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"Il a tué l'adolescence de ma fille" dit la mère d'une victime de Pascal Montambeault

Pascal Montembeault, 37 ans, de Trois-Rivières a comparu au palais de justice de Sherbrooke jeudi pour répondre à une accusation d'agression sexuelle sur une adolescente.

Pascal Montembeault a plaidé coupable de 163 chefs d'accusation, notamment de leurre, d'incitation à des contacts sexuels, de rendre accessible du matériel sexuellement explicite et de production de matériel pornographique.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Deux victimes de Pascal Montembeault ont livré des témoignages poignants vendredi au palais de justice de Sherbrooke dans le cadre des observations sur la peine. L’homme de Trois-Rivières a admis avoir commis des gestes à caractère sexuel sur plus d’une centaine de victimes au Québec et même en France.

Les victimes ont témoigné en matinée par visioconférence. Elles ont décrit l’impact qu’ont eu les gestes de Montembeault sur leur vie.

Pascal Montembeault, qui a maintenant 40 ans, a d’abord été arrêté en août 2017 pour avoir agressé sexuellement une adolescente de 14 ans dans un parc de Sherbrooke. Il a ensuite plaidé coupable de 163 chefs d’accusation de nature sexuelle.

Cette première victime, qui a mené aux procédures judiciaires auxquelles Pascal Montembeault fait face, a fait part au tribunal des conséquences qu’avait eues sur sa vie l’attaque de Pascal Montembeault.

D’abord, des conséquences physiques, puisque l’adolescente, alors âgée de 14 ans, a déclaré avoir subi une commotion cérébrale après que l’accusé l’eut frappée avec une barre de fer. La victime a aussi dû se soumettre à des tests d’ITSS et prendre une trithérapie de façon préventive en raison des risques d’avoir contracté le VIH.

Du point de vue psychologique, elle a rapporté avoir été hospitalisée pour soigner un choc post-traumatique, des troubles alimentaires, des pensées suicidaires et des problèmes d’anxiété.

Les mères des deux victimes ont également rédigé des lettres qui ont été lues devant le tribunal.

La mère de la première victime connue a partagé ses craintes pour l'avenir de sa fille, qui a parfois des flashbacks de l’événement.

Monsieur Montembeault n’a pas seulement volé l'adolescence, il a tué l'adolescence de ma fille. Elle n’a pas eu la sociabilisation qu’une adolescente a normalement. Elle ne peut pas revivre son adolescence.

Mère d'une victime de Pascal Montembeault

Une autre victime a témoigné elle aussi de ses problèmes d’anxiété et de la crainte qu’elle avait désormais chaque fois qu’un garçon l’interpellait. Elle a aussi avoué avoir fait de multiples tentatives de suicide. L'adolescente, aujourd’hui âgée de 17 ans, a rapporté des changements dans la relation avec ses parents après l’appel de l’enquêteuse. Je me souviendrai toujours du regard de ma mère [...] de la colère et du dégoût envers moi, sa fille , a expliqué la jeune femme en larmes.

Je voulais disparaître. [...] J'ai perdu le peu de confiance que j’avais en moi, je ne voulais plus aller à l’école de peur que quelqu'un soit au courant.

Une victime de Pascal Montembeault

Dans sa lettre lue en cour, sa mère partage sa déception et son étonnement lorsque les services policiers l’ont appelée pour lui dire que [s]a fille avait été la victime d’un pédophile. Elle assure qu’elle avait pourtant prévenu sa fille des dangers des rencontres en ligne avec des inconnus.Malgré toutes nos mises en garde, le piège s’est tout de même refermé sur elle, écrit-elle. 

L'homme approchait ses victimes, majoritairement des filles âgées de 11 à 17 ans, par des réseaux sociaux comme Facebook et Skype. Il entretenait des conversations explicites à connotation sexuelle et envoyait des photos de lui nu en échange de photos explicites de ses victimes. Il se présentait à elles comme un adolescent de 17 ans.

Pascal Montembeault mal dans sa peau

Pascal Montembeault a lui aussi témoigné depuis le centre de détention de Sorel, où il est détenu en attente de sa peine.

Je me sens comme un trou-de-cul a lancé l’accusé lorsque son avocat lui a demandé comment il se sentait après avoir entendu le témoignage de ses victimes. 

L’accusé dit avoir beaucoup travaillé sur lui-même depuis son arrestation et avoir pris conscience de tout le mal qu’il avait causé à ses victimes. Elle [sa responsabilité] est totale et entière. [...] Elles [les victimes] ne sont pas responsables de ça a-t-il dit. 

Même si l’accusé savait que ses actes étaient moralement pas corrects, il dit qu’il était mal dans sa peau au moment des faits. Au fil des thérapies, Pascal Montembeault a dévoilé avoir été lui-même agressé sexuellement alors qu’il avait sept ans.

J’ai malheureusement pas été assez intelligent pour éviter ça à d’autre monde, puis j’ai fait pareil.

Pascal Montembeault, accusé

ll a aussi été question des problèmes de dépendance vécus par le Trifluvien au cours des dernières années. Celui-ci reconnaît avoir été dépendant affectif, dépendant aux drogues et à l’alcool ainsi qu’à l’ordinateur et à la sexualité.

La couronne demande 17 ans de prison

La défense demande une peine d’emprisonnement de 9 ans et demi, alors que la couronne exige 17 ans de pénitencier.

Depuis que la Cour suprême s’est prononcée sur l’importance qu’on devait donner aux peines dans ces types de dossiers, [...] on incite à [les] augmenter dans ces types de dossiers de nature sexuelle qui impliquent des enfants, fait savoir Marie-Line Ducharme, procureure aux poursuites criminelles et pénales.

Une peine de 20 ans avait initialement été demandée par Me Ducharme. Peine qui a été abaissée à 17 ans considérant que des efforts ont été faits par Montembault, explique-t-elle.

Les conséquences que les victimes ont décrites sont très graves. Ça fait réaliser que ce n’est pas parce qu’on est derrière un écran qu’on n’a pas de conséquences. [...] On parle de tentatives de suicides, d’automutilations, d’isolement, d’un abus de confiance avec les parents. Les impacts sont grands.

Marie-Line Ducharme, procureure aux poursuites criminelles et pénales

De son côté, Me Guy Plourde, avocat de Pascal Montembault, croit à la réhabilitation de son client. M. Montembault est très transparent. Il l’est depuis le début. Il a collaboré à l’enquête, indique-t-il. Il fait un travail sur lui-même. Il aspire à devenir quelqu’un de plus positif. Il reconnaît certaines lacunes qu’il a à travailler. Ce qui, à mon sens, est une belle preuve de réhabilitation, conclut Me Plourde.

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