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L'application est affichée sur un téléphone.

L’application utilise des signaux Bluetooth pour échanger toutes les cinq minutes des codes aléatoires avec les téléphones environnants.

Photo : Radio-Canada

Santé Canada a lancé son application Alerte COVID vendredi matin. Offerte pour téléchargement partout au pays, elle ne peut pour l’instant être utilisée véritablement qu’en Ontario, où le gouvernement a travaillé à son développement.

L’application canadienne Alerte COVID vous avise si jamais une personne que vous avez côtoyée au cours des 14 derniers jours signale un test positif, est-il écrit dans sa description sur Google Play. Elle fournit également de l’information sur les mesures à prendre.

Basée sur la technologie Bluetooth et reposant sur la proximité, elle échange des codes aléatoires avec les appareils se trouvant autour de celui de son utilisateur. Si ce dernier reçoit un diagnostic positif de COVID-19, il doit taper une clé à usage unique dans son téléphone. C’est ainsi que les autres usagers pourront être informés s’ils ont été exposés à une personne infectée, et vice versa. Le contact entre deux personnes doit avoir été étroit, soit à moins de deux mètres et pendant au moins 15 minutes. Les codes encryptés reçus seront supprimés du téléphone après 15 jours.

En ce moment, l’application est connectée au système de santé de l’Ontario, mais on sait que les autres provinces vont bientôt suivre, a indiqué le premier ministre canadien Justin Trudeau. Il a remercié son homologue ontarien Doug Ford pour la participation de son gouvernement à l'élaboration de l'utilitaire made in Ontario.

Dans son propre point de presse, Doug Ford s'est dit fier que cette application développée en Ontario soit dorénavant à la disposition des gens et des familles d'un bout à l'autre du pays. [...] Y recourir constitue un geste responsable.

Bien qu'il ne soit pas encore possible, hors de l'Ontario, d’inscrire qu’on a reçu un diagnostic positif – et on ignore quand cette situation changera –, Ottawa a assuré qu’il est tout de même utile d’activer Alerte COVID peu importe votre région. Quand les personnes pourront signaler un diagnostic, vous serez ainsi avisé si jamais vous avez été près d’elles.

Nous travaillons fort avec nos partenaires provinciaux de l'Atlantique, région dont les résidents devraient être les prochains à pouvoir utiliser le logiciel dans son intégralité, a ajouté M. Trudeau.

Comme il l'avait déjà déclaré à la mi-juin, le premier ministre Trudeau a répété vendredi que personne n’est obligé de télécharger l’application. Mais plus il y a de gens qui l’utilisent, mieux elle fonctionne.

Les spécialistes de la santé disent que si assez de gens l’utilisent, ça pourrait aider à prévenir de futures éclosions de COVID-19 au pays.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Je l'ai moi-même téléchargée plus tôt ce matin et je vous encourage à faire la même chose, a-t-il poursuivi.

Le succès de ce système d'alerte repose en effet sur son adoption par la population. Une adoption qui n'est pas acquise, en raison d'importantes préoccupations qu'ont bien des gens quant au bien-fondé de confier encore plus de données personnelles à la fois aux gouvernements et à leurs partenaires technologiques.

Une récente étude de l’Université d’Oxford (Nouvelle fenêtre), au Royaume-Uni, concluait que l'utilisation d’une telle application par 80 % des propriétaires de téléphones intelligents, soit 56 % de l’ensemble de la population, pourrait permettre de réprimer l’épidémie presque à elle seule – sans aucune intervention gouvernementale autre que l'isolement des gens de plus de 70 ans.

Mais elle ajoutait aussi que même avec une adoption moins importante, le nombre d’infections diminuerait. Nos simulations suggèrent une réduction du nombre de cas et de décès dus au coronavirus même avec peu d'utilisateurs, avait indiqué l'équipe du professeur Christophe Fraser.

Application «Alerte COVID»

Craintes sur les données de localisation

La vie privée des Canadiens sera respectée, a toujours promis M. Trudeau.

