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chronique

Le journaliste, un pied dans la bulle

Photo de l'accréditation de Patrick Henri

Très peu d'accréditations ont été accordées pour la couverture des séries de la Coupe Stanley à Edmonton.

Photo : LNH

Quand la LNH a annoncé qu’elle voulait relancer sa saison dans des villes-bulle, je me suis posé la même question que beaucoup de mes collègues journalistes sportifs. Si Edmonton était sélectionnée, et si l'on m’offre la chance d’entrer dans la bulle pour couvrir les séries du début à la fin, est-ce que je devrais accepter?

Consentir à se retirer du monde pour une période de plus de deux mois, sans voir la famille, c’est tout un défi, mais d’un autre côté, quelle expérience exceptionnelle!

Heureusement, je n’ai pas été confronté à ce dilemme, car contrairement à la NBA, la LNH a décidé de ne pas laisser entrer de journalistes, sauf ceux qu’elle emploie, dans la bulle.

Le circuit Bettman nous a plutôt offert de mettre un pied, et seulement un, dans la bulle,

Que signifie avoir un pied dans la bulle?

Les journalistes assis à leur siège durant un match,

Une distance de deux mètres est observée entre les membres des médias.

Photo : Radio-Canada / Patrick Henri

La réponse simple : les journalistes accrédités pour les séries peuvent se rendre à la Place Rogers, assister aux matchs en direct et peuvent retourner à la maison par la suite.

Oui, cela fait de moi un privilégié.

Il y a habituellement environ 19 000 personnes pour un match à la Place Rogers (spectateurs, reporters et employés). Pour la durée des séries, nous devrions être moins de 200  (dont une vingtaine de journalistes) à regarder les matchs, assis dans l’amphithéâtre.

Je fais donc partie du 1% qui peut continuer à voir du hockey sans avoir besoin d’un écran.

Est-ce que j’en profite? Bien sûr! J’adore le hockey, mais avant tout j’ai un travail à faire.

Être dans la bulle, sans être dans la bulle

La réponse plus complexe maintenant.

Dans son protocole de retour au jeu, la LNH a classé tous ceux qu’elle appelle des participants de la phase 4 selon cinq groupes. 

Groupe 1

  • Joueurs
  • Personnel des équipes et de la LNH
  • Arbitres
  • Agents de sécurité près des vestiaires

Groupe 2

  • Officiels mineurs
  • Personnel médical
  • Membres du personnel des hôtels en contact avec les joueurs

Groupe 3

  • Agents de sécurité à l’extérieur
  • Serveurs et barmans 
  • Personnel responsable de la patinoire

Groupe 4

  • Personnel d’entretien des hôtels
  • Personnel des cuisines des hôtels
  • Conducteurs d’autobus

Groupe 5

  • Médias
  • Policiers
  • Autre personnel de l’amphithéâtre et des hôtels
Égoportrait de Patrick Henri, portant un masque.

Le port du masque est obligatoire en tout temps à l'intérieur de la Place Rogers.

Photo : Radio-Canada / Patrick Henri

Les participants faisant partie des groupes 1 et 2 doivent demeurer en tout temps à l’intérieur de la zone sécurisée. Ceux des zones 3, 4 et 5 peuvent retourner à la maison ou dans un hôtel à l’extérieur de la bulle.

Les participants du groupe 1 peuvent avoir des contacts entre eux. Ceux des groupes 2,3 et 4 ne peuvent entrer en contact avec ceux du groupe 1 que lorsque c’est absolument nécessaire.

Les membres des groupes 1 à 4 doivent subir un test de dépistage de la COVID-19 tous les jours.

Les participants du groupe 5 ne peuvent avoir aucun contact avec les membres des autres groupes et n’ont pas à subir de tests quotidiens.

La vue de mon siège pour la durée des séries.

La vue de mon siège pour la durée des séries.

Photo : Radio-Canada / Patrick Henri

Chaque fois que nous entrons à la Place Rogers, mes collègues et moi devons répondre à une série de questions et prendre notre température corporelle.

Nous sommes ensuite escortés au niveau supérieur (upper concourse) où une petite section nous est réservée.

L’avantage d’être sur place

Liste des places assignées aux médias sur la galerie de presse.

Très peu de représentants des médias ont reçu une accréditation pour la couverture des séries éliminatoires à Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Patrick Henri

Seulement une trentaine de représentants des médias ont reçu une accréditation pour les matchs présentés à la Place Rogers.

Être sur place, nous permet de faire des comptes rendus sur ce qui se passe loin de l’action et qui n’est pas présenté à la télévision. Nous pouvons aussi nous exprimer sur l’ambiance qui règne dans l’amphithéâtre. Enfin, notre présence lors d’un match nous assure d’être parmi les premiers à pouvoir poser des questions aux joueurs après les matchs.

Comme nos collègues de Dallas, New York ou Denver, c’est par la plateforme Zoom que nous devons poser nos questions, mais les cinq premières questions après chaque rencontre proviennent de médias qui sont dans l’amphithéâtre.

Le défi francophone

Selon mes calculs, 25 joueurs sur les 372 présents à Edmonton peuvent s’exprimer en français. Normalement, c’est vers eux que je me dirigerais à la fin d’une rencontre.

Malheureusement, je ne peux pas le faire, car c’est la LNH qui décide qui seront les trois ou quatre joueurs disponibles après chaque rencontre.

Je peux m’attendre à ce que les Jonathan Toews, Alex Chiasson, David Perron, Marc-André Fleury et Corey Crawford soient sélectionnés pour parler, mais je doute d’avoir la chance de discuter avec les Gaëtan Haas, Alexandre Carrier, Nicolas Roy ou Gabriel Bourque.

Place aux séries

Je dois admettre que j’étais de ceux qui doutaient que la LNH allait réussir son pari de revenir au jeu pour les séries éliminatoires. Jusqu’à maintenant, le commissaire Gary Bettman a fait du bon travail, si bien que la Ligue nationale de hockey pourrait devenir un modèle pour les autres ligues professionnelles.

C’est samedi que la vraie saison s’amorce, j’espère maintenant qu’on sera en mesure de la compléter.

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Alberta

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