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Des taux plus élevés de virus chez les jeunes enfants qui ont la COVID-19

Trois enfants non identifiés d'âge préscolaire jouent ensemble avec des camions-jouets dans un service de garde.

Les provinces canadiennes ont rouvert les services de garde progressivement au courant de l'été.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

La concentration de matériel génétique du coronavirus détectée dans les voies respiratoires supérieures d'enfants de moins de cinq ans infectés est de 10 à 100 fois plus élevée que celle trouvée chez des enfants plus âgés et des adultes, selon une étude américaine publiée cette semaine.

Même si elle ne portait pas sur la transmission du virus, mais bien sur sa concentration chez les personnes infectées, cette petite étude, réalisée entre le 23 mars et le 27 avril dans un hôpital de Chicago, vient complexifier le tableau concernant le rôle des enfants comme vecteurs dans la pandémie de COVID-19.

Les chercheurs, qui ont publié leurs résultats dans la revue JAMA Pediatrics (Nouvelle fenêtre), ont mené des tests de dépistage avec prélèvement nasal sur 145 patients, souffrant d'une forme légère à modérée de la COVID-19, une semaine après l'apparition de leurs premiers symptômes.

Les patients étaient divisés en trois groupes : 46 enfants de moins de cinq ans, 51 enfants âgés de 5 à 17 ans et 48 adultes entre 18 et 65 ans.

L'équipe a observé la présence du virus SRAS-CoV-2 en quantité 10 à 100 fois supérieure dans les voies respiratoires des jeunes enfants, comparativement aux enfants plus vieux et aux adultes.

Des travaux précédents ont montré que plus il y a une grande concentration de matériel génétique du virus, plus ce dernier peut devenir contagieux, soulignent les auteurs de l’étude.

Par conséquent, les jeunes enfants peuvent potentiellement être d'importants facteurs de contagion du SRAS-CoV-2 dans la population, selon l’équipe dirigée par la Dre Taylor Heald-Sargent, spécialisée en maladies infectieuses pédiatriques à l’hôpital Lurie Children’s de Chicago.

Les comportements habituels des jeunes enfants et les endroits clos dans les écoles et les garderies posent la question d'une propagation du SRAS-CoV-2 dans cette population à mesure que les mesures sanitaires s'assouplissent, concluent les chercheurs.

De l’infection à la transmission

Peu de recherches ont été menées sur le sujet jusqu’à maintenant. Les présents travaux doivent aussi être confirmés par d’autres études. Les chercheurs soulignent aussi que peu d’études ont porté sur la transmission entre les enfants et des enfants aux adultes.

Le portrait qui se dégage des études menées jusqu’ici est que les enfants développent peu de symptômes lorsqu’ils ont la COVID-19 et qu’ils transmettent peu le virus.

En entrevue au réseau américain CNN, la Dre Alpana Waghmare, professeure de pédiatrie à l’Université de Washington (qui n’a pas participé à l’étude) souligne qu’on constate aussi une charge virale plus élevée chez les enfants pour d’autres maladies infectieuses des voies respiratoires. Les résultats de cette étude sont donc un peu ce à quoi on s’attendait, selon elle.

Ce n’est pas surprenant de trouver une charge virale plus élevée chez les enfants. La question, maintenant, est : qu’est-ce que cela signifie pour ce qui est de la transmission? Ce n’est pas encore clair.

Car il y a un paradoxe : les enfants malades de la COVID-19 présentent des taux élevés de virus, mais peu de transmission est constatée jusqu’à présent.

Nous n’avons pas encore les preuves que les enfants vont être des transmetteurs de ce virus comme c’est le cas pour l'influenza, où là, c’est très clair que les enfants qui ont la grippe sont les principaux transmetteurs, affirme pour sa part le Dr Rick Malley, pédiatre à l’hôpital pour enfants de Boston, en entrevue au réseau américain NBC.

Certains experts avancent que puisque les jeunes enfants ont une capacité pulmonaire plus faible que les adultes, ils projettent leurs gouttelettes moins loin que ces derniers lorsqu’ils toussent ou qu’ils éternuent. Mais d’autres experts font valoir que les jeunes enfants vont toucher à tout et mettre souvent leurs mains à la bouche ou au visage, augmentant les chances de transmission, ce qui vient en quelque sorte contredire l’argument précédent.

D’autres soutiennent que les enfants qui ont été infectés par le coronavirus ont souvent peu de symptômes ou pas de symptôme du tout comme la toux, ce qui pourrait aussi réduire le risque de propagation. Les petits pourraient également jouir d'une certaine protection croisée grâce à l'exposition à d'autres virus ou à des infections respiratoires passées. Mais il s’agit là d’hypothèses, qui doivent être confirmées par les recherches.

La Dre Heald-Sargent, principale auteure de l’étude, fait remarquer que les recherches qui ont porté sur la transmission du coronavirus par les enfants ont été réalisées dans une période où les écoles et les garderies étaient fermées dans la plupart des pays, précise-t-elle en entrevue à NBC. Ainsi, nous aurons une meilleure idée du potentiel de transmission lors de la réouverture des établissements à l’automne.

Récemment, une vaste étude sud-coréenne a montré que les jeunes de 10 à 19 ans transmettent la COVID-19 tout aussi efficacement que les adultes, un autre élément à prendre en compte par les autorités pour le retour en classe cet automne.

Avec les informations de Agence France-Presse, CNN, et NBC

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