Les commissaires à la protection de la vie privée du Canada et de l'Ontario ont d'ailleurs collaboré au développement d'Alerte COVID. Et un conseil consultatif d'experts doit veiller à ce que l'application réponde aux normes les plus strictes en matière de santé publique, mais aussi de protection des renseignements personnels et de technologie, d'après le communiqué d'Ottawa.

Les commissaires fédéral et ontarien à la vie privée soutiennent l’utilisation de l’application sous réserve d’une surveillance continue de ses mesures de protection et de son efficacité, ont-ils déclaré dans un communiqué conjoint.

Les Canadiens peuvent choisir d’utiliser cette technologie, sachant qu’elle comporte de très importantes protections de leur vie privée, a déclaré Daniel Therrien, commissaire fédéral. Je vais l’utiliser, a-t-il affirmé.

D’après notre examen et compte tenu du fait que nos recommandations ont été acceptées, je suis d’avis que des mesures solides ont été intégrées dans cette application afin de mieux protéger la vie privée des individus.

Patricia Kosseim, commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario

L’application n’utilise ni n’obtient aucune donnée de localisation, a précisé Santé Canada, ajoutant qu’elle détermine à quelle distance sont les autres téléphones grâce à la puissance de leur signal Bluetooth. Et elle prévoit des mesures rigoureuses pour protéger toutes les données recueillies.

Les utilisateurs d’Android doivent néanmoins activer les paramètres de localisation de leur appareil pour que l’application soit en mesure de fonctionner. Aucune donnée de localisation n’est cependant stockée ni transmise, a insisté la documentation d'Ottawa.

Il ne s'agit donc pas d'un système de traçage en tant que tel, même si c'est ainsi qu'elle a souvent été présentée. Le gouvernement préfère parler d'une application de notification d'exposition.

Ottawa assure qu’Alerte COVID n’est pas non plus en mesure de connaître les nom et adresse de l’utilisateur, ni l’endroit ou le moment où il s’est trouvé près d’une personne en particulier, ni s’il se trouve présentement près d’une personne infectée.

Alerte COVID se retrouve dans l'AppStore et dans le Google Play Store un mois plus tard que prévu, un report qui avait été causé par les réticences de Québec, notamment. Le gouvernement de François Legault se posait des questions au sujet de la protection des renseignements personnels.

Évaluer l’intérêt des citoyens : une condition sine qua non pour le Québec

Le Québec est la seule province à mesurer en amont l'intérêt de ses citoyens pour la mise à disposition d’une telle application. Les citoyens québécois peuvent participer jusqu’au dimanche 2 août à la consultation publique en ligne en se rendant sur le site consultation.quebec.ca (Nouvelle fenêtre).

Une condition doit être absolument rencontrée pour qu’une application soit efficace : la participation des gens, a souligné le ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale Éric Caire dans l’émission 24|60.

Le ministre affirme également qu’il est essentiel de bien cadrer le débat en indiquant à la population ce que l’outil fait, mais aussi en spécifiant ce que l’outil ne fait pas.

Après la consultation publique, suivra, à la mi-août, une commission parlementaire qui se penchera sur le dossier.

Le ministre Caire n’a pas voulu dire en entrevue si la décision du gouvernement d'offrir l’application ou non sur son territoire dépendra d’un pourcentage particulier de population prête à participer. Il y a des chiffres qui ont déjà circulé. C’est une question, je pense, qui pourrait très bien être posée en commission parlementaire, mais loin de moi l’idée de dire aux députés quoi faire dans leur commission parlementaire. Ce sont certainement des questions qu’on devra se poser, a-t-il ajouté.

Québec compte déterminer quel type d’application répondra aux attentes de sa population en prenant en considération les résultats de sa consultation en ligne, des travaux de la commission parlementaire et des témoignages d’experts qui en découleront, entre autres, de même que les résultats des sondages d’opinion à l‘interne.

Le Manitoba avait aussi dit vouloir en savoir plus avant de participer au projet.

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