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Une vie dans le domaine alimentaire

Un couple pose devant le foodland.

Après 30 ans l'alimentation, l'heure de la retraite a sonné pour Monique et Daniel Lévis.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Après 30 années à gérer leur épicerie, devenue un fleuron de la francophonie à Timmins, Monique et Daniel Lévis se tournent vers la retraite. Artistes, musiciens et organismes communautaires ont réussi à s’épanouir grâce à l’extrême générosité de la famille Lévis.

Depuis 1990, la famille Lévis a distribué plus de 100 000 $ dans la communauté. BBQ, lave-auto, vente de bric-à-brac, tout pouvait être fait dans le stationnement de l’épicerie. Daniel et Monique offraient les condiments, les pains, la viande. Le groupe vendait les hamburgers pour financer un voyage humanitaire par exemple.

Quand qu’il y a un BBQ devant le magasin, on se forme une amitié aussi. Il y en a qui ont plusieurs défis dans la vie, nous sommes là pour leur faciliter la tâche.

Daniel Lévis, copropriétaire du Foodland à Timmins
Une femme à la caisse.

Monique et Daniel Lévis aimaient bien être sur le plancher pour échanger avec la clientèle.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabit

Pendant la période des Fêtes, le couple n’avait pas peur d’offrir gratuitement l’épicerie aux gens dans le besoin.

Le fait qu’on était impliqué avec nos enfants qui faisait du sport, ça nous permettait d’avoir une connaissance de qu’est-ce qui se passait dans la communauté et d’être touché par des jeunes et des adultes qui avaient besoin d'aide.

Monique Lévis, copropriétaire du Foodland à Timmins

Directeur d’une institution scolaire à Timmins, René Gaudreau précise comment la famille Lévis était toujours au rendez-vous pour une activité.

De pouvoir appeler le magasin et de dire à Dan ou à Monique, on a besoin de cet aliment rapidement , commente-t-il ajoutant que Daniel faisait lui-même la livraison. Le service à la clientèle était leur priorité et c’était des francophones engagés qu’on va grandement manquer , dit le directeur de l'école catholique Sacré-Coeur.

Monique et Daniel posent sur l'affiche à l'entrée du magasin.

Tel que décrit sur l'affiche à l'entrée du Foodland, Monique et Daniel étaient des propriétaires et aussi membre du voisinage.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Et à son tour, Monique a senti une vague incroyable d’amour envers sa fille.

La communauté était là pour nous supporter quand Céleste est tombée gravement maladie.

Monique Lévis, copropriétaire du Foodland à Timmins

À l’âge de 13 ans, Céleste a appris qu’elle était atteinte de la malformation d'Arnold-Chiari, une malformation congénitale du cervelet, relativement rare.

C’était vraiment fou le support qu’on a eu de Timmins, ça nous a donné beaucoup de positif pour traverser cette épreuve, raconte la mère de celle qui a dû mettre un terme à son rêve de joueuse de basketball.

Une chanteuse sur scène avec une guitare.

L'auteure-compositrice-interprète Céleste Lévis a aussi travaillé à l'épicerie de ses parents.

Photo : Radio-Canada / Sophie Houle-Drapeau

En 2015, Céleste participe à la populaire émission La Voix au Québec. Et une autre vague d’amour déferle alors sur le magasin de la famille Lévis.

Tous les anglais, les français, tout le monde nous supportait. Le monde venait nous voir pour nous donner des beaux mots de chaleur. On donnait tout ça à Céleste, qui n’en revenait pas du support.

Daniel Lévis, copropriétaire du Foodland à Timmins.

La chanteuse qui compte deux albums à son actif raconte avoir été grandement influencée par son paternel dans son travail de gestion d’une entreprise. Aujourd’hui, Céleste se produit elle-même.

Mon père a toujours dit à mes frères et moi qu'il faut toujours travailler fort pour ce qu'on a et que ce n'est pas les autres qui vont faire le travail pour toi. C'est sa passion du métier qui m'a donné la confiance de surmonter mes défis, relate la lauréate du Projet Portée de Radio-Canada en 2019.

Les frères de Céleste Lévis ont tout autant réussi dans leur carrière, l'un est policier et l'autre est vétérinaire à Timmins.

Leurs employés, des membres de la famille

Daniel Lévis a passé plus de 30 ans à penser à l’alimentation. Tous les jours, sa priorité était de former ses employés comme s’ils étaient un membre de sa famille. Encore aujourd’hui, sa véritable récompense sont ses jeunes, devenus grands, qui l’approchent pour le remercier de la différence qu’il aura faite dans leur vie.

Un homme et une femme regardent des chiffres.

Monique Lévis s'est beaucoup occupée de la partie comptabilité de l'épicerie.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Monique Lévis ajoute que d'anciens employés sont sortis de leur retraite pour revenir au travail pour être à leur côté pour leur dernier tour de piste.

En 1990, Rita Marcotte a été la première employée des Lévis. Le mois dernier, elle a démissionné de son emploi des 15 dernières années comme caissière chez le compétiteur pour revenir au Foodland. Elle raconte avoir commencé ce chapitre avec Monique et Daniel et que c’était important pour elle de le terminer avec eux.

Une femme à la caisse enregistreuse.

Rita Marcotte versera sans contredit une larme lors du départ dernier quart de travail de Monique et Daniel Lévis.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Je suis revenue parce que Dan et Monique sont vraiment des bons propriétaires. Ils te disent bonjour, te demande comment ça va, et ce, à tous les jours. C’est comme des membres de ma famille. Ça va être triste de ne plus les voir au quotidien, dit Rita Marcotte avec beaucoup d’émotion dans la voix.

Au front pendant la pandémie

Le couple devait se retirer le 30 avril, mais la pandémie les a forcés à changer leurs plans. Daniel ne voulait pas laisser ses employés entre les mains d’un nouveau propriétaire à un moment aussi critique.

À travers la Covid-19, on a vu que les employés avaient besoin de mon expertise pour se faufiler à travers toutes les défis qu’on a eus pendant ce temps de crise.

Daniel Lévis, co-propriétaire du Foodland à Timmins

Daniel Lévis laisse son bébé, l’entreprise qu’il a bâtie à un anglophone du sud de l’Ontario qui n’avait jamais mis les pieds à Timmins avant d’en faire l’achat.

Deux hommes posent avec des clés dans les mains.

Daniel Lévis donne les clés de son magasin au nouveau propriétaire Roy Freer, un homme du Sud de la province qui vient de s'installer à Timmins.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Passer le pouvoir, c’est stressant. On espère que le magasin demeurera une épicerie de communauté et qu’il aura un grand coeur pour la francophonie, conclut l’homme d’affaires.

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