peu le bras droit de l’ingénieur, explique le finissant en technique de génie aérospatial à l’École nationale d’aérotechnique (ENA) du Cégep Édouard-Montpetit.

[Dans] tout ce qui est grosses entreprises, Air Canada ou Air Transat, la plupart de mes amis n'ont pas eu la chance de poursuivre leur stage, par exemple, relate Yves-Orion.

Il y a eu de nombreuses coupures, à tous les niveaux, ce qui fait que les premiers rappelés, ce sont ceux qui ont perdu leur emploi, [...] puisqu’ils ont plus d’expérience, ajoute-t-il.

Yves-Orion Cossec se tient debout dans un parc.

Yves-Orion Cossec est finissant en technique de génie aérospatial, mais il peine à trouver un emploi.

Photo : Radio-Canada / Jacques Poitras

Selon Aéro Montréal, le secteur enregistre près de 3250 mises à pied depuis mars.

Il y en a de l’emploi, mais ce n’est pas comme avant. Il y a eu des réductions de 40 à 50 % de l’activité. [...] Tout ce qu’on lit dans les journaux, ça a un impact sur les choix de carrière pour les jeunes, soutient Suzanne Benoît, présidente et directrice générale d'Aéro Montréal.

Ces jeunes-là qui étudient présentement à l’ENA font des techniques en entretien d’avion. Les avions, même s’ils sont au sol, doivent être maintenus. Les jeunes vont avoir des emplois, mais ça sera plus difficile, explique-t-elle.

Peu de débouchés pour les pilotes

Le Centre québécois de formation aéronautique (CQFA) du Cégep de Chicoutimi forme quarante pilotes chaque année. Le directeur, Steve Noreau, pense que les prochains mois seront difficiles pour les finissants de son école.

Le taux de placement, qui est normalement excellent chez nous, cette année [en raison de la pandémie] est catastrophique, affirme-t-il. L'aviation, c'est cyclique. Il s'agit d'un 11 Septembre, d'une crise économique 2008... Vous êtes tributaire de ce genre de choses lorsque vous êtes dans le domaine de l'aviation.

Steve Noreau.

Steve Noreau est directeur du Centre québécois de formation aéronautique (CQFA) du Cégep de Chicoutimi.

Photo : Radio-Canada

Les nouveaux diplômés devront faire preuve de patience avant de pouvoir travailler comme pilotes.

Steve Noreau note toutefois que la crise actuelle n’a pas désenchanté les futurs étudiants. Le CQFA a reçu plus de 400 demandes d’inscriptions cette année. Les jeunes y croient. D’ici deux à trois ans, [...] il y aura une perspective d’emploi intéressante, ajoute-t-il. 

Viser l'extérieur de la région métropolitaine

C’est certain que les étudiants qui misaient sur les grosses entreprises vont devoir se réorienter vers d’autres entreprises, indique le directeur adjoint de l'ENA, Louis Deschênes. 

Beaucoup d'emplois demeurent tout de même disponibles pour les finissants du secteur aéronautique, en particulier à l’extérieur de Montréal.

Selon les sites spécialisés, on note 340 emplois disponibles dans le domaine, que ce soit en ingénierie ou encore pour nos finissants en technique, ajoute Louis Deschênes. 

Les transporteurs régionaux, ceux qui desservent le Nord, l'aviation générale, eux n'ont jamais arrêté leurs opérations. En plus, il y en a qui ont accéléré et qui ont fait l’acquisition de nouveaux appareils pour offrir une nouvelle gamme de services, souligne-t-il.

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