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Ambulances à Lévis : « il y a urgence d'agir », tonne le maire

Gilles Lehouillier réclame une rencontre avec le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Le maire Gilles Lehouillier prend la parole devant les drapeaux du Québec et du Canada.

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier

Photo : Radio-Canada / Sébastien Tanguay

La population de Lévis est « de plus en plus inquiète » de sa couverture ambulancière, selon le maire Gilles Lehouillier. Le temps est selon lui venu pour le ministère de la Santé « d'entendre le SOS », de réviser ses critères d'attribution des effectifs et d'agir.

Le maire de Lévis sollicitera prochainement une rencontre avec le ministre de la Santé, Christian Dubé. Je pense qu'on a une mise au point sérieuse à faire et je pense qu'on a une obligation de résultats, a dit M. Lehouillier en entrevue à Radio-Canada.

Il a bon espoir que M. Dubé prêtera une oreille attentive, d'autant plus que le ministre a représenté la circonscription de Lévis dans le passé. Il y a urgence d'agir, a-t-il insisté.

On ne peut plus laisser ça comme ça. Parce que je vais vous dire franchement, ça inquiète de plus en plus la population lévisienne.

Gilles Lehouillier, maire de Lévis

Pour M. Lehouillier, le rapport de la coroner Julie Langlois concernant la mort de l'ambulancier Hugo St-Onge, en décembre 2017, est une preuve sans équivoque que Lévis vit ce problème de couverture ambulancière depuis des années.

En arrêt cardiorespiratoire, le jeune homme de 24 ans a attendu l'ambulance 21 minutes, soit le double de la norme nord-américaine recommandée. C'est finalement une ambulance de Saint-Charles-de-Bellechasse, 13 kilomètres plus loin, qui est venue à son secours. Les véhicules en service sur le territoire lévisien étant tous occupés au moment de l'appel.

Hugo St-Onge en costume de paramedic

Hugo St-Onge est décédé à Lévis d'un arrêt cardiorespiratoire dans la nuit du 27 décembre 2017.

Photo : famille d'Hugo St-Onge

Un mois avant le drame, fin novembre 2017, le maire avait interpellé l'ancien ministre de la Santé, Gaétan Barrette. Le député libéral venait alors d'annoncer l'ajout de quatre véhicules pour la région de la Capitale-Nationale, mais aucun pour Chaudière-Appalaches.

Des ajouts insuffisants

Après la mort de l'ambulancier, Gaétan Barrette avait contacté Gilles Lehouillier. Il y avait alors eu « un changement de ton » au gouvernement, disait le maire de Lévis. Une ambulance a été ajoutée sur le territoire en mars 2018, portant le total à 8. Quatre véhicules sont désormais disponibles de nuit, plutôt que 3.

C'était un pas dans la bonne direction. Depuis, il ne s'est rien passé, déplore aujourd'hui le maire. Les ajouts ont été jugés insuffisants par la coroner.

Lévis demande au minimum une augmentation de 25 % de la couverture ambulancière sur son territoire. Selon l'administration lévisienne, une telle mesure coûterait environ 2 millions de dollars par année. On pense que ce n'est pas si faramineux, selon M. Lehouillier.

Le CISSS de la Chaudière-Appalaches dit actuellement évaluer l'ajout d'un autre véhicule, mais ne s'est pas fixé d'échéancier.

Christian Dubé lors d'une conférence de presse.

Le maire de Lévis veut rencontrer le ministre de la Santé Christian Dubé (photo).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des critères flous

Les demandes de l'entreprise de services ambulanciers Dessercom, du maire de Lévis et maintenant du Bureau du coroner vont toutes dans le même sens. En plus de réclamer une meilleure couverture, ils exigent davantage de cohérence et de transparence de la part du ministère de la Santé dans l’attribution des effectifs ambulanciers.

Dans son rapport, Me Julie Langlois suggère au Ministère et au CISSS de Chaudière-Appalaches d'examiner la problématique des effectifs ambulanciers sur le territoire de Lévis et d'évaluer la pertinence de revoir les critères d'attribution.

À ce jour, le maire de Lévis dit ne pas les connaître. Il s'explique ainsi bien mal comment une ville comme Sherbrooke, ayant une population à peine plus nombreuse et une superficie inférieure, compte sur 14 ambulances alors que Lévis en a 8.

On aimerait comprendre. Qu'est-ce qui nous pénalise à ce point-là? [...] On ne peut pas continuer à expliquer longtemps ces écarts-là.

Gilles Lehouillier, maire de Lévis

Le CISSS de Chaudière-Appalaches soutient que cette analyse est en constante évolution.

De mal en pis?

Si rien ne change, le maire de Lévis s'attend à ce que la situation continue de se détériorer. Il fait valoir que la population de sa municipalité, qui compte près de 150 000 habitants, est en constante croissance depuis plusieurs années. Et avec elle, dit-il, le nombre d'appels pour une ambulance est passé de 8860 en 2008 à plus de 13 000 en 2019.

Selon l'Institut de la statistique du Québec, Lévis aura 12 000 résidents supplémentaires d'ici 2041. Les permis de construction délivrés par la Ville permettent d'attester de cette croissance, selon M. Lehouillier. On est rendu à 1300 permis de construction cette année, malgré la pandémie. Il y en avait 900 à la même date l'an dernier.

L'Hôtel-Dieu de Lévis

L'Hôtel-Dieu de Lévis

Photo : Radio-Canada / Jean-François Nadeau

L'autre élément à considérer, dit-il, est l'évolution de l'Hôtel-Dieu de Lévis, où de nombreux investissements ont été réalisés ces dernières années. Le maire soutient qu'une partie des nouveaux résidents de Lévis sont des personnes aînées souhaitant se rapprocher des services hospitaliers. Il y a beaucoup de personnes aînées, en perte d'autonomie, qui viennent s'installer ici à Lévis.

Pendant que le visage de sa ville change, les services ambulanciers ne suivent pas le même rythme.

Le cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, n'a pas commenté les demandes du maire de Lévis, vendredi. Le gouvernement dit prendre acte des recommandations de la coroner Julie Langlois.

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