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Un couple allemand au Cap-Breton dénonce la réception de matériel nazi

Avertissement : cet article évoque des documents qui nient l’Holocauste.

Petra et Bernhard Krug en entrevue.

Petra et Bernhard Krug vivent maintenant au Cap-Breton depuis deux ans avec leur fille.

Photo : Tom Ayers/CBC

Radio-Canada

Un couple allemand établi au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, reçoit involontairement de la documentation nazie et dénonce la situation.

Petra Krug affirme que l’homme qui a vendu une propriété à son couple dans le comté de Richmond leur a aussi envoyé par courriel des documents qui, entre autres, rendent hommage aux combattants allemands de la Deuxième Guerre mondiale et nient que 6 millions de Juifs ont été systématiquement exterminés.

Mme Krug affirme que le couple n’a jamais demandé à recevoir ces documents et qu’elle déteste elle-même le nazisme.

Le couple, explique-t-elle, correspondait par courriel depuis quelques années avec Frank Eckhardt, propriétaire de l’entreprise F. E. Property Sales, à St. Peters, en Nouvelle-Écosse. Petra et Bernhard Krug voulaient s’établir au Cap-Breton avec leur fille et y fonder une entreprise de location de chalets.

Les premières allégations d'opinions d’extrême droite et de nazisme au sujet de Frank Eckhardt ont fait surface publiquement la semaine dernière dans un article du magazine allemand Der Spiegel.

Frank Eckhardt a refusé de faire tout commentaire pour ce reportage. Il n’a pas répondu aux courriels de CBC et il a raccroché lorsqu’un journaliste l’a contacté par téléphone.

Plusieurs enseignes de F. E. Property Sales au Cap-Breton ont récemment été vandalisées. Quelqu’un a peint sur l'une d'elles les mots Nazi, rentre chez toi. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) dit se pencher sur cette affaire à la suite d’une plainte portée par Frank Eckhardt.

L'affiche publicitaire se trouve le long d'une route.

Un vandale a écrit les mots « Nazi, rentre chez toi » sur une affiche de l'entreprise de Frank Eckhardt.

Photo : CBC/Matthew Moore

Les Krug disent avoir reçu les courriels en question de façon irrégulière durant quelques années tandis qu’ils étaient encore en Allemagne et qu’ils envisageaient d’acheter une propriété au Cap-Breton. L'envoi de certains courriels coïncidait avec l’anniversaire du bombardement de la ville de Dresde ou avec celui de la capitulation du régime nazi en 1945.

Les documents reçus involontairement par le couple contiennent notamment une citation d’un individu qui affirme que l’Holocauste est le plus grand mensonge de l’histoire. Un autre courriel soutient que le gaz qui a servi à tuer les détenus de camps de concentration ne servait qu’à nettoyer des vêtements.

L'achat d'une première propriété a mal tourné

Petra Krug relate que son couple a réussi à rassembler l’argent nécessaire pour acheter une propriété par l’entremise de Frank Eckhardt, il y a quelques années, mais que l’affaire a mal tourné et qu'une dispute entraînée par le dépôt a éclaté.

Une connaissance des Krug d’origine allemande et établie au Canada les a aidés à récupérer leur argent après avoir découvert qu’ils avaient acheté la propriété pour une somme supérieure de huit fois sa valeur estimée, souligne Petra Krug.

Le couple a acheté par la suite une autre propriété dans le comté de Victoria et dit être très heureux au Canada, malgré tout. La famille, souligne Mme Krug, n’a rien à voir avec l'extrême droite et veut simplement s’intégrer à la société canadienne et obtenir sa citoyenneté.

Les courriels de Frank Eckhardt sont inquiétants, juge Petra Krug, particulièrement parce qu’il est illégal en Allemagne d’endosser les valeurs nazies et de nier l’Holocauste. Selon elle, Frank Eckhardt lui a dit un jour qu’il n’y avait pas eu six millions de Juifs tués.

Un disque dur remis à la GRC

Petra Krug ajoute que Frank Eckhardt a aussi expédié au couple un disque dur en disant qu’il contenait des documents sur la médecine naturelle et des livres numériques trop volumineux pour être envoyés par courriel.

Toutefois, dit-elle, le couple ne s’est pas servi du disque dur et leur connaissance qui les avait aidés lors de leur premier achat d’une propriété au Cap-Breton leur a suggéré de le remettre à la GRC.

Selon Mme Krug, le couple n’a jamais vu le contenu du disque dur, mais leur connaissance leur a dit qu’il contenait du matériel nazi. Elle dit avoir renoncé à l’appareil confié à cette connaissance et à la GRC.

Petra Krug souhaite que personne d'autre ne connaisse une aussi mauvaise expérience en tentant d'acheter une propriété et que personne ne reçoive involontairement du matériel préjudiciable.

La GRC de la Nouvelle-Écosse confirme qu’elle a examiné un disque dur contenant de la propagande nazie, mais que ce matériel ne constitue pas une incitation à la haine.

Le corps policier a décidé de ne pas porter d’accusations criminelles dans cette affaire après avoir, dit-il, soigneusement étudié ce matériel et consulté le Service des poursuites publiques. L’enquête est maintenant terminée.

Naomi Rosenfeld, directrice du Conseil juif de l’Atlantique, affirme que son groupe est au courant de l’article du magazine Der Spiegel et qu’il l’a signalé au Centre consultatif des relations juives et israéliennes ainsi qu’à la GRC. Même si ce reportage est alarmant, rien ne laisse croire qu’une menace immédiate plane sur la communauté juive en Atlantique, explique Mme Rosenfeld.

Avec les renseignements de Tom Ayers, de CBC

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