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Le plan de retour en classe en Ontario accueilli prudemment par des parents

Trois fillettes assises au comptoir de la cuisine

Les enfants de Julie Roy-Hébert ont hâte de retourner à l'école en septembre.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

Des mères de famille du nord de l’Ontario accueillent plutôt positivement l’annonce du retour en classe à temps plein à l’automne, même si certaines soulignent que le plan a le temps de changer d’ici septembre et que les conseils scolaires ont de grands défis qui les attendent.

Selon l’annonce de jeudi, aucun des conseils scolaires du Nord, francophones ou anglophones, n’a été désigné pour mettre en place un modèle hybride pour le secondaire.

C’est donc dire que les élèves du Nord pourront tous être en classe à temps plein, à moins que la situation change et que le gouvernement décide de désigner plus de conseils, en cas de seconde vague, par exemple.

Julie Roy-Hébert, de Hearst, est mère de 4 filles, dont 3 d'âge scolaire. Elle espérait une telle annonce. Pour le bien-être de mes enfants, je crois que c’était vraiment important qu’ils retournent à l’école.

Une école catholique francophone en Ontario.

Les enfants de Julie Roy-Hébert fréquentent l'École catholique St-Louis de Hearst.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

J’ai une fille qui s’en va en jardin, elle a 5 ans, et elle n’est pas au niveau où elle devrait être en ce moment , explique-t-elle.

Pour mes deux plus vieilles, ce n’est pas tant le côté académique, mais plutôt le côté social qui est important. Retrouver cette routine, leurs amis et l’encadrement.

Julie Roy-Hébert

C’est aussi une bonne nouvelle pour les parents, note-t-elle, qui pourront se concentrer sur le travail. Je ne peux pas faire de télétravail, car j’ai une entreprise, alors j’ai les enfants avec moi.

Renée Richer, de Chelmsford, elle aussi mère de quatre enfants, se dit contente que le retour en classe ne soit pas à temps partiel. Ça aurait été difficile pour les parents qui travaillent.

Facade d'une école

L'école secondaire catholique Champlain, à Chelmsford

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Elle se dit toutefois quelque peu inquiète de voir le nombre de cas augmenter depuis quelques jours dans le Grand Sudbury. J’espère que ça va redescendre.

J’aime aussi le fait qu’il y a encore l’option de faire l’école à distance.

Lina Mayer, de Thunder Bay, est mère d’une adolescente de 13 ans, qui sera en 8e année, dit avoir été un peu surprise par l’annonce. Elle s’attendait plutôt à un modèle hybride pour toute la province.

Je crois qu’avec les mesures qu’ils vont mettre en place pour assurer le bien-être de nos enfants, ça devrait bien aller.

Une situation qui fluctue

Lina Mayer admet toutefois que le portrait de la situation pourrait changer.

Je ne suis pas prête à mettre ma main au feu pour dire que l’annonce qui a été faite aujourd’hui c’est exactement ce qui va se dérouler au mois de septembre.

Lina Mayer

Il y a encore plusieurs questions qu’on se pose.

Elle explique que la salle de classe de sa fille, à l’école secondaire catholique de La Vérendrye, n’est pas suffisamment grande pour permettre la distanciation physique pour le groupe au complet.

Un panneau avec le nom d'une école devant celle-ci.

L'école secondaire catholique de La Vérendrye à Thunder Bay à laquelle sont rattachés les bureaux du conseil scolaire.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Mme Mayer, qui a été conseillère scolaire, croit aussi que les conseils scolaires francophones vont s’arracher les enseignants, surtout qu’il y avait une pénurie.

Nathalie Rainville-Fournier, représentante régionale de Parents partenaires en éducation et mère de trois enfants, croit de son côté que l’annonce est floue.

J’essaie de ne pas trop réagir, on s’attend à ce que ça va changer encore plusieurs fois avant le mois de septembre , dit-elle.

C’est beau qu’ils aient fait une annonce, mais ça ne change rien. On ne sait pas ce qui va se passer.

Nathalie Rainville-Fournier, représentante régionale de Parents partenaires en éducation

Mme Rainville, qui habite North Bay, souligne elle aussi la remontée du nombre de cas de COVID-19 à Sudbury, à environ 125 km.

Elle pense aussi qu'il va être difficile pour les écoles de s’assurer que les cohortes ne se mélangent pas entre les cours, car les enfants voudront voir leurs amis.

Nathalie Rainville Fournier

Nathalie Rainville-Fournier croit que les conseils scolaires peuvent difficilement se préparer pour la rentrée.

Photo : Courtoisie : Parents partenaires en éducation

Nathalie Rainville doute également de l’efficacité du traçage des cas de COVID-19, car les enfants sont souvent asymptomatiques. Ils touchent à tout, les plus jeunes mettent des choses dans leur bouche.

Julie Roy-Hébert souligne que la ville de Hearst n’a pas eu de cas confirmé de COVID-19 depuis le début de la pandémie. Je ne pense pas que nos enfants soient en danger.

Elle ajoute toutefois qu’il faudra faire preuve de prudence, surtout pour les visites aux grands-parents ou à d’autres personnes à risque.

C’est un choix qu’on va devoir faire en temps que parents, de faire une autre petite période de confinement.

Divisé sur le port du masque

Julie Roy-Hébert, enseignante de formation, croit que le port du masque chez les élèves à partir de la 4e année sera difficile à appliquer et n’aura pas l’effet voulu. Clairement, ceux qui ont pris la décision n’ont jamais été dans une salle de classe avec 25 enfants, dit-elle.

Elle est d’avis que le masque compliquera la compréhension, surtout en ce qui a trait à l’apprentissage des langues.

Je viens de vivre une situation avec un client anglophone. Juste le fait qu’il portait un masque, j’avais beaucoup de difficulté à le comprendre. [...] J’imagine ce que ce sera pour les élèves qui ont besoin de voir la bouche de leur enseignante pour se concentrer.

Les enfants vont revenir à la maison et ils ne l’auront pas tous porté, ajoute-t-elle.

Je sais que le port du masque est important pour limiter la propagation, mais si on est prêt à retourner à l’école, j’ose croire que c’est sécuritaire.

Julie Roy-Hébert

Renée Richer abonde dans le même sens. Il va y avoir beaucoup de défis pour les élèves et les enseignants.

Elle croit aussi que l’achat de masque en tissu ajoute un fardeau de plus sur certaines familles, qui ont des ressources financières limitées et qui peinent déjà à acheter des fournitures scolaires.

Nathalie Rainville croit pour sa part que les élèves plus vieux n’auront pas de problèmes avec les masques, car ils doivent les porter dans d’autres endroits.

Lina Mayer, de son côté, souligne que sa fille est rassurée par le port du masque, car elle était un peu angoissée par le retour à l’école.

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Éducation