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 En août 1945, le Japon subit le feu nucléaire

Image du champignon atomique sur la ville d'Hiroshima captée par l'Armée américaine et diffusée par Radio-Canada en 1959.

Les 6 et 9 août 1945, les villes d'Hiroshima et de Nagasaki étaient anéanties par des bombes atomiques.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les 6 et 9 août 1945, les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki sont anéanties par des bombes atomiques. Le 15 août suivant, le Japon capitule inconditionnellement devant les Alliés. La Deuxième Guerre mondiale est terminée.

Hiroshima et Nagasaki, villes martyres

Une bombe atomique a été lâchée sur la ville d’Hiroshima, une base militaire […] Nous l’avons fait pour que cessent les souffrances de la guerre, pour épargner la vie de milliers de jeunes Américains.

Extrait d’une déclaration du président américain Harry S. Truman le 6 août 1945. (Traduction libre)

Le bilan des victimes de l’utilisation de deux bombes atomiques sur les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki a été énorme.

Certaines évaluations parlent de 250 000 êtres humains tués immédiatement après les explosions. C’est sans compter les dizaines de milliers de personnes décédées après 1945 à cause de ces bombes.

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Tribune libre, 8 août 1960

Le 8 août 1960, l’émission Tribune libre présente une entrevue avec un témoin oculaire de la destruction de la ville de Nagasaki. Il s’appelle Pierre Takaki.

En août 1945, il avait huit ans et vivait près du lieu de l’explosion.

Il doit sa vie au fait qu’une montagne l’a protégé des radiations. Cela ne l’empêche pas d’avoir vu les morts et les blessés qu’a provoqués la conflagration.

Des motivations humanitaires?

Pourquoi à Washington a-t-on consenti à utiliser une arme qu’on soupçonnait déjà d’être un instrument de mort inégalé jusque-là dans l’histoire?

Deux extraits d’entrevue nous aident à comprendre cette prise de décision.

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Image du dôme de Genbaku, symbole de l'annihilation de la ville d'Hiroshima par le feu nucléaire

Voici Radio-Canada, 20 avril 1986

Photo : Radio-Canada

Le 20 avril 1986, l’émission radiophonique Voici Radio-Canada rediffuse une déclaration du président américain Harry S. Truman qui confirme qu’une bombe atomique a été lancée sur Hiroshima.

Le président affirme avoir décidé d’utiliser la bombe atomique pour abréger la guerre et épargner la vie de milliers d’Américains.

On entend, tout de suite après le président Truman, le témoignage de Pierre Salinger qu’interviewe le journaliste Pierre Olivier diffusé à l’émission USA, 30 ans d’histoire le 3 septembre 1976.

Le témoignage de Pierre Salinger est d’un grand intérêt historique.

En 1945, Pierre Salinger est officier à l’état-major du chef d'État-Major général des Forces armées des États-Unis, le général Dwight D. Eisenhower.

Pierre Salinger affirme qu’à l’époque tous les officiers américains approuvaient l’utilisation de la bombe atomique contre le Japon.

La raison en était à la fois simple et terrifiante.

Une étude avait été faite par l’Armée américaine pour calculer combien de ses soldats seraient tués ou blessés s’il était décidé d'envahir l’archipel japonais.

La réponse? 500 000 soldats. Cette étude a été par la suite donnée au président Truman.

Pierre Salinger soutient donc — conforté dans son analyse par des discussions qu’il a eues avec un juge de la Cour suprême américaine très ami du président et avec le président Truman lui-même — que c’est le souci humanitaire qui a justifié la décision présidentielle.

On remarquera au passage le ton impitoyable qu’utilise Pierre Salinger pour approuver la décision du président Truman. Jamais la perte de vies japonaises n'a compté dans l'équation.

Ou des motivations beaucoup plus sombres?

Mais est-ce là la seule explication?

Le 3 septembre 1995, l’animateur de l’émission radiophonique Aujourd'hui l'histoire, Mario Proulx interviewe l’historien Bernard Lemelin, spécialiste de l’après-guerre des États-Unis de l’Université Laval.

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Aujourd'hui l'histoire, 3 septembre 1995 (audio)

Ce dernier résume les principales interprétations des historiens sur les motivations de l’utilisation de la bombe atomique en 1945.

Plusieurs historiens acceptent l’explication traditionnelle selon laquelle le président Truman a utilisé les bombes atomiques pour éviter une sanglante invasion du Japon. 

Mais certains historiens révisionnistes ajoutent qu'il y aurait eu une autre raison de nature stratégique.

En utilisant l’arme atomique, le président Truman voulait couper l’herbe sous le pied d’un de ses supposés alliés.

Rappel des faits : le 9 août 1945, l’Union soviétique de Joseph Staline allait déclarer la guerre au Japon.

Si les États-Unis avaient officiellement approuvé ce geste, il n’en était rien en réalité.

Washington craignait comme la peste une intervention militaire soviétique en Asie.

On était à l'aube de la guerre froide entre les États-Unis et l'Union soviétique. Déjà en 1945 les deux supposés alliés se voyaient comme des rivaux, voire des ennemis.

Les bombes atomiques devaient convaincre le Japon de capituler très rapidement et éviter ainsi une éventuelle occupation de l’archipel japonais par les Soviétiques.

Construire la bombe avait aussi coûté fort cher. Il fallait la tester pour voir si cela en avait valu la peine.

Une dernière motivation aurait été la vengeance pure et simple : les Américains auraient détruit Hiroshima et Nagasaki pour venger l’attaque-surprise de Pearl Harbor en 1941.

En fait, Nagasaki a pris la place de la ville impériale de Kyoto que certains militaires américains voulaient voir détruite. Le président Truman a opposé son veto à ce geste à cause de la valeur historique et artistique de Kyoto.

Plusieurs historiens croient que ces quatre explications sont valides à des niveaux divers.

Le 15 août 1945, l’empereur du Japon Hirohito annonce la capitulation inconditionnelle du Japon. Les États-Unis occuperont militairement le Japon de 1945 à 1952.

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Montréal ce soir, 6 janvier 1989

À l’occasion du décès d’Hirohito le 6 janvier 1989, le journaliste Guy Parent présente au Montréal ce soir une courte biographie de l’empereur où l’on voit des images de cette reddition.

Plusieurs hauts dirigeants américains ont par la suite regretté la décision de larguer des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Parmi eux, le chef d'État-Major général des Forces armées des États-Unis, le général Dwight D. Eisenhower.

D’autres dirigeants américains ont également critiqué la décision du président Truman alors que des informations circulaient voulant que le Japon ait cherché une solution honorable pour terminer la guerre.

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